AMO au Maroc : vers une couverture généralisée malgré un déficit alarmant

En 2024, le Maroc a réussi à étendre l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) à 86,5% de la population, marquant une avancée majeure dans la généralisation de la couverture santé. Cependant, ce progrès s’accompagne de défis financiers et structurels de taille, mettant en péril la pérennité du système.
D’après Finances News Hebdo, la montée en charge rapide de l’AMO a exacerbé un déficit budgétaire préoccupant. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a alerté sur le fait que 60% des bénéficiaires renoncent à leurs soins pour des raisons financières, tandis que les frais de santé à la charge des assurés peuvent représenter jusqu’à 50% de leurs dépenses médicales.
Le financement du système est un défi de taille. En seulement trois ans, l’AMO est passée de 11 millions à 36,8 millions de bénéficiaires, amplifiant la pression sur les ressources disponibles. Certains régimes d’assurance sont en déficit chronique : l’AMO des travailleurs indépendants affiche un déséquilibre de 172%, tandis que celle du secteur public enregistre un déficit de 121%.
L’expert en industrie pharmaceutique Abdelmajid Belaïche met en avant deux leviers pour assurer la viabilité du système : la maîtrise des coûts et l’augmentation des ressources. Il préconise une régulation stricte des dépenses médicales et pharmaceutiques ainsi que l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment en intégrant le secteur informel.
En parallèle, l’accès aux soins en milieu rural demeure un enjeu majeur pour éviter une fracture territoriale. Une digitalisation accrue du système de remboursement pourrait également améliorer la transparence et la gestion des prestations de santé.
Si l’AMO représente une avancée sociale historique, sa soutenabilité repose désormais sur des réformes urgentes pour garantir une couverture médicale équitable et durable.
Le 06/03/2025
Rédaction de lanouvelletribune
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