Impôts: les limites du système fiscal
La fiscalité marocaine a de quoi faire tourner le tête. La multiplicité des mesures fiscales déstabilise les opérateurs. De plus, les recettes du Trésor se concentrent sur un petit nombre de contributeurs. Ce qui renforce le sentiment d'iniquité fiscale.
Ce n’est plus un secret. «80% des ressources de l’Etat sont aujourd’hui assurés par l’impôt», affirme L’Economiste dans son édition du jour. Le journal estime que «le système actuel a atteint ses limites». Il est donc grand temps de «lutter contre l’évasion et la fraude fiscale, mais aussi contre les inégalités générées par le modèle de développement et la fiscalité, notamment les dépenses fiscales, les exonérations, les réductions…».
Si l’essentiel des impôts (IS et TVA) est devenu déclaratif, d’autres, particulièrement l’IR sur salaire ou les prélèvements sur les placements financiers, sont soumis à la retenue à la source, toujours sur une base déclarative par les organismes collecteurs tels que les employeurs, les banques…». Or, il est évident qu’une grande partie des contribuables continue de faire preuve d’un manque de civisme fiscal, ce qui alimente le climat de suspicion qui existe avec l’administration.
Sur un autre registre, le quotidien remarque que le dispositif des dérogations, des dépenses fiscales et des niches qui peuvent servir de levier pour inciter à l’investissement vers des secteurs comme le logement social, l’offshoring, l’industrie, est «assimilé à des rentes coûteuses» qui n’ont pas véritablement donné leurs fruits et «contribuent à instituer un sentiment d’injustice fiscale, accroître les inégalités et à altérer la cohésion sociale». Elles peuvent même être totalement improductives, voire avoir l’effet inverse de l’objectif de départ.
L’instabilité du régime fiscal marocain est également une faiblesse. «20 à 50 mesures sont instituées chaque année à la faveur des lois de Finances pour soutenir la politique du gouvernement ou pour répondre aux besoins d’un secteur donné ou d’une catégorie sociale donnée». Ce qui est à l’origine d’une «instabilité fiscale pour les opérateurs économiques qui génère un risque majeur de perte de lisibilité» faute d’une programmation stratégique».
L’Economiste constate aussi une hausse de près d’un demi-point de la pression fiscale entre 2015 et 2017 à 21,15%, alors que «la marge d’amélioration du système fiscal demeure large». Il faudra une «simplification des procédures et une meilleure perception de l’impôt». C’est ce qui est en train de se faire avec l’élargissement de l’assiette pour «réduire la pression fiscale et atténuer le sentiment d’injustice fiscale». Ceci dit, «pour la majorité des contribuables, le poids de l’impôt demeure lourd parce que la fiscalité est le principal pourvoyeur de recettes à l’Etat».
Le 09/04/2019
Source web Par Le 360
Les tags en relation
Les articles en relation
OCP récupère ses 20 milliards de dirhams de crédits TVA
Paiement des arriérés des remboursements relatifs à la TVA C’est officiel, l’Office chérifien des phosphates (OCP) va finalement récupérer les 20 m...
Exclusif - Tourisme: Fettah Alaoui trace les priorités de la relance
La ministre de tutelle exposera sa copie aujourd’hui au CVE Déconfinement, impôts, lutte contre l’informel… le mode opératoire «Nous devons jure...
La baisse d'impôts reste insuffisante pour relancer l’économie
Dans son édition du 26 avril, L’Économiste estime que, même si la réforme fiscale proposée par les entreprises est adoptée en l’état, cela ne relance...
Gouvernement Akhannouch : vote de confiance accordé, place au travail !
Après une longue journée passée entre les deux chambres du Parlement, Aziz Akhannouch a pu obtenir ce mercredi soir le vote de confiance des élus de la 1re ...
Hôtellerie: les touristes de retour, mais pour moins longtemps
Malgré la hausse du nombre d’arrivées cet été, les touristes n’ont séjourné que très peu de temps sur le territoire national. La moyenne aura été d...
Chute des prix des moutons après l’appel Royal pour l’Aïd
L’appel du Roi à s’abstenir d’accomplir le sacrifice de l’Aïd Al-Adha cette année a eu un impact immédiat sur le marché des ovins. Dans plusieurs s...
TVA : activation de l'assainissement des arriérés
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a annoncé, jeudi à Rabat, l’activation de l’engagement du gouvernement visant à assainir les arriérés des cr�...
Investissement budgétaire : la délicate question des financements innovants
Les syndicats et les chefs d’entreprises veulent que le gouvernement se rattrape dans la Loi de finances 2020 des “oublis” de celle de 2019. Face aux beso...
#MAROC_Relance_du_tourisme : Cap sur l’action fiscale
Delon M. Fakir, la solution serait de mettre en place une provision qui permettrait de supporter une partie du fardeau financier des entreprises, notamment de l...
Aziz Akhannouch : Des mesures audacieuses pour soutenir le pouvoir d'achat des Marocains malgré les
Lors de la Rencontre nationale des administrateurs et cadres administratifs du RNI, organisée ce dimanche à Casablanca, Aziz Akhannouch, chef du gouvernement ...
Coût social de la crise, le patronat a sa petite idée sur qui devra trinquer
Absence de visibilité et confiance sérieusement entamée, voici les signes sous lesquels se profile la rentrée économique 2020-2021 pour les entreprises. Lo...
Une bouée de sauvetage «trouée» au secteur touristique?
Pour tenter d’aider le secteur, la Confédération nationale du tourisme (CNT) vient de soumettre de nouvelles propositions au gouvernement. Des opérateurs t...


jeudi 11 avril 2019
0 
















Découvrir notre région