La facture pour investir dans des infrastructures durables
90.000 milliards de dollars à mobiliser!
Transformer le système financier et relancer la croissance, les défis
90.000 milliards de dollars. C’est le montant qu’il faudra investir au cours des 15 prochaines années dans les infrastructures dites durables, estime la Commission mondiale sur l’économie et le climat qui recommande aux gouvernements et aux institutions financières de placer leur investissement dans ce créneau.
L’enjeu est de taille. L’ONU estime que l’accord de Paris sur le climat entrerait en vigueur dans 30 jours après sa ratification par les 55 pays requis et représentant 55% des émissions planétaires de gaz à effet de serre (GES). L’accord visant à contenir le réchauffement sous le seuil de 2 °C par rapport au niveau pré-industriel, prendra effet avant l’ouverture de la COP22 le 7 novembre à Marrakech. Transports propres, énergies renouvelables, bâtiment bas carbone… autant d’éléments pour se désengager des énergies les plus polluantes (charbon et pétrole). La réforme des subventions aux combustibles fossiles et de la tarification du carbone est plus que recommandée (réforme déjà menée au Maroc). Ces subventions se sont élevées à environ 550 milliards de dollars en 2014. La tarification du carbone permet de s’assurer que les coûts véritables des combustibles fossiles et les bénéfices de l’énergie propre se reflètent sur le marché et que l’efficacité de l’énergie est pleinement récompensée, selon la Banque mondiale.
Autres mesures préconisées: renforcer les cadres réglementaires, transformer le système financier grâce à de nouveaux outils comme la finance verte et les obligations vertes. Les participants au sommet annuel mondial sur l’économie verte, tenu la semaine dernière à Dubaï, ont annoncé la création d’une organisation mondiale de l’économie verte et la mise en place d’un fonds de 27 milliards de dollars, dédié également au développement de l’économie verte aux Emirats arabes unis et dans le monde arabe.
Pour répondre aux besoins d’investissement dans le monde, il faudra une combinaison des secteurs publics et privés. Sachant que le rapport risque-rendement pour l’infrastructure durable est souvent trop élevé pour attirer des capitaux privés. Il est clair que le rôle des gouvernements, du secteur privé et des banques de développement varie en fonction du stade de développement d’un pays.
La Commission décompose également les besoins futurs en infrastructure par secteur et groupe de pays. Elle constate que les pays du Sud représenteront environ deux tiers des investissements précisément dans les secteurs de l’énergie et des transports.
Limitation des émissions du CO2: Le transport aérien s’y met
Le transport aérien vient d’adopter un mécanisme de limitation des émissions carbone. Un accord qualifié d’historique à l’issue de son adoption à l’assemblée triennale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). En dépit de la croissance du trafic aérien, l’aviation civile s’engage à limiter le volume des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ceci grâce notamment au développement d’agrocarburants, à des moteurs moins gourmands ou à l’optimisation du tracé des vols. Le système se traduira par l’achat par les compagnies aériennes de crédits carbone auprès d’autres secteurs économiques sur une bourse d’échanges. A partir de 2027, ce mécanisme sera obligatoire pour tous les pays à l’exception des plus pauvres, les micro-Etats ou ceux qui pèsent pour moins de 0,5% du trafic mondial de passagers. Soixante-quatre pays ont d’ores et déjà confirmé leur participation volontaire à la première phase. Certains pays ont émis de sérieuses réserves, dont l’Inde et la Russie et dans une moindre mesure la Chine.
Le 10 Octobre 2016
SOURCE WEB Par L’économiste
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mercredi 12 octobre 2016
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