Droit de grève : Le projet de loi encadre les appels et limite les acteurs
Le projet de loi organique récemment adopté en commission redéfinit les règles du droit de grève au Maroc, limitant les parties habilitées à lancer des appels à la grève aux syndicats et, dans certains cas, à des entités légalement constituées. Ces nouvelles dispositions, rapportées par le quotidien Assabah dans son édition du lundi 9 décembre, visent à mieux encadrer ce droit tout en clarifiant les responsabilités des parties concernées.
Fin des "Tansikiyat" : une avancée marquante
Selon Assabah, l'article 3 du projet de loi marque un tournant en restreignant les appels à la grève à des entités bien définies. Cette mesure pourrait mettre un terme aux "coordinations" informelles (Tansikiyat), souvent accusées de perturber les services publics et les activités de production, tout en compliquant la gestion des conflits sociaux.
Un débat attendu en plénière
Adopté après 17 heures de discussions en commission, ce texte continue néanmoins de susciter des oppositions, notamment de la part de partis politiques comme l’USFP, le PPS, le PJD ou encore certains syndicats tels que la CDT. Lors de son examen en plénière, des amendements pourraient être proposés afin d'assurer sa conformité avec la Constitution, selon des sources citées par le quotidien.
Les obligations des syndicats clarifiées
L'article 3 précise que seules les organisations syndicales les plus représentatives, en situation légale, sont habilitées à appeler à la grève et à en assurer l’encadrement. Cela inclut :
- Les syndicats ayant participé aux élections des représentants des salariés et bénéficiant d'une représentativité nationale ou sectorielle.
- Les syndicats les plus représentatifs au sein d’une entreprise ou d’un établissement, sous réserve de leur conformité légale.
En outre, les syndicats ayant lancé un appel à la grève seront responsables des négociations visant à résoudre les différends, ainsi que du suivi de son déroulement.
Une ouverture limitée pour d’autres acteurs
Les articles 10 et 12 introduisent néanmoins une certaine flexibilité, autorisant également des entités légalement constituées, dont les statuts permettent d'appeler à la grève, à exercer ce droit.
Une réforme qui divise
Malgré ces ajustements, le projet de loi continue de faire l’objet de critiques et de rejet par plusieurs formations politiques et syndicats, qui dénoncent une restriction des libertés syndicales. La prochaine étape, le débat en plénière, sera décisive pour déterminer l’avenir de ce texte controversé.
Le 10/12/2024
Rédaction de lanouvelletribune
www.darinfiane.comwww.cans-akkanaitsidi.net www.chez-lahcen-maroc.com
Les tags en relation
Les articles en relation
#MAROC_Projet_de_loi_Cannabis: Le plan ambitieux du ministère de l’Intérieur pour un «usage lé
Le Maroc s’apprête à s’engager dans un processus historique avec la légalisation de l’usage thérapeutique du cannabis. Un chantier colossal, élaboré...
Maroc: 21% de femmes députées dans le nouveau Parlement
La nouvelle chambre basse du Parlement au Maroc, issue des élections législatives du 7 octobre, comptera 21% de femmes, un chiffre en légère progression. ...
Biographie: qui est Abdelilah Benkirane?
Abdelilah Benkirane, que le roi Mohammed VI a nommé, lundi, Chef de gouvernement, est né en 1954 à Rabat. Voici sa biographie officielle. Abdelilah Benkir...
Chambre des représentants : Près du tiers des sièges menacé d’invalidation
Le PAM a déposé 76 recours, le PJD 25 alors que le PPS et l’USFP ont présenté une quinzaine chacun Il semblerait qu’une nouvelle bataille politiq...
Un gouvernement de l’ami du roi, mais présidé par un islamiste
Le PJD est dans la tourmente. C’était sans doute aussi un des buts de ceux qui l’ont poussé à mettre les deux genoux à terre. Les islamistes marocain...
Droit de grève au Maroc : Enjeux et débats autour du projet de loi 97.15
Le projet de loi organique n°97.15, encadrant les conditions et modalités d’exercice du droit de grève, continue d’alimenter le débat, malgré son adopt...
Enseignement : accord pour l’élaboration d’un décret relatif au nouveau statut des enseignants
Après l’accord du 26 décembre 2023, Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, et les représentants des syndicats de l’enseignement ont plan...
Un séisme électoral: le RNI remporte les législatives avec 97 sièges, le PJD s’effondre
Les chiffres ont été annoncés par Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur, au cours d'une déclaration à la presse vers 02H45 ce jeudi 9 septemb...
Maroc : les politiques sont morts, vive les technocrates !
Que le Maroc traverse une crise politique fait l'unanimité. Mais les remèdes à cette crise cristallisent les tensions entre la monarchie qui souhaite ré...
Marrakech: un foyer de contamination chez les responsables du PJD suite à une "zerda"
Un diner politico-festif organisé, chez lui, par un responsable du PJD à Marrakech s’est transformé en un véritable cluster intra-parti. Le quotidien Assa...
Maroc: le président du RNI Aziz akhennouch dénonce les "mensonges" du PJD
Le RNI a publié samedi sur son site un communiqué où il dénonce les attaques dont font l’objet le parti et son président, Aziz Akhannouch, de la part du ...
Charte des services publics: le projet de loi adopté à l’unanimité par la Chambre des conseille
La Chambre des conseillers a adopte?, mardi 15 juin en ple?nie?re et a? l’unanimite?, le projet de loi n° 54.19 portant charte des services publics, pre?sent...


mardi 10 décembre 2024
0 















Découvrir notre région