Un soutien inattendu à la consommation des ménages!
La contraction du PIB agricole devrait être moins forte que prévu
Un signal positif pour les achats des ménages
Reste à savoir quel effet aura la modification du régime de change sur leur comportement
La consommation privée est essentiellement soutenue par les dépenses des ménages pour lesquelles le HCP prévoit une hausse de 3,4% au second trimestre. Ce rythme pourrait s'améliorer compte tenu d'une contraction moins prononcée du PIB agricole, ce qui limitera la diminution des revenus des populations rurales
La baisse du PIB agricole serait moins forte qu'on ne le redoutait (voir L'Economiste du 3 mai 2016). Cela change beaucoup de choses pour la croissance économique. Le ministère des Finances devrait dévoiler ses nouvelles prévisions après réception des chiffres définitifs de la campagne agricole attendus mardi 10 mai.
Si le pronostic se confirme, le tassement de l'activité et des revenus ruraux sera moins sévère, ce qui ouvre la porte à une amélioration de la consommation des ménages. C'est une donnée importante pour la croissance qui est traditionnellement portée par les achats des ménages. Le HCP table sur une progression de 3,4% au second trimestre soit une contribution de 2 points à la croissance globale du PIB. Mais le rythme pourrait être meilleur sur les prochains trimestres au regard des changements qui se profilent dans le monde rural. Une amélioration de la demande des ménages aura des conséquences positives sur les entreprises. Il y a un frémissement au niveau des investissements depuis le début de l'année, mais le mouvement n'est pas fort. De plus, il est porté par quelques branches, notamment l'agroalimentaire ou encore les industries mécaniques et métallurgiques. Les industriels sont plutôt confiants puisqu'ils prévoient d'augmenter leurs dépenses d'investissement au cours des prochains mois. Au premier trimestre 2016, l'encours des crédits à l'équipement s'est amélioré de 4,1% rompant avec la tendance baissière observée sur la même période les trois années précédentes.
Mais, si les bénéfices des banques ont tenu ces dernières années, c'est en grande partie grâce à la résilience de la consommation des ménages. Le désendettement de certains grands comptes et l'arrêt des financements de la Caisse de compensation pèsent sur l'évolution de l'encours global des crédits. Cependant, la ventilation du portefeuille par catégorie de clientèle montre une situation assez contrastée. Sur cinq ans (mars 2012 à mars 2016), le total des prêts accordés aux particuliers et MRE a augmenté de 57 milliards de DH contre une hausse de 7 milliards de DH de l'encours des crédits aux entreprises non financières privées. Les concours au secteur public ont diminué de 7 milliards de DH sur la même période. Les principales sources de profit des banques continuent donc d'être relativement dynamiques. Si la croissance du crédit se limite à 1,3% à fin mars, elle est de près de 7% pour les prêts octroyés aux particuliers et MRE. Les crédits à l'habitat et à la consommation progressent de l'ordre de 6% sur un an. Par ailleurs, le risque de ces contreparties s'améliore. Leurs créances en souffrance ont diminué de 3,1% depuis le début de l'année et s'inscrivent en légère hausse de 0,5% sur un an.
Le contexte d'inflation modérée est un soutien important à la consommation des ménages. Reste à savoir comment évolueront les prix dans le cadre d'un régime de change flexible vers lequel la transition est donnée pour imminente. Bank Al-Maghrib devrait passer à un ciblage de l'inflation pour, entre autres, préserver le pouvoir d'achat des ménages. Pour l'heure, il est difficile de mesurer les conséquences des changements à venir sur l'un des principaux moteurs de la croissance marocaine.
Le 06 Mai 2016
SOURCE WEB Par L’économiste
Les tags en relation
Les articles en relation
Billets détruits, faux billets, authentification… Les chiffres de BAM
Bank Al-Maghrib (BAM) a détruit l’année dernière 380 millions de billets ne remplissant plus les conditions de qualité requises pour leur remise en circul...
Croissance : Le pessimisme persiste
Après 0,5% au 2e trimestre dernier, l'économie marocaine poursuit son évolution à un petit rythme. La croissance se serait établie à seulement 1% au 3...
Libération du compte de réserve : injection d’environ 10 milliards dans le secteur bancaire
La libération intégrale du compte de réserve au profit des banques décidée par le Conseil de Bank Al-Maghrib se traduira par une injection d’à peu près...
Les lois organiques sur l'Amazigh et le Conseil des langues promises pour juin
En attente d’adoption depuis 2016, les deux projets de lois organiques relatifs au caractère officiel de l’Amazigh et au Conseil national des langues et de...
Marché de change: Le dirham s’apprécie de 0,2% par rapport à l’euro et se déprécie de 0,4%
Le dirham s'est apprécié de 0,2% par rapport à l'euro et s'est déprécié de 0,4% vis-à-vis du dollar au cours de la période allant du 25 au 3...
Plus de 84.000 étrangers résident au Maroc, les Français en tête suivis des Sénégalais
Plus de 84.000 étrangers résident au Maroc, soit environ 0,25% de la population marocaine, selon une note du Haut Commissariat au Plan (HCP) publiée lundi 18...
Immobilier : Flambée des prix et baisse des transactions en 2017
L’immobilier au Maroc coûte de plus en plus cher. Les prix des actifs ont nettement flambé au titre de l’année 2017 impactant considérablement la vente ...
Le nerf de la guerre et petit arrangement entre amis
La relance post Covid ne pourra se faire sans (i) cash (beaucoup de cash) et sans (ii) un système bancaire en ordre de bataille. Commentaire et proposition de ...
500.000 CHÈQUES DÉCLARÉS IMPAYÉS AU MAROC
La Centrale des Incidents de paiement sur chèques a enregistré 501.031 incidents de paiement déclarés en 2021. Cet article est une revue de presse tirée du...
Climat au Maroc : précipitations en hausse mais résilience hydrique toujours fragile
Selon une étude récente du Middle East Institute (MEI), le Maroc a enregistré entre février et mars 2025 des précipitations exceptionnelles, atteignant 43,...
Attention aux risques émergents !
Le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques réuni le 2 juillet à Rabat estime que les délais de paiement inter-entreprises continu...
Dirham : Le Maroc compte reprendre la réforme du régime de change
Le Maroc est en mesure de revenir à un régime de change plus flexible dès le premier signe d’un choc externe, tel qu’une flambée des prix du pétrole, a...


lundi 9 mai 2016
0 















Découvrir notre région