Le projet de loi-cadre relatif à l'éducation dépasse son blocage S’achemine-t-on vers la tenue d’une session extraordinaire du Parlement ?
Après des négociations marathon tenues jusqu’à une heure tardive de lundi en présence du président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, et du ministre de l’Education nationale, Said Amzazi, les groupes parlementaires à ladite Chambre sont parvenus à un consensus à propos du projet de loi-cadre relatif au système d'éducation, de formation et de recherche scientifique qui s’inscrit dans le cadre de la Vision stratégique de la réforme 2015-2030.
Ce projet a été bloqué notamment par le groupe parlementaire du PJD qui s’opposait, entre autres, à l’enseignement des matières scientifiques et techniques dans des langues étrangères. Et ce même si ce projet de loi a été soumis au Parlement par le chef du gouvernement qui est en même temps secrétaire général du PJD. Le compromis de ce lundi a néanmoins permis de débloquer la situation. Selon des sources contactées par Libé, l’on s’acheminerait désormais vers une session extraordinaire du Parlement probablement au cours de la semaine prochaine.
Selon l’article 66 de la Constitution, le Parlement peut, en effet, être réuni en session extraordinaire, soit par décret, soit à la demande du tiers des membres de la Chambre des représentants ou de la majorité de ceux de la Chambre des conseillers. Les sessions extraordinaires du Parlement se tiennent sur la base d’un ordre du jour déterminé et lorsque ce dernier est épuisé, la session est close par décret.
Il convient de rappeler que la question des langues d’enseignement dans les écoles publiques a suscité un débat politique entre les partis politiques. Et bien évidemment l’USFP et son Groupe parlementaire à la Chambre des représentants avaient soutenu mordicus l’enseignement des matières scientifiques et techniques dans des langues étrangères, tout en plaidant pour le renforcement du statut des deux langues nationales que sont l’arabe et l’amazigh.
Intervenant récemment lors de l’Université populaire sur «La démocratie linguistique et culturelle au Maroc», le Premier secrétaire du parti de la Rose, Driss Lachguar, a mis en avant le fait qu’il ne peut y avoir de justice sociale sans justice linguistique.
"Nous devons aujourd’hui savoir que la justice linguistique est une porte d’entrée essentielle à la justice sociale et que nous devons travailler dans ce sens dans l’intérêt de l’ensemble du peuple marocain", a-t-il ajouté, affirmant qu’«il est impensable de donner à une minorité chanceuse l’accès à des connaissances avancées et aux langues étrangères et de confiner la majorité de la population dans un enseignement traditionnel non ouvert aux langues étrangères. L'élimination des disparités sociales et l'établissement d'un modèle de développement juste et équitable passent par l'égalité des chances en matière d’éducation et l’acquisition par tous des mêmes outils de connaissance et des outils de la pensée rationnelle et critique, de la même manière et en même temps».
Le 29/03/2019
Source web : libération
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samedi 30 mars 2019
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