COP16 Biodiversité : Écosystèmes en Déclin, Urgence d’Agir
La dégradation des terres, la destruction des habitats naturels et la disparition accélérée des espèces menacent l’équilibre écologique mondial. À l’approche de la COP16 sur la biodiversité, qui reprendra à Rome le 25 février après un échec partiel en Colombie, les experts tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme.
75% des terres sévèrement altérées par l’activité humaine
Selon la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), près des trois quarts des terres émergées ont été dégradées par l’homme. Déforestation massive, expansion agricole et urbanisation incontrôlée ont profondément transformé les écosystèmes. Les zones humides, essentielles pour la régulation du climat et la biodiversité, ont même disparu à 87% en trois siècles.
Les conséquences sont multiples :
- Disparition des habitats naturels
- Déclin des espèces sauvages
- Érosion des sols et infertilité des terres
- Baisse de la capacité d’absorption du CO?
- Dégradation de la qualité de l’eau et de l’air
- Augmentation des zoonoses
Face à cette urgence, l’accord de Kunming-Montréal (2022) fixe un objectif ambitieux : restaurer 30% des terres dégradées d’ici 2030.
Un million d’espèces menacées d’extinction
Sur les 8 millions d’espèces végétales et animales recensées, un million sont en danger, selon l’IPBES. Parmi elles, les insectes pollinisateurs, indispensables à l’agriculture, subissent un déclin alarmant.
Les récifs coralliens, véritables poumons des océans, sont également menacés :
- Avec un réchauffement climatique limité à +1,5°C, 70 à 90% des coraux disparaîtront.
- À +2°C, la perte atteindrait 99%.
Les cinq facteurs de destruction de la biodiversité
L’ONU identifie cinq causes principales de la crise écologique, surnommées les « cinq cavaliers de l’Apocalypse » :
- La destruction des habitats naturels
- La surexploitation des ressources
- Le changement climatique
- La pollution
- L’invasion d’espèces exogènes
Si aujourd’hui la destruction des habitats est le principal facteur de perte de biodiversité, le changement climatique pourrait devenir la première cause d’ici 2050.
L’économie mondiale en dépendance directe avec la nature
Plus de 55% du PIB mondial, soit 58 000 milliards de dollars, repose sur les services rendus par la nature. L’agriculture, la pêche, la sylviculture ou encore l’industrie agroalimentaire sont les plus exposées à la crise écologique.
La pollinisation, la filtration de l’eau ou encore la régulation des maladies, souvent perçus comme acquis, sont pourtant des services vitaux que la nature fournit gratuitement. Leur disparition aurait un impact économique désastreux.
2 600 milliards de dollars de subventions nuisibles à l’environnement
Paradoxalement, les États continuent de financer des industries polluantes via des subventions massives aux énergies fossiles, à l’agriculture intensive et à la surpêche. Ces soutiens, estimés jusqu’à 2 600 milliards de dollars par an, participent directement à l’érosion de la biodiversité.
L’accord de Kunming-Montréal ambitionne de réduire ces subventions d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici 2030.
Vers un pacte de réconciliation entre l’humanité et la nature
La COP16 de Rome représente une opportunité cruciale pour inverser la tendance. Mais pour éviter une facture écologique et économique désastreuse, les engagements doivent se traduire par des actions concrètes. Restaurer les écosystèmes, limiter le réchauffement climatique et repenser notre modèle économique sont autant de défis à relever d’urgence pour préserver la biodiversité mondiale.
Le 19/02/2025
Rédaction de lanouvelletribune
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mercredi 19 février 2025
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