Un constat incontournable, les longs délais de paiements plombent les entreprises et l’économie nationale
Les longs délais de paiement des sommes dues aux entreprises affectent négativement la compétitivité de l’économie nationale et le climat des affaires au Maroc, ont affirmé, mercredi à Rabat, les participants à une rencontre sur « la problématique des délais de paiement et son impact sur l’entreprise ».
Des milliers d’entreprises marocaines mettent la clé sous le paillasson annuellement en raison du manque de liquidité qui résulte des longs délais de paiement, ce qui limite la compétitivité de l’économie nationale, engendre la perte d’emploi et réduit les investissements, ont souligné les participants à cette rencontre organisée par la chambre de commerce, d’industrie et de services de la région Rabat-Salé-Kénitra.
Même si le Maroc a gagné 9 places au classement Doing Business 2019 pour se retrouver à la 60è place, les indicateurs utilisés dans ce classement relèvent le retard accusé par le Royaume en ce qui concerne le respect des contrats commerciaux en raison des retards enregistrés dans les délais de paiement des sommes dues aux entreprises, a indiqué, à cet égard, l’expert comptable Miloud Stouti.
La moyenne de paiement des dettes dues aux entreprises du secteur privé est de trois mois et demi, alors qu’en ce qui concerne les établissements publics elle est de l’ordre de 10 mois, a ajouté M. Stouti, estimant que cela affecte la compétitivité de l’entreprise et altère les performances du Royaume au niveau des indicateurs de Doing Business.
Pour sa part, le représentant de la région Rabat-Salé-Kénitra, Mustapha Boulahya, a passé en revue les mesures entreprises pour améliorer la situation des paiements. M. Boulahya a rappelé, dans ce sens, la mise en place de commissions au niveau de l’ensemble des régions du Royaume pour assurer le suivi du paiement des sommes dues et trouver des solutions pour que les entreprises concernées puissent les percevoir dans des délais raisonnables.
De son côté, la cheffe du service des procédures à la Direction des entreprises publiques et de la privatisation, Nezha Faraj, a évoqué les dispositions de la loi 49-15 et du décret 2.16.344 fixant les délais de paiement et les intérêts moratoires relatifs aux commandes publiques, ainsi que la circulaire du Chef du gouvernement relative à l’élaboration de la loi de finance 2019 où Saâd Dine El Otmani a mis l’accent sur l’importance de payer les dettes dues aux petites et moyennes entreprises dans les délais réglementaires.
Tarik Mossadek, avocat au barreau de Rabat et membre du Centre international de médiation et d’arbitrage, a, quant à lui, estimé que le recours à des mécanismes alternatifs pour le règlement des différents liés aux délais de paiement, tels que l’arbitrage et la médiation, pourrait permettre de réduire ces délais.
Bien que les entreprises souffrent des longs délais de paiement, elle se retrouvent souvent contraintes à éviter le recours à la justice pour des raisons économiques, ce qui fait de l’arbitrage une solution raisonnable, a-t-il indiqué, précisant toutefois que l’arbitrage, comme la médiation, nécessite l’accord préalable des parties en conflit.
Le 08 Novembre 2018
Source web Par lnt
Les tags en relation
Les articles en relation
A la veille du 10 juin : Les professionnels du tourisme en quête de visibilité
Bien que l’activité économique reprenne progressivement, certains secteurs sont dans le doute et le flou absolu. Tel est le cas des opérateurs touristiques...
En 2023, le marché du travail enregistre une perte de 157 000 emplois, impactant l'économie nation
En 2023, l'économie nationale a enregistré une perte de 157 000 emplois, marquant une augmentation par rapport à la perte de 24 000 emplois enregistrée ...
Les conditions de la reprise aux yeux des professionnels
La durée de la crise et l’étendue de ses séquelles impliquent une révision des approches adoptées et des mesures plus adaptées, sachant que 11.000 entre...
Réforme du Livre V du Code de commerce: De multiples lacunes relevées par des juristes
Le projet de loi sur les difficultés des entreprises sera enfin soumis à l’approbation des députés lors d’une session extraordinaire du parlement, progr...
Artisanat marocain : hausse des exportations et impact économique
En 2024, les exportations de l’artisanat marocain ont atteint près de 1,11 milliard de dirhams, enregistrant une hausse de 3% par rapport à 2023. Secteur cl...
Le programme « Tahfiz Niswa » : Un tremplin pour l'autonomisation des femmes et des jeunes dans qu
Un nouveau programme baptisé « Tahfiz Niswa » sera bientôt lancé pour soutenir l'autonomisation des femmes et des jeunes dans l'entrepreneuriat. Ce...
En 2021, le Maroc a réalisé une croissance de 7,4% selon les nouveaux chiffres du HCP
Le taux de croissance économique au 4e trimestre 2021 s'est élevé à 6,6%, selon le haut-commissariat au Plan. Sur cette base trimestrielle, le taux de c...
Le Maroc lance une stratégie touristique ambitieuse pour 2026, visant 17,5 millions de visiteurs et
Le Maroc s'engage dans une stratégie touristique ambitieuse à l'horizon 2026, avec pour objectif d'attirer 17,5 millions de touristes et de géné...
Maroc-France : défis et opportunités pour relancer la coopération
Le Centre marocain de Conjoncture (CMC) met en avant le potentiel stratégique du partenariat entre le Maroc et la France, tout en soulignant les défis structu...
Règle n°1 : ne rien céder aux Marocains
La réaction des patrons à la tête des marques visées par le boycott ne laisse aucun doute sur la coupure radicale qui sépare désormais le Marocain moyen e...
Maroc : 70.000 cooperatives au cœur de l’economie sociale
Le secteur coopératif connaît une expansion notable au Maroc et s’impose progressivement comme un pilier de l’économie sociale et solidaire. Selon les do...
Quels sont les touristes les plus dépensiers au Maroc ?
Depuis quelques mois, les recettes touristiques sont en nette progression au Maroc, en grande partie grâce aux dépenses des touristes étrangers. Les clientè...


vendredi 9 novembre 2018
0 















Découvrir notre région