COP26 : À moins de cent jours de l'évènement, l’échec inquiétant des négociations climatiques
Alors que les catastrophes naturelles en chaîne rappellent l'urgence de lutter contre le réchauffement climatique, les discussions censées préparer la COP26, grand rendez-vous international sur le climat, capotent. Les États ne parviennent pas à se mettre d'accord, ni sur des objectifs clés, comme la limitation du réchauffement à 1,5 °C, ni sur les stratégies pour y parvenir.
C'était une étape importante pré-COP26, mais elle n'a pas abouti. Les ministres de l'environnement et de l'énergie du G20, réunis à Naples le 22 et le 23 juillet ont échoué à s’entendre pour relever les ambitions climatiques, à moins de 100 jours du grand rendez-vous international sur le climat prévu en novembre. Les dissensions étaient telles que les ministres ne sont pas parvenus à s’accorder sur la rédaction d’un communiqué final.
Selon le ministre italien de la Transition écologique, Roberto Cingolani, qui présidait les réunions, les discussions ont été particulièrement rudes avec la Russie, l'Inde et la Chine qui se sont opposées à deux points : l'abandon progressif de l'énergie issue du charbon d'ici 2025 et l'objectif de limiter la hausse des températures à 1,5 degré par rapport au niveau pré-industriel, plutôt que les 2 degrés maximum prévus par l'Accord de Paris. "Le monde a besoin de tout urgence d’un engagement clair et sans ambiguïté de la part de toutes les nations du G20 en faveur de l’objectif 1,5 degré" a appuyé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres sur le réseau social Twitter. Les pays du G20 représentent à eux seuls 75 % des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle planétaire.
Les sujets de discorde sont nombreux. Les pays peinent à trouver un terrain d’entente sur les questions de financement, sur la stratégie de suivi des engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre par pays, sur le calendrier, ou encore sur la problématique épineuse de la mise en œuvre des marchés carbone. L’unité est pourtant cruciale pour faire face au défi. "Nous sommes confrontés à une époque périlleuse pour notre planète et la seule manière pour nous de préserver son avenir est que les pays suivent la même voie", a insisté le président de la COP26 Alok Sharma.
Une urgence à agir
Et le temps presse. Inondations monstrueuses en Belgique, en Allemagne, en Chine, dômes de chaleur au nord-ouest du continent américain, feux de forêts dévastateurs en Californie, en Sibérie… Alors que le monde s’est réchauffées aujourd’hui d’environ 1,2°C, les catastrophes se multiplient déjà et s’intensifient partout dans le monde. "Depuis des années, nous avions prévenu que c'était possible, que tout ça allait arriver", a dénoncé la responsable climat de l'ONU Patricia Espinosa, lors du lancement le 26 juillet de la dernière étape de relecture par les 195 États d'un extrait du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), rendu public le 9 août. "Nous sommes sur le chemin opposé", a alerté Patricia Espinosa, nous nous dirigeons vers plus de +3°C. Nous devons changer de direction de façon urgente avant qu'il ne soit trop tard".
Dans un rapport publié en 2019, les scientifiques du GIEC estimaient que si d’un point de vue des lois de la physique et de la chimie, la limitation du réchauffement planétaire à 1,5 ºC était encore possible, elle nécessitait "des transitions sans précédent à tous les niveaux de la société".
Pauline Fricot, @PaulineFricot
Le 02 août 2021
Source web Par : novethic
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mardi 3 août 2021
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