TSGJB BANNER

Gestion de l'eau au Maroc : solutions face au stress hydrique

Gestion de l'eau au Maroc : solutions face au stress hydrique

Face au stress hydrique structurel et à la sécheresse persistante depuis six ans, le Maroc a opéré un changement de paradigme en adoptant un modèle d'approvisionnement en eau centré sur les ressources non-conventionnelles. Le ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka, a détaillé la stratégie nationale pour protéger le Royaume des effets dévastateurs du réchauffement climatique.

Réactions aux récentes pluies : espoir ou illusion ?

Les récentes pluies abondantes ont redonné espoir. En quelques jours seulement, les barrages ont emmagasiné 277 millions de mètres cubes d'eau, soit l'équivalent de la consommation annuelle de Casablanca. Cependant, ces précipitations ne suffiront pas à résoudre la problématique du stress hydrique, devenu un phénomène structurel au Maroc. Lors d’un débat organisé par le Centre des Jeunes Dirigeants, Nizar Baraka a dressé un état des lieux alarmant de la situation hydrique du pays.

La sécheresse de 2008 à 2023 : un défi sans précédent

Le Maroc traverse la période de sécheresse la plus longue de son histoire, avec six années successives de faibles précipitations. Le réchauffement climatique a exacerbé cette crise, les températures ayant dépassé de 1,8°C la moyenne souhaitée par l’accord de Paris. Cette élévation de température a entraîné une évaporation accélérée des ressources hydriques, avec 1,5 million de m³ perdus chaque année, et une réduction de 75% des précipitations par rapport à la moyenne nationale.

Impact sur les nappes phréatiques et l'agriculture

Les ressources en eau souterraines sont à un niveau critique. La surexploitation des nappes phréatiques a dépassé leur capacité de régénération, avec une consommation actuelle de 5 à 6 millions de m³, tandis que leur reconstitution ne dépasse pas 4 millions de m³. Cette surexploitation a mené à la salinisation des sols, affectant gravement 40 000 hectares, notamment dans la région de Souss-Massa. Le ministre a averti que le risque de pénurie d'eau devient de plus en plus réel, avec la part d'eau par habitant passée de 2600 m³ dans les années 60 à seulement 600 m³ aujourd’hui.

Solutions adoptées par le Maroc pour garantir l'approvisionnement en eau

Le Maroc a mis en place des solutions concrètes pour surmonter cette crise. Le pays dispose aujourd’hui de 150 barrages et de 16 stations de dessalement capables de produire 277 millions de mètres cubes d’eau. Ces infrastructures ont permis de garantir un accès à l’eau potable à 100% dans les zones urbaines et à 94% dans les zones rurales. En outre, le Maroc a réussi à irriguer 2 millions d'hectares grâce à l'irrigation moderne.

Le rôle crucial des ressources non-conventionnelles

Pour répondre aux défis liés au changement climatique, le Maroc mise sur les ressources non-conventionnelles, telles que le dessalement de l'eau de mer et le transfert d'eau entre les régions. Le ministre a insisté sur la nécessité d'augmenter la capacité de production des stations de dessalement. La station de Casablanca, par exemple, produira 200 millions de mètres cubes d'eau par an d'ici 2026, avec des projets similaires dans d'autres régions du pays, notamment Rabat, Tanger, Souss-Massa-Draa et l'Oriental.

Développement de stations monoblocs pour les zones rurales

Le gouvernement met également l’accent sur les stations monoblocs destinées à alimenter les zones rurales et les villages reculés. D’ici quelques années, 200 stations de ce type seront installées pour garantir un approvisionnement en eau fiable dans ces régions éloignées.

Le dessalement : un levier stratégique pour l'avenir

Le dessalement de l'eau de mer est désormais central dans la stratégie nationale. D’ici 2030, il devrait fournir 50% des besoins en eau potable du pays. Ce choix est renforcé par l'utilisation d'énergies renouvelables, qui permettent de réduire les coûts de production de l'eau. Par exemple, à Casablanca, le coût de production du mètre cube d'eau est de 4,4 dirhams, inférieur à la moyenne nationale de 4,5 dirhams.

En résumé, face au stress hydrique croissant et aux impacts du réchauffement climatique, le Maroc a su adapter sa stratégie d'approvisionnement en eau en mettant en œuvre des solutions innovantes et durables, combinant gestion raisonnée des ressources en eau conventionnelles et non-conventionnelles.

Le 14/03/2025

Rédaction de lanouvelletribune

www.darinfiane.comwww.cans-akkanaitsidi.net    www.chez-lahcen-maroc.com

Les tags en relation

 

Les articles en relation

Le Maroc, entre paroles et actes

Le Maroc, entre paroles et actes

Le Maroc mise et ouvre ses portes aux grandes écoles françaises pour former ses élites et attirer les étudiants africains, et c'est très bien. Mais d&#...