Conjoncture. Cinq risques pèsent sur l’économie marocaine
La Banque mondiale (BM) prévient contre cinq risques externes et internes qui planent sur l’économie marocaine. À surveiller de près: le risque de paupérisation de 24% de la population marocaine.
Trois risques extérieurs pèsent sur l’économie nationale: la faiblesse et le ralentissement du commerce mondial, la volatilité des prix des principaux produits de base, ainsi qu’un environnement géopolitique incertain. «Les importations énergétiques pourraient aggraver le déficit commercial si les prix du pétrole continuaient d’augmenter, et les retards dans la mise en œuvre des réformes structurelles et financières essentielles pourraient nuire aux possibilités de croissance et ainsi accroître les tensions sociales», prévient la Banque Mondiale.
La pauvreté plane
Les risques intérieurs sont au nombre de deux : l’impact du changement climatique sur le secteur agricole et la paupérisation de la population marocaine. Ils sont intimement liés. Une mauvaise année agricole pourra influencer la demande sociale d’emplois (en particulier pour les jeunes), les efforts pour améliorer les services publics et la révision en cours des programmes de protection sociale.
«La volatilité économique peut influer sur le bien-être des ménages, en particulier ceux dont les dépenses de consommation se situent juste au-dessus du seuil de pauvreté, car un choc négatif de faible amplitude peut les replonger dans la pauvreté», insiste l’Institution financière internationale (IFI).
Le pourcentage de la population exposée au risque de basculer dans la pauvreté varie en fonction du seuil retenu pour les dépenses des ménages. «Avec un seuil de dépenses de 5,5 dollars en Parité de pouvoir d’achat (PPA), le nombre de pauvres et de non-pauvres risquant de basculer dans la pauvreté est étonnamment élevé», alerte la même source.
Le chiffre a de quoi inquiéter : «Plus de 24% de la population, soit près de 9 millions de Marocains, peuvent être considérés comme pauvres ou menacés de pauvreté». En 2020, l’extrême pauvreté, mesurée sur la base du seuil de pauvreté international de 1,9 dollar en PPA, sera inférieure à 1%, tandis que la pauvreté, mesurée sur la base du seuil de 3,2 dollars en PPA, sera légèrement supérieure à 5%. L’augmentation prévue des dépenses sociales associée à un meilleur ciblage peut accélérer le rythme de réduction de la pauvreté au-delà des prévisions actuelles. La BM se veut malgré tout rassurante : «Les risques restent orientés à la baisse», tempère l’IFI dans son dernier bulletin de santé sur l’économie nationale. Raisons à cela, «un solide cadre de politique macroéconomique» et «un accord de précaution avec le FMI».
En termes de perspectives, la Banque mondiale confirme sa croissance autour de 3,3% en 2020-2021, «principalement sous l’impulsion d’activités secondaires et tertiaires plus dynamiques, soutenues par de substantiels investissements étrangers», précise la BM. Ainsi, d’importants flux d’IDE «continuent d’alimenter l’industrie automobile, notamment la nouvelle usine Peugeot –qui doublera à terme la capacité de production du secteur– ainsi que les services logistiques et commerciaux liés à l’extension du port de Tanger». Sur le plan de l’inflation, celle-ci devrait à moyen terme se chiffrer autour de 1% en moyenne. L’augmentation de la masse salariale dans le cadre de l’accord sur le dialogue social ponctionnera un total de 14,2 MMDH sur le budget de la période 2019-2021 (soit 1,2% du PIB).
«Pour maîtriser la masse salariale, le gouvernement entend rationaliser la création de nouveaux postes de fonctionnaires, notamment en optant pour des redéploiements de ressources humaines aux niveaux sectoriel et territorial», souligne la BM.
Le déficit budgétaire devrait alors légèrement se resserrer pour atteindre en moyenne 3,5 % du PIB pour 2020-2021. Le solde du compte courant devrait s’améliorer progressivement au cours de la période de prévision à la faveur de la croissance des exportations de produits manufacturés –dont les automobiles, l’agroalimentaire, l’électronique et les produits chimiques– et de la hausse des recettes touristiques, soutenue par la baisse des prix des principaux biens et produits importés.
Le 14 Octobre 2019
Source web Par Les Eco
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jeudi 17 octobre 2019
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