Pour un retour de la Confédération nationale du tourisme à la CGEM, mais par la grande porte!
"À l’heure où le tourisme reprend des couleurs, il serait injustifiable de rompre un équilibre que nous avons mis beaucoup de temps à instaurer."
Si nous devions faire un bilan du mandat écoulé, il en ressortirait un goût d’inachevé qui nous pousse à continuer une œuvre gravée dans le contrat programme vision 2010 et qui nous a tous engagés vis-à-vis de la plus haute autorité, SM le Roi Mohamed VI que Dieu l’assiste.
Quand nous disons tous, c’est bien évidemment le secteur public mais également le secteur privé avec à sa tête la CGEM signataire des contrats programmes Vision 2010 et 2020.
L’externalisation de la FNT en 2008 n’était pas une utopie, mais une démarche réfléchie et largement débattue par l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur du tourisme national.
La CGEM a participé activement à cette externalisation, notamment par la rédaction des statuts mais n’est pas allée jusqu’au bout de sa démarche puisqu’elle a gardé en son sein une centaine d’entreprises touristiques qui auraient dues être redirigées directement à la FNT et de là à la CNT actuelle.
La CGEM n’a pas vocation à garder des fédérations internes, mais œuvrer à en faire des structures externes capables de relever les défis du secteur qu’elles représentent. C’est ce que nous avons appris de la bouche même des dirigeants de la CGEM.
Revenir comme fédération interne à la CGEM serait une première et en même temps, un aveu d’échec non assumé. Redevenir une fédération interne impose la dissolution de la CNT et le retour à une fédération dépourvue de personnalité morale. “Une émanation de la CGEM non assujettie à la cotisation et ne disposant pas de droit de vote dans l’assemblée générale”.
Or la CNT actuelle est membre de droit à la CGEM et rien ne l’empêche d’utiliser ce droit pour exiger de la CGEM l’attention qu’elle mérite en sa qualité de représentant d’un secteur productif classé N°1 en rapatriement de devises devant les MRE et N°2 en création d’emplois après l’agriculture. Aussi notre retour en force à la CGEM est aujourd’hui plus que d’actualité pour occuper non pas un strapontin, mais un véritable fauteuil. L’appel lancé ce jour aux candidats à la présidence de la CGEM et des réunions de travail sont fixées au courant de la semaine prochaine.
La CNT actuelle a pour mission d’honorer ses engagements tels que définis dans les contrats programmes Visions 2010 et 2020, entre autres la restructuration et l’organisation du secteur touristique privé. C’est en ce sens que nous avons proposé une feuille de route validée en décembre 2014. Elle prévoit un certain nombre d’actions dont quelques unes ont été exécutées et d’autres attendent leur tour et nous avons l’intention d’aller jusqu’au bout de notre démarche.
Nous avons signé un contrat progrès d’une valeur de 9 millions de dirhams sur 3 ans, avec le ministère du Tourisme et celui des Finances pour un accompagnement avec en toile de fond la mise en place des Fédérations régionales du tourisme, le chaînon manquant à la mise en œuvre de la stratégie sectorielle vision 2020.
Nous sommes persuadés que les régions joueront un rôle important dans le développement du tourisme de notre Royaume. Les professionnels seront d’un apport majeur pour la mise en place et l’exécution des plans de développement touristiques régionaux. La mise à niveau du produit et la digitalisation sont les clés de succès pour les prochaines années.
Sans produit répondant à la demande des marchés, toute promotion serait vaine et vouée à l’échec. On ne peut décemment pas continuer à financer des compagnies low cost sans travailler l’attractivité de nos destinations. Et c’est aux régions de se mobiliser pour créer la demande et soigner la prestation pour un meilleur retour d’expérience client. Nous leur en donnerons les moyens.
Nous sommes persuadés que les fédérations régionales du tourisme créeront une synergie entre les différents acteurs du tourisme: hôteliers, agents de voyages, transporteurs, restaurateurs et guides pour une meilleure gestion de la chose touristique. Toutes leurs actions doivent prendre en compte les populations qui seront de fait convaincues que le tourisme est un atout et un levier économique et social pour tous et non uniquement un terrain de jeu pour les nantis.
Durant ce mandat, nous avons tenté de connecter certains métiers du tourisme, notamment les hôteliers et les agents de voyages par la signature, en février 2015, d’une convention de partenariat. Hélas, sa mise en œuvre a été négligée faute de véritable volonté à essayer de travailler ensemble.
Ce manque de dialogue entre les métiers est préjudiciable à la chaîne de valeur et profite en premier lieu aux ubérisateurs et autres plateformes dites collaboratrices qui créent une addiction qui finira par être fatale à tout le secteur. Le rôle de la CNT est de faire de telle sorte que ce scénario fasse le moins de dégâts possibles et que les acteurs prennent conscience de l’importance de mutualiser leurs efforts et réapprennent à travailler de concert.
Durant ce mandat, nous avons essuyé des attaques dans la mise en œuvre de notre feuille de route, mais nous avons opté délibérément pour l’ouverture et la main tendue afin de souder, autant que faire se peut, nos rangs.
C’est ainsi que nous avons mis en place un comité d’experts en accord avec la CGEM pour se pencher sérieusement sur les difficultés subies par notre secteur, suite aux différentes crises conjoncturelles qu’il a eu à affronter.
Aujourd’hui, nous avons une véritable IRM du secteur, sans fioritures et sans concessions, qui donne l’exacte réalité de notre tourisme et qui propose des pistes réalistes pour sortir de l’ornière.
Les membres du comité des experts ont fait un excellent travail et nous les en remercions. Il est temps pour nous maintenant de partager ce travail auprès de qui de droit et notamment le ministère du Tourisme qui doit être à notre écoute et se mobiliser avec nous pour que nous soyons tous dignes de la confiance qui a été placée dans ce secteur lors de la signature du contrat programme Vision 2010 et par la suite celui de Vision 2020.
Pour ma part, un nouveau mandat est indispensable pour continuer un travail entamé et qui mérite d’être mené à son terme. Monsieur Hamid Bentahar, homme de défis, me fait l’honneur de m’accompagner dans cette nouvelle quête de réhabilitation de notre tourisme afin de prouver que la confiance qui a été placée dans ce secteur était méritée.
A l’heure où le tourisme reprend des couleurs, il serait injustifiable de rompre un équilibre que nous avons mis beaucoup de temps à instaurer et ouvrir une boîte de Pandore dont on ne connaît pas les conséquences.
Dans le cadre du comité des sages que nous avons mis en place avec la CGEM, nous avons pris l’engagement d’œuvrer dans la cohésion et un sens accru de la responsabilité. Aussi, nous lançons ce jour un appel à tous les professionnels pour nous rejoindre le 11 mai afin de relever les défis et créer le véritable Big Bang.
Le 30 Avril 2018
Source Web : Huffpostmaghreb
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mercredi 2 mai 2018
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