Statut unifié des enseignants : l’impasse persiste
Depuis plusieurs mois, le paysage éducatif est le théâtre d’un bras de fer acharné entre le gouvernement et les enseignants, une confrontation dont l’issue semble incertaine. Alors que l’on croyait que les tensions s’apaisaient, une nouvelle fissure est apparue, mettant à nu les profondes divergences entre les deux parties. Parallèlement, le ministère de l’Éducation nationale a élaboré un plan censé rattraper le temps perdu. Détails.
Après des négociations laborieuses, les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation et le gouvernement semblaient avoir trouvé un terrain d’entente, jetant les bases d’une nouvelle mouture du statut unifié des enseignants.
Toutefois, cette lueur d’espoir s’est dissipée rapidement lorsque les coordinations ont pris la décision de maintenir les manifestations de manière autonome, exprimant leur mécontentement face à leur absence de consultation pour la validation du nouveau statut. Quelque 500 enseignants ont choisi de persister dans la grève, remettant en cause la retenue sur salaire décidée par le gouvernement.
Chakib Benmoussa, ministre de l’Éducation nationale, a justifié cette décision punitive, rappelant qu’il avait assuré en décembre dernier qu’aucune retenue ne serait opérée sur les salaires des enseignants reprenant leurs fonctions après les vacances trimestrielles. Il a souligné que les enseignants refusant de reprendre leurs fonctions, malgré les avancées obtenues, compromettent l’accord signé avec les syndicats.
Par ailleurs, il a indiqué, lors de la séance hebdomadaire à la Chambre des représentants, qu’un plan national intégré visant à remédier à la perte de temps scolaire avait été préparé. Une source proche du dossier estime que le projet gouvernemental présente des lacunes significatives.
«L’accent est mis sur la continuité des études, la prestation des enseignants lors des cours, la conduite des examens et l’attribution des notes. Bien que cela soit conforme aux exigences administratives, cette approche est insuffisante, surtout compte tenu des fragilités induites par la crise sanitaire de la Covid, qui a déjà engendré des retards chez les étudiants et a compromis la qualité de la formation. Les grèves viennent aggraver la situation», estime notre source.
Elle suggère la mise en place d’une cellule de crise dédiée à l’enseignement, comme celle créée suite au séisme d’El Haouz. Bien que des cours supplémentaires soient envisagés pour combler les lacunes, cette mesure est jugée insuffisante. Une solution plus globale devrait être envisagée, à savoir un partenariat public-privé, où le secteur privé pourrait apporter sa contribution, partager des bases de données et participer activement.
Les mesures adoptées
Le ministère a élaboré un plan national supervisé par l’équipe éducative et plusieurs d’inspecteurs, axé sur la gestion du temps scolaire et l’organisation pédagogique des apprentissages. Selon le ministre, ce plan repose sur trois principes fondamentaux. Le premier met en avant l’importance des contenus, des compétences et des orientations pédagogiques spécifiquement ciblés pour chaque niveau d’études. Le deuxième vise à assurer l’égalité des opportunités entre tous les élèves, qu’ils soient du secteur public ou privé. Enfin, le troisième axe cherche à garantir la fluidité du processus de mise en œuvre, adapté au rythme d’apprentissage des élèves.
Dans le cadre de ce plan, cinq mesures ont été déployées pour optimiser la gestion du temps scolaire. En premier lieu, une extension d’une semaine de l’année scolaire en cours a été prévue pour toutes les filières éducatives, tout en tenant compte des contraintes telles que les dates des concours d’admission aux établissements et instituts supérieurs nationaux et internationaux.
La deuxième mesure vise à adapter les programmes d’études de tous les niveaux en rationalisant les heures prévues et en qualifiant les contenus pédagogiques pour cibler les compétences clés. Concernant l’enseignement primaire, l’accent sera mis sur l’atteinte des compétences fondamentales.
Pour le cycle secondaire, des initiatives seront entreprises pour réduire la durée de certaines unités d’enseignement, intégrer des unités cognitives, rationaliser les cours d’évaluation et introduire des cours pratiques méthodologiques. Ces ajustements visent à exploiter efficacement les cours pratiques, à optimiser le temps d’apprentissage et à renforcer les compétences acquises.
La troisième initiative renforce le dispositif de soutien pédagogique. Les enseignants auront la possibilité d’offrir des cours de soutien pendant les vacances et les week-ends. La quatrième mesure englobe la révision de la planification des examens nationaux et des évaluations continues.
En outre, les dates des examens ont été décalées d’une semaine, avec une révision du nombre d’évaluations continues. La cinquième initiative se concentre sur l’efficacité pédagogique en octroyant aux équipes pédagogiques locales les autorisations nécessaires pour adopter une politique adaptée, tenant compte des spécificités et critères pédagogiques de chaque établissement.
Le 10/01/2024
Source web par : leseco
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vendredi 12 janvier 2024
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