Les races ovines du Maroc : tradition et diversité à l'honneur pour l'Aïd Al-Adha
Alors que les préparatifs pour l’Aïd Al-Adha battent leur plein, une effervescence palpable anime les souks et marchés. Choisir le mouton à sacrifier est une décision cruciale pour les familles marocaines, marquée par des traditions ancestrales et un profond respect des préceptes religieux. Mais quelles sont les races ovines prédominantes au Maroc et en quoi sont-elles spéciales ? Mohamed Taher Sraïri, ingénieur agronome, nous éclaire sur le sujet.
Un patrimoine ovin riche et diversifié
Le Maroc se distingue par la richesse et la diversité de ses races ovines, enracinées dans le patrimoine agricole du pays. Contrairement aux bovins, le Royaume n'a presque jamais eu besoin d'importer massivement des races étrangères, sauf dans quelques situations spécifiques liées à des périodes de sécheresse, explique Sraïri. "Le Maroc est un pays 'moutonnier' par excellence," dit-il. "Les races locales, adaptées aux conditions climatiques locales et valorisant les ressources naturelles, sont un atout inestimable."
Les races ovines les plus prisées au Maroc
Le Timahdite, gardienne des montagnes
Première par son effectif et sa surface, la race Timahdite est emblématique du Moyen Atlas. "Adaptée aux rigueurs climatiques de la montagne, elle valorise les pâturages pastoraux de la région," note Sraïri. Appréciée pour sa viande de qualité et ses excellentes attitudes maternelles, la Timahdite est une fierté locale, capable de survivre et prospérer dans des conditions difficiles.
Le Sardi, race à lunettes
Originaire de l’arrière-pays de Casablanca, de la Chaouia à Béni Mellal, le mouton Sardi est reconnaissable à sa toison blanche et ses taches noires autour des yeux et sur les pattes, ce qui lui vaut le surnom de "race à lunettes". Il est très prisé pour sa viande tendre et savoureuse et montre une bonne aptitude à l'engraissement, ce qui le rend économique pour les éleveurs.
Le Boujaâd, connu pour sa croissance rapide
Proche du Sardi mais sans les "lunettes", la race Boujaâd se distingue par sa vitesse de croissance. Originaire de Boujaâd, elle est efficace pour transformer les ressources locales en viande de qualité, offrant une solution rentable pour l'élevage.
Le Beni Guil, star de l’Oriental
Les hauts plateaux de l’Oriental, autour de villes comme Oujda et Guercif, sont le berceau de la race Beni Guil. Nourris aux herbes aromatiques comme le chih, ces moutons produisent une viande savoureuse. Leur nom vient des tribus Beni Guil, enracinant cette race dans une tradition pastorale ancestrale. La viande de Beni Guil est réputée pour sa qualité supérieure, grâce à un régime alimentaire naturel.
Le D’man, le prolifique des oasis
Des oasis d’Errachidia à Zagora, le D’man se distingue par sa prolificité exceptionnelle, pouvant donner naissance à plusieurs agneaux par portée. En se nourrissant de déchets de dattes et autres ressources locales, cette race symbolise l’adaptation et la productivité dans des environnements arides.
Une agriculture ovinicole durable et locale
La diversité des races ovines marocaines témoigne de la richesse du patrimoine agricole du pays et de l'importance de l'adaptation locale. Chacune de ces races, de la Timahdite des montagnes au D’man des oasis, joue un rôle crucial dans le maintien des traditions et la durabilité des pratiques agricoles locales. Le choix d’un mouton pour l’Aïd Al-Adha n’est pas seulement une question de respect des traditions religieuses, mais aussi une célébration de ce patrimoine ovin unique.
Le 10/06/2024
Rédaction de l’AMDGJB Géoparc Jbel Bani
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lundi 10 juin 2024
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