Les jeunes et la conscience climatique
Selon les statistiques des Nations unies pour l’année 2015, le nombre de jeunes de 15-24 ans dans le monde est évalué à 1,19 milliard de personnes, soit 16,2% de la population mondiale. Cette part est de 19,4% en Afrique, 16,4% en Asie, 17,3% en Amérique latine, 15% en Océanie, 13,6% en Amérique du Nord et 11% en Europe. Ce poids démographique confère aux jeunes le statut d’acteurs futurs essentiel appelés à porter la conscience climatique universelle, dont dépendra demain le destin de notre planète.
Les jeunes sont appelés à devenir les acteurs majeurs des processus d’adaption et d’atténuation des changements climatiques. Acteurs à la tête des dynamiques de changement que connaissent toutes les régions du monde, les jeunes sont ainsi les porteurs des innovations les plus significatives développées dans les domaines de l’économie verte et des métiers du développement durable.
Par ailleurs, sur un autre niveau, devenu à l’heure actuelle important, toutes les études sérieuses menées au Maroc et dans le monde révèlent que la spiritualité, les faits religieux et les faits culturels liés à l’équilibre homme-nature dans leurs relations avec les questions existentielles deviennent des préoccupations fondamentales de la jeunesse mondiale, bien qu’à des degrés divers selon les régions et les pays.
Dès lors, au sein de cette nouvelle génération de jeunes est en train d’émerger une conscience universelle citoyenne favorable aux grandes causes humaines portées par les agendas mondiaux des Nations unies soit ceux relatifs aux Objectifs de développement durable, soit ceux concernant le Socle de protection sociale universelle et soit ceux portant sur le Revenu universel de base, que tente de promouvoir le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies (1). Cette conscience universelle citoyenne est indispensable pour préparer et accompagner par les jeunes, avec les jeunes et pour les jeunes les modèles futurs de développement durable.
Cette aspiration généralisée à un meilleur accès des jeunes à tous les droits humains de nouvelle génération trouve sa raison d’être dans des contextes nationaux où les jeunes connaissent de nouvelles vulnérabilités liées à l’extension parmi eux et malgré eux de poches de pauvreté, de précarité, de fragilité et de marginalisation, de chômage, et d’exclusion politique, sociale et culturelle. Une telle réalité est à la base des violences sociales d’un genre nouveau portées par les jeunes.
Ces violences, qui s’apparentent à de vraies guérillas urbaines, conduisent de plus en plus à des formes de radicalisation, d’intolérance grandissante, de refus permanent et de défiance dans les institutions, au repli identitaire, au communautarisme et au régionalisme sous toutes ses formes.
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Données sur le seuil au-delà duquel le climat présente un danger de mort, évolution du nombre de jours de danger dans le monde jusqu’en 2100 selon différents scénarios de réchauffement climatique
Il va de soi que la conjonction de tous ces éléments, une fois instrumentalisés par des forces occultes ou déclarées, se traduisent aussi par des attaques de symboles de l’Etat et de la société comme casser des voitures et des bus, vandaliser des magasins, exhiber la violence dans les stades, affronter les forces de l’ordre, brûler des édifices publics et organiser en bandes des agressions armées sous toutes leurs formes, dont sont l’objet indistinctement toutes les couches et catégories de la société se trouvant au mauvais moment et au mauvais endroit.
Ces constats et ces réalités doivent inciter les acteurs publics, privés et associatifs de toutes les nations à une mobilisation générale permanente pour mettre en œuvre des politiques publiques de jeunesse dédiées. Ces politiques doivent être mises à bon escient pour construire avec les jeunes un avenir commun qui capitaliserait sur une conscience citoyenne universelle émergente, afin de mettre les jeunes au cœur de cette responsabilité sociétale partagée.
Si les nations et la communauté internationale veulent atteindre cet objectif, ils leur convient de mobiliser les jeunes pour en faire les piliers futurs de la mise en œuvre des Objectifs du développement durable, du Socle de protection sociale universelle, de la paix et de la sécurité dans leurs pays respectifs et par extension dans le monde. Il convient aussi d’organiser à leur profit dans le cadre de programmes spécifiques des échanges en vue de partager les bonnes pratiques, issues des éco-initiatives, des innovations écologiques qu’ils produisent en termes de métiers du développement durable.
Pour se faire, il convient d’ériger les jeunes en véritable relais au sein de leurs sociétés et de leurs communautés pour pérenniser les décisions prises lors des COP21 et 22. Dans ce cadre, un fait important mérite d’être relaté. La portée universelle de la coopération internationale pour les changements climatiques dans le monde a trouvé sa pleine expression planétaire dans la déclaration finale du Sommet des consciences pour le climat organisé à Fès les 2 et 3 novembre 2016 par le Conseil économique, social et environnemental du Maroc, en partenariat avec la Rabita Mohammedia des Oulémas et avec l’appui de la délégation de l’Union européenne.
Publier le 14 Septembre 2017
Source web par leconomiste
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lundi 18 septembre 2017
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