Crowdfunding: Le dispositif remis dans le circuit
Le projet de loi sur le financement coopératif, qui sera présenté à la Chambre des représentants mardi prochain, est très attendu, particulièrement par les petites entreprises et les porteurs de projets, dans la mesure où il offre des solutions alternatives d’accès au financement. (Ph. Bziouat)
Le processus d’adoption du nouveau projet de loi sur le financement coopératif, plus connu sous la dénomination Crowdfunding, vient d’être relancé. Ce texte, adopté en Conseil du gouvernement, a été déposé au Parlement en octobre dernier. Il sera présenté à la Commission des finances de la Chambre des représentants mardi prochain.
Mohamed Benchaâboun, qui vient de boucler le processus d’adoption du projet de loi de Finances 2020, est attendu lors de cette réunion, qui sera également marquée par la poursuite de l’examen du projet de réforme de la loi sur les partenariats public privé.
Très attendue, la nouvelle réglementation relative au crowdfunding, permettra de mettre de l’ordre dans cette activité et favoriser son développement. Surtout qu’il s’agit d’un mécanisme de financement très en vogue à l’international, en dépit de quelques dérapages.
Cet outil a été instrumentalisé, dans certains pays, dans des opérations d’arnaque. Aujourd’hui, la nouvelle réglementation entend mettre en place des garde-fous pour éviter ces pratiques malsaines. Un dispositif complet de régulation est prévu par ce projet de loi.
Le crowdfunding constitue une véritable source alternative de financement, particulièrement pour les petites entreprises et les porteurs de projets innovants. Ce nouveau dispositif ambitionne de renforcer «l’inclusion financière, d’assurer l’appui au développement économique et social, et de canaliser l’épargne collective vers de nouvelles opportunités».
Dans les détails, 3 types d’opérations sont prévus par le nouveau dispositif. Il s’agit notamment du prêt, de l’investissement en capital et des dons. La collecte des fonds est prévue durant une période précise, pour chaque opération. Un plafond sera fixé par décret pour les montants mobilisés au niveau de chacune des trois catégories, sans que cela ne dépasse 10 millions de DH par projet, comme cela est prévu par l’article 42.
Les personnes physiques ne pourront plus investir plus du plafond annuel, qui sera fixé par décret, même si le montant est réparti sur plusieurs projets. Des circulaires de Bank Al-Maghrib devront également fixer les modalités de mise en œuvre des opérations de financement coopératif sous forme de prêt, et définir le taux maximal d’intérêts qui sera appliqué à ce type de financements. Pour ce qui est des dons, les donateurs qui mobilisent plus de 500.000 DH seront obligés d’obtenir d’abord une autorisation de l’administration.
Concernant la gestion des plateformes de collecte des fonds, ce projet de loi définit les modalités d’intervention des sociétés de financement coopératif. Elles peuvent avoir le statut de SA ou de SARL, avec un capital social d’au moins 300.000 au moment de la création. Leur activité principale doit être la gestion de ces plateformes.
Un décret devra définir les modalités d’exercice de ces activités, en précisant les rôles de Bank Al-Maghrib et de l’Autorité du marché des capitaux. D’ailleurs, ces sociétés ne pourront lancer leurs activités sans l’obtention d’un agrément auprès de l’une de ces deux institutions. Ce texte prévoit aussi l’obligation de mettre en place des passerelles avec les établissements bancaires, via des contrats de prestation de service. Les banques devront jouer un rôle de «teneurs de comptes».
Contrôle
L’activité de collecte des fonds via des plateformes électroniques est soumise au contrôle de Bank Al-Maghrib et de l’AMMC. Celles-ci sont habilitées à émettre des mesures disciplinaires contre les sociétés de financement coopératif qui ne respectent pas leurs engagements. D’autres sanctions plus lourdes sont prévues à l’encontre des personnes qui exercent des activités de crowdfunding sans l’obtention de l’agrément. Par exemple, l’article 66 stipule qu’elles risquent des peines de prison de 6 mois à 3 ans, en plus d’une amende allant de 100.000 DH à 1 million de DH. Pour ce qui est des sociétés qui exercent d’autres activités, non prévues par son agrément, elles sont passibles d’une amende de 100.000 à 500.000 DH.
Le 19 décembre 2019
Source web Par l'économiste
Les tags en relation
Les articles en relation
Cryptomonnaie. Abdellatif Jouahri s’exprime sur l’état d’avancement au Maroc [Vidéo]
Le Wali de Bank Al-Maghrib (BAM) a été interpellé sur la cryptomonnaie marocaine lors du point de presse tenu à l’issue de la deuxième réunion trimestri...
Presentation de La Loi de finances 2020: la loi de finances 2020 Quelle conséquences por les entrep
Pour voir Le PDF complet cliquez ICI Le 02/01/2019 Source web Par Patrick Simon AMDGJB ...
Intelligence artificielle : au service du développement du secteur bancaire marocain
Par Sanaa Rezki Professeure permanente a? l’ISGA Campus Casablanca De nos jours, l’Intelligence artificielle (IA) occupe une place importante dans le ...
Découvert bancaire au Maroc : solution ou piège financier ?
À fin septembre 2024, l’encours des découverts bancaires des ménages marocains s’élevait à 9 milliards de dirhams, affichant une croissance annuelle mo...
Chèque barré, non endossable ou certifié : quelles différences ? (BAM)
Moyen de paiement scriptural utilisant le circuit bancaire, le chèque est répandu par ses multiples avantages (gratuité, traçabilité…) mais aussi par ses...
CAN 2025 : Bank Al-Maghrib émet une pièce et un billet commémoratifs
À l’occasion de la 35? édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) organisée au Maroc, Bank Al-Maghrib annonce l’émission d’une pièce comm...
Régime de change : Jouahri préfère temporiser
Il n’y a pas pour le moment de nouveaux éléments qui justifient le passage à la 2ème phase de la réforme du régime de change, a affirmé, mardi à Rabat...
Cryptomonnaies au Maroc : adoption en hausse malgré l’interdiction
Alors que le cadre réglementaire du secteur tarde à voir le jour, le nombre de détenteurs de cryptomonnaies au Maroc a bondi de 60 % en cinq ans. Aujourd’h...
ALERTE TSGJB Mohammed VI reçoit le rapport 2025 de Bank Al-Maghrib
Le roi Mohammed VI, accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, a reçu au Palais royal de Tétouan Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, venu pré...
Article 9: Benchaâboune se veut rassurant
Le ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, a tenté de rassurer les conseillers quant à la mise e...
#Maroc_Mesures_fiscales : ce qui va changer avec le PLF 2023
La ministre de l’économie et des finances, Nadia Fettah, a présenté, lundi, devant la commission des finances, de la planification et du développement éc...
Jemaâ El Fna : un chantier pour le patrimoine UNESCO
La place Jemaâ El Fna à Marrakech, classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, s’apprête à vivre une transformation majeu...


lundi 23 décembre 2019
0 















Découvrir notre région