Crise de l’eau au Maroc : Nizar Baraka dévoile ses mesures
Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a une nouvelle fois alerté sur la situation préoccupante des ressources hydriques au Maroc, soulignant l'impact du changement climatique et la nécessité d’une gestion durable de l’eau. Lors d’une conférence organisée par le Club des jeunes juristes à l’Université Internationale de Rabat, il a détaillé la stratégie gouvernementale visant à répondre aux défis du stress hydrique.
Un déficit hydrique aggravé par le changement climatique
Le Maroc subit les effets directs du réchauffement climatique, avec une hausse moyenne des températures de +1,8°C, dépassant la limite de 1,5°C fixée par l’Accord de Paris. Cette élévation entraîne une augmentation de l’évaporation, atteignant 1,5 million de mètres cubes d’eau par jour. De plus, le Royaume traverse sa septième année consécutive de sécheresse, ce qui accentue la baisse des nappes phréatiques et la diminution de la disponibilité en eau par habitant, estimée à 540 m³ en 2040 contre 2.600 m³ dans les années 1960.
Malgré cette crise, 2024 a connu une légère amélioration grâce aux précipitations dans l’Est du pays, permettant au taux de remplissage des barrages marocains de passer de 23,3% à 27,7%. Toutefois, la situation des grands barrages reste préoccupante, notamment celui d’Al Massira, dont le taux de remplissage a chuté de 100% à seulement 1% en dix ans.
Des infrastructures hydrauliques renforcées pour une gestion optimisée
Face à cette situation, le gouvernement a accéléré la construction de barrages de toutes tailles et renforcé les infrastructures hydriques. Le Maroc compte aujourd’hui :
- 154 grands barrages et 150 petits et moyens barrages.
- 16 stations de dessalement produisant 277 millions de mètres cubes d’eau.
- 17 infrastructures de transfert d’eau entre bassins hydrauliques.
Dans ce cadre, des projets de transfert d’eau entre bassins sont en cours, notamment celui du Sebou vers le Bouregreg, ainsi que le projet visant à relier les bassins du Loukkos, Sebou, Bouregreg et Oum Errabia pour alimenter le barrage Al Massira avec 1,2 milliard de m³ d’eau par an.
Une stratégie durable et innovante pour sécuriser l’approvisionnement en eau
La feuille de route gouvernementale repose sur trois axes majeurs :
- Assurer l’approvisionnement en eau potable et couvrir 80% des besoins en irrigation.
- Protéger les nappes phréatiques par une gestion rationnelle des eaux souterraines.
- Sensibiliser la population à l’importance d’une gestion responsable des ressources hydriques.
Dans cette optique, quatre transformations ont été engagées :
- Passage d’une gestion basée sur les ressources conventionnelles à une approche intégrée incluant les ressources non conventionnelles.
- Priorisation de la gestion de la demande en eau plutôt que l’augmentation de l’offre.
- Adoption d’une vision à long terme pour une gestion durable des ressources.
Mise en place d’une solidarité territoriale inversée, où les grandes villes soutiennent les zones rurales.
Des solutions innovantes pour préserver l’eau et produire de l’énergie verte
Le gouvernement mise sur l’innovation pour optimiser la gestion de l’eau. Des études sont en cours pour améliorer l’efficacité des stations de dessalement, tandis que le Maroc prévoit d’installer des panneaux solaires flottants sur les barrages, à l’image de celui de Tanger Med. Cette initiative permettra de produire de l’énergie renouvelable tout en réduisant l’évaporation.
En conclusion, Nizar Baraka insiste sur la nécessité d’un changement de comportement vis-à-vis de l’eau et appelle à une prise de conscience collective face aux défis posés par le changement climatique et la raréfaction des ressources hydriques au Maroc.
Le 13/02/2025
Rédaction de lanouvelletribune
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