Saisie des biens de l'Etat: le PAM menace de recourir à la cour constitutionnelle
Le groupe parlementaire PAM à la seconde chambre menace de recourir à la Cour constitutionnelle si la majorité ne retire pas l'article 8 bis du projet de loi de finances, relatif à la saisie des biens de l'État. Le gouvernement, de son côté, semble déterminé à maintenir le texte.
Le groupe parlementaire du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) est décidé à bloquer le fameux article 8 bis du projet de loi des finances (PLF) 2017. Cet amendement, apporté par les groupes parlementaires de la majorité, interdit la saisie des comptes et des biens de l’État dans le cadre d’exécution de jugements définitifs. "Nous serons dans l’obligation de saisir la Cour constitutionnelle si la majorité ne retire par l’amendement", nous déclare Aziz Benazzouz, président du groupe parlementaire du PAM quelques minutes avant d’entamer une réunion au sein de la commission dédiée à la discussion de cet article polémique.
Anticonstitutionnel
Le parti au tracteur estime que l'article 8 bis est anticonstitutionnel. Il s’appuie notamment sur l’article 126 de la Loi fondamentale en vertu duquel "les jugements définitifs s’imposent à tous. Les autorités publiques doivent apporter l’assistance nécessaire lorsque celle-ci est requise pendant le procès. Elles sont également tenues de prêter leur assistance à l’exécution des jugements".
Pour Mohamed Boussaid, ministre de l'Économie, "personne ne peut juger un texte de loi anticonstitutionnel à part la Cour constitutionnelle. C’est à elle, et à elle seule de trancher". En d’autres termes, le gouvernement n’est pas près de retirer ou de modifier cet article qui, comme le rappelle Boussaïd, a déjà fait l’objet de grands débats lors de la discussion du projet de loi des finances pour l’année 2016.
Recadrer le débat
L'amendement avait été proposé par le gouvernement et avait été finalement retiré pour être peaufiné avant d'être introduit une nouvelle fois par la majorité. Pour le ministre des Finances, il faut recadrer le débat. "Il ne s’agit nullement d’entraver l’exécution des décisions de justice, mais d’assurer la continuité de l’État à travers l’insaisissabilité de son compte du trésor et de ses biens", affirme Boussaid.
"En théorie, l’exécution des jugements définitifs doit se faire par l’ordonnateur, ministère, commune, ou autre entité publics… mais dans la pratique, les détenteurs de décisions de justice se retournent tous vers le comptable public pour l’exécution", nous explique Noureddine Bensouda, trésorier général du Royaume. "Il faut que l’ordonnateur paie sa dette dans les deux mois, et s’il n’a pas suffisamment de crédit il doit opérer des virements ou demander des rallonges budgétaires", poursuit-il.
Equilibre en droit privé et droit public
Pour le gouvernement et sa majorité parlementaire, les dispositions du droit privé se confrontent à celles du droit public dans le traitement des décisions de justice définitives contre l’État. "Il y a un équilibre à trouver entre les deux de telle sorte à ce que 34 millions de Marocains ne soient pas pénalisés par le paiement exigé par un individu. Le but de cet article est que l’ayant droit soit payé tout en permettant à l’État d'assurer la continuité de son service public", précise Noureddine Bensouda.
À fin avril 2017, le montant des saisies exécutoires visant l'État a atteint les 2,46 milliards de dirhams. Le trésorier général du royaume affirme à Telquel.ma que 817 millions de dirhams ont été réglés directement par les ordonnateurs comme le ministère de l'Équipement et des Transports. "Mais il y a quand même 1,3 milliard de dirhams qui n'ont pas été exécutés par leurs ordonnateurs. Cette somme a fait l'objet d'une saisie du compte du trésor que nous avons réglée pour le compte de ces ordonnateurs", ajoute Bensouda. Pour le trésorier général du Royaume, la saisie directe du compte de l’État au niveau de Bank al Maghrib est "le moyen le plus efficace qu'aient trouvé les gens qui ont des décisions de justice pour se faire payer car, en tant qu’État de droit, nous exécutons toutes les saisies".
Le 22 Mai 2017
SOURCE WEB Par Telquel
Les tags en relation
Les articles en relation
Cession de la Samir à l'Etat: ce que contient la proposition de loi
Elaboré par les experts de l'association et parrainé par l’USFP, le texte a été converti en proposition de loi déposée par le groupe socialiste à l...
Réforme du Code pénal: Abdelilah Benkirane et Abdellatif Ouahbi à couteaux tirés sur la question
En cours de finalisation par le département d’Abdellatif Ouahbi, la réforme du Code pénal devrait aboutir à une décriminalisation des relations sexuelles...
Don de 100 millions de dollars du Fonds saoudien en appui au financement des PME au Maroc
Le Maroc et le Fonds saoudien pour le développement (FSD) ont signé mardi à Rabat, un mémorandum d'entente portant sur l'octroi par le fonds saoudie...
ALERTE TSGJB Elections legislatives 2026 : Fouzi Lekjaa rejoint le PAM a Berkane
Selon des sources concordantes, Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), devrai...
Croissance : Boussaid table sur une évolution au 2e semestre
Le taux de croissance devrait s’établir à 4,6% cette année contre 1,2% l’année dernière, a indiqué Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des F...
Mohamed Boussaïd reconnaît cinq "limites" au modèle économique marocain
Le ministre de l'Économie et des Finances, Mohamed Boussaïd, intervenait lors de la conférence-débat organisée par le Mouvement Damir le 27 octobre. Il...
La réponse hautaine de Boussaïd à l’appel au boycott de certaines marques
Alors qu’une campagne de boycott est menée depuis le 20 avril sur les réseaux sociaux visant particulièrement les marques Sidi Ali (Eaux minérales d’Oul...
Boussaid. "Nous n’avons ni pétrole, ni gaz, seulement des impôts"
"Je vais vous expliquer le budget d’une manière simple: les recettes sont évaluatives, mais de manière générale, nous savons ce que nous allons percevoir...
Tourisme. Les contrats progrès seront opérationnels en septembre prochain
Ce mécanisme permettra à la Confédération nationale du tourisme et à la Fédération nationale de l’industrie hôtelière de recevoir une aide publique, ...
Intérêts moratoires: Ce qui va changer
Exigibles après un délai de 60 jours au lieu de 90 Le texte en vigueur à partir du 1er janvier 2018 Source: Projet de décret relatif aux délais de pa...
Créances de la CNSS : De nouveaux délais pour bénéficier des remises gracieuses
Conformément aux décisions du Conseil d’Administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale tenu le 5 janvier 2022 et aux décisions de la Ministre ...
Les banques islamiques verront le jour avant fin 2016 (Boussaid)
Les banques islamiques, appelées aussi banques participatives, verront le jour avant fin 2016, a annoncé, mardi à Rabat, le ministre marocain de l’Economie...


mardi 23 mai 2017
0 















Découvrir notre région