PLF : Les biens de l’Etat désormais saisissables !
La deuxième Chambre a supprimé l’article 8 bis qui donnait une «immunité» contre les décisions judiciaires
L’adoption de cet article par les députés de la première Chambre avait provoqué une véritable levée de boucliers. Des politiques, d’anciens bâtonniers et des avocats et des parlementaires se sont mobilisés.
Les conseillers ont voté sur la première partie du projet de loi de Finances 2017 (PLF) en commission. La séance du vote à la deuxième Chambre a été marquée par deux principaux points. Le premier concernait le fameux article 8 bis du projet. Ce dernier rendait les fonds et les biens de l’Etat et des collectivités insaisissables en cas de jugement en leur défaveur. L’adoption de cet article par les députés de la première Chambre avait provoqué une véritable levée de boucliers. Des politiques, d’anciens bâtonniers et des avocats et des parlementaires se sont mobilisés. Cette pression a fini par porter ses fruits puisque l’article 8 bis du PLF est passé à la trappe lors de la séance du vote à la Chambre des conseillers en présence du ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid. Les membres de la commission permanente des finances, de la planification et du développement économique à la Chambre des conseillers ont jugé utile de supprimer cet article qui a provoqué une grande polémique ces derniers temps. Il faut dire que la suppression de cette disposition était déjà prévisible depuis quelques jours.
L’un des rares défenseurs de l’article 8 bis, à savoir le Parti de la justice et du développement (PJD), a fini par revoir sa position. En effet, le groupe parlementaire du parti à la Chambre des représentants avait défendu cette disposition. Le président du groupe, l’ancien ministre délégué en charge du budget, Driss Al Azami Al Idrissi, avait même justifié l’intérêt de cet article dans une tribune. Mais les Pjdistes au sein de la deuxième Chambre parlementaire voyaient les choses autrement. Ces derniers avaient déposé avec les autres groupes parlementaires de la majorité (Rassemblement national des indépendants, Union constitutionnelle, Mouvement populaire, Union socialiste des forces populaires et Parti du progrès et du socialisme) à la Chambre des conseillers, un amendement commun demandant la suppression pure et simple de l’article objet de la polémique.
Dans une déclaration totalement opposée à celle de Azami, Nabil Chikhi, président du groupe parlementaire du parti de la lampe à la deuxième Chambre, avait affirmé qu’une telle disposition «n’avait pas sa place dans le projet de loi de Finances mais plutôt au niveau du code de la procédure civile». Avec la suppression de l’article 8 bis, la version PLF adoptée par les députés de la première Chambre subit le premier grand changement par les conseillers de la deuxième Chambre. Reste à savoir si la Chambre des représentants réintégrera ledit article dans le cadre de la deuxième lecture. Ces derniers ont toujours le dernier mot concernant les projets de budget puisqu’ils peuvent annuler tous les amendements introduits par les conseillers parlementaires en cas de désaccord. Cependant, une telle possibilité reste éloignée en raison de la polémique autour de cette disposition ainsi que la forte mobilisation au niveau politique et de la société civile pour son annulation.
La hausse de la TIC sur les cigares rejetée

Le gouvernement vient de rejeter un amendement introduisant une hausse de la TIC (Taxe intérieure de la consommation) sur les cigares. C’est le groupement du syndicat la CDT (Confédération démocratique du travail) à la Chambre des conseillers qui a présenté cet amendement. Dans les détails, la proposition de la CDT voulait doubler la valeur de la TIC imposée aux cigares pour passer de 500 à 1.000 dirhams pour chaque 1.000 unités.
Les fonds générés par cette hausse devaient, selon les parlementaires, financer des programmes de santé, notamment ceux destinés à la lutte contre la maladie du cancer. Mais cet amendement a été rejeté par le gouvernement en raison des hausses successives des taxes décidées ces dernières années par les autorités compétentes.
Celles-ci pensent qu’une hausse supplémentaire risque de profiter essentiellement aux produits issus de la contrebande.
Le dernier mot revient aux députés

Après son adoption par la deuxième Chambre, le projet de loi de Finances 2017 sera transféré à la première Chambre parlementaire pour deuxième lecture. Le dernier mot concernant les amendements reviendra donc à la Chambre des représentants.
L’article 75 de la Constitution de 2011 stipule que «le Parlement vote la loi de Finances, déposée par priorité devant la Chambre des représentants, dans les conditions prévues par une loi organique».
L’article 84 dispose, quant à lui, que «tout projet ou proposition de loi est examiné successivement par les deux Chambres du Parlement pour parvenir à l’adoption d’un texte identique… La Chambre des représentants adopte en dernier ressort le texte examiné. Le vote ne peut avoir lieu qu’à la majorité absolue des membres présents, lorsqu’il s’agit d’un texte concernant les collectivités territoriales et les domaines afférents au développement régional et aux affaires sociales».
Le 31 Mai 2017
SOURCE WEB Par Aujourd'hui le Maroc
Les tags en relation
Les articles en relation
Energies renouvelables : 23 milliards de dirhams investis dans l'approvisionnement électrique de 20
L'investissement en matière d'énergies renouvelables connaitra un bond qualitatif à l'horizon 2027, particulièrement de la part du secteur priv�...
Ensemencement artificiel des nuages : le Maroc intensifie les opérations en 2024 et étend l'initia
L'ensemencement artificiel des nuages, une technique nécessitant des conditions spécifiques telles que des équipements adaptés, l’analyse de la charge...
La Résilience de l'Agriculture Marocaine Face aux Défis Climatiques et Hydriques
Malgré les défis climatiques et les contraintes en ressources hydriques, l’agriculture marocaine démontre une résilience exemplaire. Mohamed Sadiki, minis...
Stress hydrique : Baraka tire la sonnette d'alarme
Le Maroc connaît une situation difficile en matière de ressources hydriques, marquée par un déficit pluviométrique inquiétant. En attendant l’aboutissem...
Elections 2026 : la Cour des comptes met en garde
À l’approche des élections législatives d’octobre 2026, la présidente de la Cour des comptes, Zineb El Adaoui, a fermement rappelé la nécessité de pr...
Approvisionnement en gaz naturel : Leila Benali se veut rassurante
La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a annoncé, lundi à Rabat, avoir lancé des consultations avec des acteu...
Chambre des représentants Démarrage aujourd'hui du processus d'investiture du nouveau gouvernement
C’est aujourd’hui que les députés de la Chambre des représentants entament le débat autour du programme gouvernemental, décliné la semaine dernière p...
Effets Secondaires des Vaccins COVID-19 au Maroc : Bilan et Réactions Of ficielles
Le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, a révélé que depuis le début de la campagne de vaccination contre le COVID-19, environ 9 millions de doses ont �...
Une stratégie nationale de prévention du suicide pour la période 2023-2030 bientôt lancée
Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Aït Taleb, a annoncé que son département a élaboré, en partenariat avec toutes les parties con...
Tourisme : Les recommandations des parlementaires marocains pour l’ONMT
La commission d’enquête sur l’Office national marocain du tourisme (ONMT), mise sur pied par la Chambre des conseillers, a appelé à la modernisation du s...
Contrôle renforcé des infractions routières: ce qui est prévu
Le gouvernement a décidé le renforcement du contrôle des infractions routières, avec l’assistance de radars nouvelle générations et autres équipements ...
Réponse de Nizar Baraka au récent rapport de la Cour des Comptes sur le stress hydrique
Le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a répondu au récent rapport de la Cour des comptes sur le Plan national de l'eau. La Cour des C...


jeudi 1 juin 2017
0 















Découvrir notre région