En 9 ans, les impayés bancaires des entreprises ont triplé
Ils totalisent 40 milliards de DH, soit un taux d’impayés de 11% contre 4,4% au début de la décennie. 2011 fut l’année du basculement. Les créances en souffrance se stabilisent depuis 2016 et les prêts aux entreprises commencent à se redresser. La fin d'un cycle ?
En 9 ans, les impayés bancaires des entreprises ont triplé Le secteur immobilier est parmi les plus sinistrés
Comme pour les particuliers, les impayés bancaires des entreprises privées se sont envolés ces dernières années. La dégradation a commencé en janvier 2011, un peu plus de deux ans après le déclenchement de la crise internationale.
Les créances en souffrance des entreprises sont passées de 13 milliards de DH à près de 40 milliards à fin novembre 2019, soit une hausse de 205% !
Sur la même période, l’encours global des crédits aux entreprises n’a progressé que de 22%, passant de 295 à 361 milliards de DH.
Face à la montée des impayés, il était normal que les crédits se tassent et que les banques se montrent plus prudentes. Le taux d’impayés atteint désormais 11% contre 4,4% il y a 9 ans. Un niveau élevé qui n’a pas manqué d’alerter les agences de notation internationales.
Qu’est-ce qui explique l’envolée des impayés ? Et quels secteurs sont les plus sinistrés ? Les statistiques de Bank Al-Maghrib ne détaillent pas les créances en souffrance par secteur d’activité.
A l'origine, le boom du crédit, notamment à l'immobilier
Il faut savoir que la dégradation des créances en souffrance a démarré après un boom du crédit aux entreprises. Entre 2005 et 2011, soit en 7 ans, il a plus que triplé, passant de 106 à 336 milliards de DH (+215%).
Les crédits au secteur de la construction (immobilier et BTP) ont été multipliés par 4 entre décembre 2006 et septembre 2011 (les données trimestrielles par activité ne remontent pas plus loin). Ceux aux industries chimiques ont progressé de 137%, à la métallurgie de 94%, à l’énergie de 190%, à l’hôtellerie de 164% et au commerce de 105%.
Après cette période de boom, le tassement a concerné ces mêmes secteurs. Les prêts à la construction ont littéralement stagné, ceux aux industries chimiques ont baissé de 11%, l’hôtellerie a vu ses financements reculer de 26%, les crédits à la métallurgie ont faiblement progressé de 11%...
On peut donc lier l’aggravation des impayés aux difficultés économiques et financières (baisse de la demande, concurrence étrangère, allongement des délais de paiement publics et privés…) qu’ont vécues plusieurs entreprises de certains secteurs d’activité, comme l’immobilier (les grands promoteurs), la métallurgie (Stroc, DLM, Buzichelli)…
Redressement progressif
Et le tassement du crédit qui a accompagné cette tendance n’a pas arrangé les choses.
Cela dit, depuis juin 2016, les créances en souffrance des entreprises privées se stabilisent. Et le crédit bancaire global à cette clientèle, qui a poursuivi son ralentissement jusqu’à fin 2018, commence à se redresser en affichant une croissance satisfaisante en 2019.
Avec la réduction des délais de paiement publics, le remboursement des crédits de TVA, l’appel lancé aux banques pour s’impliquer davantage dans le financement de l’économie…, on peut parier sur la fin d’un cycle difficile qui aura duré 9 ans.
Le 13/01/2019
Source web Par Médias 24
Les tags en relation
Les articles en relation
Hausse du Smig: Préservons plutôt les emplois!
«Ce n’est pas le moment d’augmenter le Smig mais de conserver les emplois. Les entreprises sont dans la logique de la préservation de l’emploi». La ...
Les IDE marocains en Afrique représentent 60% des flux sortants
Le Royaume compte parmi les premiers investisseurs africains de l’UEMOA et de la CEMAC Les investissements marocains en Afrique ont connu une forte croissa...
Le Maroc Accélère son Ambition EnR avec un Écosystème Industriel Local pour 2030
Le Maroc a initié un programme ambitieux pour développer ses capacités de production en énergies renouvelables (EnR), visant à atteindre 52% de son mix én...
Forum des Énergies 2025 : Le Maroc Accélère sa Transition
Face à l'augmentation constante de la consommation énergétique au Maroc, le besoin de transition vers des énergies renouvelables devient impératif. Lor...
COP22 : Une feuille de route pour mobiliser les financements verts
Bank Al Magrhib vient de dévoiler la feuille de route du secteur financier marocain pour le financement du climat. Elle donne une visibilité inédite sur la c...
Coronavirus, impact économique : Abdellatif Jouahri répond à nos questions
Mesures de soutien du comité de veille économique, taux directeur et liquidités, prévisions de croissance, impact sur les réserves de Change, chute de la b...
#MAROC_EBE_ENTREPRISES_PRIVEES: Les vraies raisons du faible endettement bancaire des entreprises pr
L'endettement des entreprises non financières privées est d’à peine 1,44 fois leur EBE, loin du seuil des 7 fois considéré comme une limite dans le s...
Flexibilité des changes : Jouahri et Boussaid montent au créneau
Le wali de Bank Al-Maghrib et le ministre de l’économie et des finances ont décidé d’unir leurs forces et de monter au créneau ensemble pour défendre l...
Réforme du Livre V du Code de commerce: De multiples lacunes relevées par des juristes
Le projet de loi sur les difficultés des entreprises sera enfin soumis à l’approbation des députés lors d’une session extraordinaire du parlement, progr...
Domiciliation d’entreprises: Beaucoup de zones d’ombre
La durée d’hébergement non limitée, pas de définition de l’activité… La loi vient d’être publiée au Bulletin officiel Un an pour se mettre ...
Qui veut la peau de Abdellatif Jouahri, patron de Bank Al-Maghrib?
Des médias écrits et électroniques ont fait propager des rumeurs ces derniers jours, faisant état de la fin de la mission de Abdellatif Jouahri à la tête ...
Les chantiers prioritaires au Maroc selon l'OCDE
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que le Maroc devrait se concentrer sur ses compétences, sa compétitivité e...


mercredi 15 janvier 2020
0 
















Découvrir notre région