Une bouée de sauvetage «trouée» au secteur touristique?
Pour tenter d’aider le secteur, la Confédération nationale du tourisme (CNT) vient de soumettre de nouvelles propositions au gouvernement. Des opérateurs touristiques réagissent à chaud avec des constats plutôt mitigés.
« Ce sont des propositions qui tombent à point nommé pour le secteur touristique qui a grandement besoin, une fois la reprise entamée pour les Marocains, de recevoir les nationaux. Nous tablons sur le tourisme interne parce que pour l’instant les frontières sont toujours fermées. Non seulement du côté marocain mais de celui des marchés émetteurs surtout européens », nous déclare un membre de la CNT.
Selon ce professionnel du secteur, ces propositions restent pertinentes car elles concernent notamment la vaccination de tout le personnel touristique ; l’activation du chèque vacance pour relancer toute la machine au niveau interne et également, last but not least, la défiscalisation temporaire de la TVA sur les produits touristiques destinés aux seuls nationaux.
« L’avantage avec cette dernière mesure, c’est qu’elle permettra d’aguicher les Marocains avec des tarifs promotionnels plus attractifs », estime-t-il.
Au-delà de ses ambitions caressées, d’autres opérateurs touristiques sont loin de partager cet avis. « Il faudrait impérativement activer la mise en œuvre des mesures qui n’ont pas été actées dans le premier contrat programme. Je pense notamment aux facilités qui doivent être accordées aux entreprises parce que demain, même avec la reprise, elles auront à faire face à tout ce qui a été reporté depuis le début de la crise comme dettes à payer rubis sur l’ongle, tels que les impôts, les cotisations CNSS, les paiements des fournisseurs et des échéances bancaires, etc…Comment vont-elles faire pour s’acquitter de leurs créances alors qu’il n’y a quasiment pas de rentrées ?! », Souligne un hôtelier de la place.
Il réitère l’urgence d’instaurer des mesures urgentes pour soulager leur trésorerie et leur accorder des exonérations pures et simples tout en prorogeant le règlement de tous leurs crédits.
Abondant dans ce sens, Najib Sidqui, gérant d’un Resort Spa à Chefchaouen en remet une couche : « Chaque région a son tourisme spécifique. A Chefchaouen, on a travaillé mieux dernièrement que Marrakech par exemple mais ce n’est que circonstanciel. Je ne cache pas que je suis encore en galère avec les banques car en ce moment je suis plutôt en mode survie pour ne pas fermer mon hôtel à l’instar de beaucoup de propriétaires d’établissements touristiques dans tout le Maroc».
Et d’ajouter : « Ce n’est pas avec la clientèle marocaine uniquement que je vais payer mes charges et mes crédits. Généralement le touriste national viendra en week-end en coup de vent. Quant aux étrangers, nous avons des réservations, mais nous ne savons pas est-ce qu’ils vont les laisser passer ou non. On demeure dans le flou car personne ne nous informe !! ».
Un autre propriétaire d’une auberge à Immesouan va plus loin : « Les 2000 dirhams bénéficient plus aux grands hôtels qui ont entre 200 et 300 employés et non pas pour la majorité des établissements au Maroc qui comptent une dizaine ou vingtaine maximum. Afin d’épauler ces derniers, il serait plus judicieux de reporter les échéances bancaires, sans intérêt et jusqu’en 2022 pour qu’ils puissent travailler en étant soulager de la charge colossale qui pèse sur eux ».
Pour conclure : « A mon avis, nous avons besoin de responsables qui soient plus à notre écoute et qui soient aussi du domaine pour sortir de l’ornière ».
Le 14 avril 2021
Source web Par : hespress
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jeudi 15 avril 2021
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