Comment la Suède a formé son opinion sur la question du Sahara
Il y a 18 mois, le Maroc et la Suède étaient à couteaux tirés sur le dossier du Sahara. La mésentente était totale. Vendredi dernier, la Suède a voté la résolution 2351 du Conseil de sécurité sur la prolongation du mandat de la Minurso.
Début 2016, des Marocains manifestaient sur la route des Zaers à Rabat devant l’ambassade de Suède tandis que les autorisations pour l’ouverture du grand magasin Ikéa à Zénata étaient bloquées. Ce temps est loin.
La diplomatie suédoise dès l’émergence de désaccords avec Rabat au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume a chargé son ambassadeur en Tunisie et en Libye de lui fournir un rapport sur le Sahara.
Un rapport que les amis du “polisario“ devraient lire
Celui-ci sera publié dans la seconde moitié du mois de janvier 2016. L’ambassadeur Fredrik Florén y notera notamment que “la question du Sahara occidental bloque notablement la coopération régionale au Maghreb et, par voie de conséquence, la croissance économique de la région“. Derrière le blocage de la croissance économique, il y a bien sûr plus de chômage, plus de difficultés politiques et sociales et plus d’émigration du sud vers le nord, ce que l’Europe veut limiter.
Dans ce rapport, deux éléments montrent l’évolution de la position suédoise pour laquelle, quelques années auparavant, autodétermination pouvait uniquementsignifier indépendance ou séparatisme.
Désormais, est-il écrit dans le rapport sur le Sahara, “la Suède doit continuer à faire valoir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, écrit Fredrik Florén. Il est primordial de continuer à soutenir les efforts de l’ONU qui visent à faciliter l’adoption d’une solution négociée qui permette le respect de ce droit, tout comme il est essentiel de ne pas devancer ces efforts par des décisions bilatérales“. Quelques lignes plus loin, F. Florén ajoute: “Les critères pour la reconnaissance de la RASD ne sont pas réunis“, notant que le nombre de reconnaissance est inférieur à 40 là où l’ONU compte 193 pays-membres.
Dans ces lignes, tout est dit: “autodétermination“ signifie ce qui est choisi, c’est-à-dire, le choix fait par la très grande majorité des Marocains du Sahara de vivre à Laâyoune, Dakhla, Marrakech ou Rabat.
Le terme “autodétermination“ n’est pas, contrairement à ce que certaines analyses veulent faire croire, synonyme “d’indépendance“ L’autodétermination fait partie des choix et des options possibles, et celle-ci peut notamment se concevoir dans le cadre d’institutions régionales avec des prérogatives politiques et une autonomie financière. Le droit international reconnaît l’autonomie comme une forme d’autodétermination.
“Diplomatie pour la paix“
Ici encore, les expressions “efforts de l’ONU“ et “solution négociée“ signifient qu’il faut que la diplomatie agisse de manière déterminante.
Vendredi dernier à l’issue du vote de la résolution 2351 par 15 voix en sa faveur et aucun contre, le représentant de la Suède Carl Skau a salué l’action du Secrétaire général Antonio Guterres comme “une diplomatie pour la paix“. “On ne peut pas considérer le statu quo comme étant une option viable“, note le diplomate suédois.
Quelques semaines après la parution de ce rapport sur le Sahara, le 24 février 2016, la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström faisait une longue déclaration sur la politique étrangère de son pays.
Après avoir notamment rappelé que la diplomatie de son pays était non alignée, solidaire sur le plan international et favorisait l’égalité des genres, elle indique au sujet de l’Afrique du Nord: “Le gouvernement fournit un soutien accru au processus de l’ONU au Sahara, avec l’objectif de trouver une solution juste et mutuellement acceptable au conflit (…)“.
Le vote suédois intervenu vendredi 28 avril au Conseil de sécurité de l’ONU à New York se situe dans la droite ligne du rapport de l’ambassadeur Fredrik Florén de janvier 2016 et des analyses de la ministre Margot Wallström exprimées le mois suivant au parlement suédois.
Dans les explications de vote fournies par l’ambassadeur Carl Skau, celui-ci indique d’entrée que “la Suède a voté en faveur de la résolution de ce jour car elle représente une réelle opportunité de résoudre un des plus longs conflits de l’agenda des Nations unies“. Pour le diplomate, “la résolution envoie un signal d’union fort et clair: le temps est venu de reprendre des négociations qui doivent mener à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable“.
Le 03 Mai 2017
SOURCE WEB Par Médias 24
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jeudi 4 mai 2017
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