POINT DE VUE: « Alerte ! Secteur à la dérive… »
Le secteur touristique au Maroc est en très mauvaise posture. Pris dans l’étau de la conjoncture pandémique, il est tenaillé couplement entre l’indifférence gouvernementale et l’arrêt endémique du business dont on ne connaît pas le bout.
Au milieu, les professionnels sont gagnés par un désespoir de plus en plus envahissant et destructeur. Pire, après avoir épuisé toutes leurs réserves de patience et raclé leurs fonds de caisse, plusieurs d’entre eux envisagent sérieusement le finish définitif, soit par liquidation des biens à crédit, soit par changer carrément de profession, soit sombrer massivement dans la dépression ou, peut-être, envisager l’extrême des extrêmes.
Devant les SOS à répétition, la diversité des métiers du tourisme dans un coma végétatif, l’administration distille les « calmants » au goutte-à-goutte, pour soulager ce grand corps malade qui a plutôt besoin de soins que de calmants.
Toutefois, il ne faut quand même pas nier que des mesures vitaminées lui ont été administrées pour l’aider à se maintenir : crédits oxygène et crédits relance permettant aux entreprises touristiques de souffler, prise en charge des employés affiliés à la CNSS en situation d’arrêt d’activité partiel, contrat-programme pour créer de la visibilité relative, etc. Des actions positives tout de même.
Mais les cris de désespoir continuent à fuser, les cris de colère prolifèrent, des yeux doux d’une part, des sourcils froncés de l’autre. En plein tragi-comédie qui n’en finit pas et qui en dit long sur la suite, certains l’expriment haut et fort.
Détresse que nous avons ressentie à travers une correspondance que nous avons reçue d’un professionnel de Fez et que nous partageons avec vous ci-après. Point de vue qui n’engage que son auteur et ne peut refléter obligatoirement l’opinion de la rédaction de Premium Travel News.
Voici le texte:
«Qui suis-je ?
Secteur pivot de l’économie marocaine, générateur d’emplois et de devises depuis des années, complètement oublié par les autorités dans un contexte de crise sans précédent et sans égal en particulier pour cette industrie dans le monde entier…
» Qui suis-je ? Le tourisme !
Pourtant, en tant que professionnels du tourisme, nous avons fait preuve de résilience pendant des années. Nous avons investi, recruté, formé, payé. Et il faut le reconnaître, nous avons gagné de l’argent, qui nous a permis de continuer à investir, recruter, former et payer…. et tenir pour quelques semaines encore pour certains, et malheureusement plus du tout pour de nombreux établissements travaillant à près de 100% avec la clientèle internationale, et privé de tout chiffre d’affaires depuis 6 mois maintenant.
Mais nous avons tenu bon, des associations de professionnels sont montées au créneau et ont accompli l’impossible, faisant de la destination Maroc, une destination réputée pour sa qualité et pour la diversité de son offre.
Et nous avons payé toutes sortes de taxes, des impôts en tous genres. Oui, ce secteur tant pointé du doigt. Désigné comme « générateur de cash », considéré comme si secondaire, ce secteur est hyper-taxé. Doublement, triplement.
Taxe d’enseigne, taxe de terrasse, taxe d’édilité, taxe sur l’espèce, taxe d’alcool, taxe de boisson, taxe professionnelle, droits d’auteurs et d’autres…
Certes, nous devons reconnaître une certaine aide de l’Etat, qui, en décidant l’ouverture du ciel (fin du quasi-monopole de la RAM), a permis un afflux de touristes internationaux : un point de départ stratégique.
Mais il ne faut pas oublier que c’est grâce à notre savoir-faire, nos investissements, notre implication de tous les jours dans un secteur qui ne pardonne aucune faute réputationnelle (puissance des réseaux sociaux) que ces corridors aériens ont pu être tant exploités.
Et aujourd’hui, cette ouverture du ciel, seule décision stratégique facilitatrice pour notre industrie, est devenue caduque avec la crise sanitaire du COVID.
Aussi, cher gouvernement, ce secteur, générateur d’emplois, qui contribue au rayonnement de notre pays, qui apporte la vie dans nos villes, le sourire dans nos foyers, raconte l’histoire de notre Maroc à travers le monde, entretient notre culture, ne mérite-t-il pas un peu plus de considération ?
Ne mérite-t-il pas un plan de communication digne ? Ne mérite-t-il pas des aides gouvernementales adaptées et suffisantes (…) ? Ne mérite-t-il pas une vision…concertée et ambitieuse ?
Cette fois-ci, nous attendons des mesures applicables, tout simplement.
Et rêvons un peu, une vision aussi, ambitieuse et égalitaire.
Un vrai plan de relance et non pas de quoi contenter nos fournisseurs débiteurs.
Une réelle considération pour un vrai métier».
Le 04/09/2020
Source web par : premium travel news
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samedi 5 septembre 2020
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