Dépenses de compensation: Grosse économie sur le gaz butane
A fin août, le montant global a atteint 5,6 milliards de DH, en baisse de 56,5%
La part du sucre se renforce de 8 points de croissance
La moyenne des cours du sucre brut s’est établie à 389,56 dollars la tonne sur les 7 premiers mois contre 384,02 dollars/tonne sur la même période de 2015. Du coup, la Caisse a cédé plus de la moitié de ses recettes réalisées au titre des équivalents tarifaires
Economie substantielle sur les dépenses de compensation. A fin août dernier, le montant global du soutien au gaz butane et au sucre s’est établi à 5,68 milliards de DH, en forte chute de 56,5% par rapport à la même période de 2015 (Sources: TGR et Caisse de compensation).
Fait inédit. La part des dépenses de soutien du gaz butane est en recul de 10 points sur les 7 premiers de 2016, bien que la consommation ait augmenté de 6%. Certes, elle reste importante (65%), mais elle est promise à la baisse face au repli du prix du baril sur lequel le gaz de pétrole liquéfié est indexé. De plus, plusieurs opérateurs de renom dont les Etats-Unis ont pour projet d’investir le marché mondial du gaz avec notamment des produits non conventionnels.
En revanche, l’effort ciblant le sucre est appelé à s’intensifier à cause du déficit grandissant de l’offre face à la demande. Sur les 7 premiers mois, la part du sucre dans la compensation a gagné pratiquement 8,4 points. Le sucre accapare désormais 35% du total de la compensation. Il était question de décompenser ce produit depuis le 1er janvier 2016. Mais le gouvernement a fini par renoncer.
Dans le détail, la charge de compensation relative à la consommation du gaz butane a atteint la valeur de 3,7 milliards de DH contre 5 milliards à la même période de 2015, soit une baisse de 26%. Elle s’explique essentiellement par le plongeon de 31% des prix de la tonne importée ainsi que par la contraction de 19% des achats à l’extérieur. Ce qui signifie qu’une grande partie de la consommation a été puisée dans les stocks. La politique de Cosumar tient en effet à l’importation massive chaque fois que le marché s’annonce favorable. Quitte à réexporter l’excédent. Il est à noter que la subvention profite le plus à la bonbonne de gaz de 12 kg utilisée par les ménages, mais aussi par l’agriculture (pompage de l’eau d’irrigation) et les petites unités de restauration. Elle représente 82% alors que le reste porte sur les bonbonnes d’un poids inférieur à 6 kg.
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Le sucre sous forme de pain, très consommé dans le monde rural, représente moins de 30% alors que le granulé dont l’utilisation s’étend à l’industrie accapare plus de 56%
Les GPL (gaz de pétrole liquéfiés) dont le Maroc est gros consommateur depuis la fermeture de Samir ne font pas l’objet d’un commerce international intense, comparés aux autres hydrocarbures. Ils représentent une petite proportion des échanges internationaux liée au faible volume de la production mondiale. Les échanges internationaux des GPL ne représentent que 6% de la production mondiale, contre 57% pour le pétrole et 26% pour le gaz naturel. La raison en est que le GPL est un produit fini qui tend à être fabriqué le plus près possible des lieux de consommation, du fait des coûts élevés du transport et l’insuffisance des réseaux de pipelines. D’ailleurs, le Maroc importe le tiers de ses besoins à partir de l’Algérie. De plus, la multiplicité des marchés régionaux des GPL ne permet pas d’avoir un prix de référence mondial du produit comme il en existe pour le pétrole. «Toutefois, le cours mondial des GPL suit le même trend que celui du Brent», confirment les spécialistes.
En ce qui concerne le sucre, la charge de compensation sur les 7 premiers mois a atteint 1,96 milliard de DH, soit quasiment le même montant réalisé à la même période de 2015. Toutefois, il est promis à l’augmentation sur les mois à venir, compte tenu de la tendance haussière qui caractérise le marché mondial (voir infographie page 2). Mais en dépit de la situation, les importations restent orientées à la hausse aussi bien sur les 7 premiers mois de 2016 qu’à la même période de 2015. D’une période à l’autre, elles ont enregistré une forte hausse de 28%. Pour le restant de l’année en cours, les achats à l’extérieur devraient marquer une baisse avec la production record que le pays vient de réaliser. Pas moins de 50% de la consommation est ainsi sécurisée. Pour le reste, il va falloir avoir recours au marché mondial qui enregistre une surchauffe jamais enregistrée depuis plusieurs années.
Pour la deuxième année consécutive, la production mondiale devrait s’établir à 168 millions de tonnes. Un niveau en dessous de la consommation mondiale estimée à 175 millions de tonnes.
L’évolution de la charge de compensation du sucre est proportionnelle à celle de la consommation sous ses quatre formes: le pain, les morceaux, le lingot et granulé. Mais le granulé détient la part du lion avec 56% de la consommation. Car, il est également utilisé dans la pâtisserie et l’industrie des jus et limonades. Pour les deux produits subventionnés, la Caisse reste redevables à raison de 2,8 milliards de DH. La part la plus importante, soit 2,14 milliards, est due aux opérateurs du gaz butane. Elle englobe un reliquat du mois de mai et la totalité des mois de juin et juillet.
En ce qui concerne les créances non payées aux sociétés opérant dans le secteur du sucre, elles se sont élevées à 646 millions de DH et représentent une partie de la subvention au titre du mois de mai et de l’intégralité des mois suivants.
Le 09 Octobre 2016
SOURCE WEB Par L’économiste
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mardi 11 octobre 2016
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