Édition 2018 des statistiques sur la dette internationale : les prêts bilatéraux des BRIC aux pays à faible revenu ont doublé en 2016, pour atteindre 84 milliards de dollars
L’édition 2018 des statistiques sur la dette internationale (IDS) (a) vient d’être publiée. Elle fournit des statistiques et des analyses sur la dette extérieure et les flux financiers de toutes les économies du monde en 2016. Cette publication comprend plus de 200 indicateurs couvrant la période 1970-2016 pour la plupart des pays qui participent au système de notification de la dette de la Banque mondiale. Pour accéder au rapport et aux produits qui l’accompagnent :
Cette nouvelle édition des IDS paraît moins de 10 mois seulement après la fin de la période de collecte des données pour l’année 2016 : c’est donc en un temps record que l’équipe du rapport a mis à la disposition du public des statistiques actualisées et exhaustives sur la dette. Outre les données disponibles en ligne sous des formats multiples, le rapport IDS comprend une analyse synthétique de la situation de la dette dans le monde, qui sera développée dans une série de bulletins dans l’année qui vient.
Pourquoi surveiller et analyser la dette ?
Le rapport IDS a pour objectif fondamental de mesurer les stocks (encours) et les flux de la dette des pays à revenu faible et intermédiaire, c’est-à-dire les capitaux empruntés auprès de créanciers étrangers. Sommairement, les stocks de dette correspondent aux paiements dus à des créanciers étrangers (capital et/ou intérêts) ; les flux correspondent quant à eux aux emprunts nouveaux et aux remboursements.
Ces données, qui sont produites par la Banque mondiale dans le cadre plus général de ses activités de suivi de la solvabilité de ses pays clients, sont largement utilisées en dehors de l’institution à des fins analytiques et opérationnelles. De fait, l’existence de crises de la dette à répétition, dont notamment la crise financière mondiale de 2008, vient souligner la nécessité de ces travaux de mesure et de suivi des dettes extérieures, ainsi que l’importance d’une gestion durable de l’endettement.
Nous retiendrons trois faits saillants de l’édition 2018 du rapport IDS :
Les pays à revenu faible et intermédiaire ont globalement connu une hausse des entrées nettes de capitaux, à l’exception des pays IDA
En 2016, les flux nets de capitaux vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont grimpé à 773 milliards de dollars, ce qui correspond à un montant trois fois supérieur à celui de 2015, mais qui reste inférieur aux niveaux enregistrés entre 2012 et 2014.?
Cette tendance ne s’applique pas toutefois aux pays les plus pauvres du monde : au sein des pays qui peuvent bénéficier de l’aide de l’IDA, ces flux ont chuté de 34 %, à 17,6 milliards de dollars (soit leur plus bas niveau depuis 2011), sous l’effet de la baisse des flux de capitaux provenant des créanciers bilatéraux et privés.
La plupart des pays exclusivement IDA demeurent fortement tributaires des sources de financement publiques et concessionnelles. Mais les émissions obligataires et d’autres sources de financement privées avaient commencé ces dernières années à représenter une part de plus en importante des entrées de capitaux dans ces pays. Or, cette tendance a subi un coup d’arrêt en 2016, quand le resserrement des marchés et la rétrogradation des notes de crédit ont eu pour effet de rétrécir l’accès aux marchés financiers et de dissuader les banques commerciales de prêter des fonds.
Résultat : les flux nets provenant des créanciers privés se sont effondrés à 1,7 milliard de dollars en 2016, contre 7,7 milliards en 2015. Cette chute a en outre été aggravée par la baisse de 24 % des flux en provenance des créanciers bilatéraux, mais ce recul pourrait n’être que temporaire compte tenu de la progression des nouveaux engagements de prêt bilatéraux.
Les prêts bilatéraux ont doublé en grande partie grâce aux BRIC, et notamment à la Chine
Les nouveaux engagements de prêt bilatéraux en faveur des pays à revenu faible et intermédiaire ont plus que doublé en 2016, pour atteindre 84 milliards de dollars. Cette forte hausse a été largement portée par les financements en provenance d’autres pays à revenu faible ou intermédiaire, à savoir principalement les BRIC, et, parmi eux, notamment la Chine, dont le projet des « nouvelles routes de la soie » (One Belt, One Road) vise à bâtir un corridor commercial international intégré reliant plus de 60 pays dans le monde.
Les investissements directs étrangers sont tombés à leur plus bas niveau depuis huit ans
Parmi les flux financiers extérieurs en direction des pays à revenu faible et intermédiaire, les investissements directs étrangers (IDE) constituent traditionnellement la source de financement la plus importante et la moins volatile. Or, l’année 2016 a montré que les IDE ne sont pas à l’abri des effets d’une conjoncture économique mondiale défavorable : les flux d’investissement direct étranger vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont fléchi de 10 %, pour ressortir à 481 milliards de dollars, soit leur niveau le plus bas depuis 2009.
Les raisons de ce déclin ont été abondamment commentées : fragilité de l’économie mondiale, faiblesse persistante de la demande globale, apathie de la croissance dans certains pays exportateurs de produits de base, et forte baisse des profits des multinationales. Autant de facteurs qui ont pris le pas sur les effets positifs de l’amélioration progressive du cadre régissant l’activité des entreprises dans nombre de pays à revenu faible ou intermédiaire ainsi que de l’essor de leurs marchés intérieurs.
De l’importance de compiler, organiser et publier des statistiques complètes et de qualité sur la dette
Dresser un état des lieux coordonné et complet des encours et des flux de la dette extérieure des pays en développement : c’est encore et toujours l’objectif fondamental du rapport IDS, même si les formats de diffusion des données ont évolué au fil des années. Un large éventail d’utilisateurs exploite ces statistiques : gouvernements des pays en développement, économistes, investisseurs, experts financiers, universitaires et chercheurs, banquiers et, plus largement, acteurs divers du monde du développement.
Le nouveau format, qui comprend un guide pour les utilisateurs, fournit des tableaux globaux qui détaillent notamment la répartition de la dette par type de créancier, les échéances et le ratio de la dette rapportée au RNB, ainsi que les recettes d’exportation pour chaque pays et groupes régionaux ou de revenu.
Nous vous invitons à lire les prochains billets que nous consacrerons aux IDS 2018 dans les prochains mois et à suivre notre actualité sur Twitter @worldbankdata. Si vous avez des questions à propos des IDS ou d’autres produits de notre catalogue, veuillez consulter notre service d’assistance (a).
Le 07 Novembre 2017
Source Web : worldbank
Les tags en relation
Les articles en relation
Thomas Cook : les destinations accusent (vraiment) le coup
La faillite de Thomas Cook n'a pas seulement laissé 22 000 salariés sur le carreau et 600 000 touristes à rapatrier. La disparition soudaine du géant br...
Tata : un hackathon d’innovation numerique pour le developpement durable des oasis
L’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) a organisé, du 15 au 19 juin à Tata, un hackathon dédié à l’i...
Startups innovantes Le nouveau fonds pour les investissements verts arrive
2018 sera marquée par le lancement de «Green Innov Invest», un fonds spécialisé dans les startups innovantes opérant dans les secteurs verts et du dévelo...
MAROC_Energies_Renouvelables_Hydrogène_coopération_Sud_Sud: ... Décryptage de Ali Zerouali
Ali Zerouali, directeur Coopération & Business Développement International à Masen a récemment été nommé en tant qu’expert dans le Groupe de Transition...
Le Maroc, 9ème Bénéficiaire Mondial de Fonds Internationaux pour les Énergies Renouvelables
Un rapport réalisé par cinq institutions internationales révèle que le Maroc est le 9ème bénéficiaire des flux financiers publics internationaux destiné...
La Banque mondiale tire la sonnette d'alarme
La capacité du Maroc à générer une croissance plus forte, durable et solidaire inquiète la Banque mondiale, affirme Aujourd'hui le Maroc qui, dans son ...
Tanger Med classé sixième port le plus efficace au monde, selon la Banque mondiale
Tanger Med, vue générale. A 40 km à l'Est de Tanger sur le détroit de Gibraltar, le plus grand port d'Afrique est à 14 km de l'Espagne, et se t...
Les transferts des MRE en hausse de plus de 8%
Le repli des IDE est atténué par un net accroissement du rythme d’évolution des recettes touristiques et des transferts des Marocains résidents à l’ét...
Tourisme au Maroc : Objectif de 17 millions de visiteurs d’ici fin 2024 grâce à une stratégie d
Alors que la fin de l’année approche, cette période, considérée comme la deuxième haute saison après l’été, offre une opportunité clé pour renforc...
Energies renouvelables : le Maroc vise 3,9% de croissance en 2026
La stratégie du Maroc en matière d’énergies renouvelables devrait jouer un rôle central dans la croissance économique du pays en 2026, selon le rapport �...
La Révolte du Pain : Un Soulèvement Populaire Marquant l'Histoire du Maroc
Le 20 juin 1981, connu comme la «Révolte du pain», demeure une date sombre dans l’histoire contemporaine du Maroc. Cet événement tragique reflète la pro...
Exposition. «Saladi, l’Alchimiste» au Musée du Patrimoine immatériel de Jamaâ El-Fna
Après des travaux de consolidation réalisés en un temps record, le Musée du patrimoine immatériel de Jamaâ El-Fna rouvre ses portes à partir de ce dimanc...


samedi 11 novembre 2017
0 















Découvrir notre région