Chômage, disparités... les faiblesses de l'économie marocaine selon S&P
En plus des pressions sociales, l’agence de notation estime que l’économie marocaine demeure vulnérable à la volatilité du secteur agricole et de la fluctuation de la demande européenne. Les détails.
L’agence de notation américaine Standard & Poor’s a maintenu la note souveraine du Maroc à BBB-/A-3, avec perspectives stables.
S&P affirme que cette notation est soutenue par la stabilité politique et sociale du pays. Mais elle relève toutefois des éléments qui plombent l’économie marocaine et empêchent une amélioration de sa note.
"La notation demeure limitée par un PIB/habitant inférieur à celui des souverains ayant une note similaire, des besoins sociaux importants, et une dette extérieure relativement élevée", affirme Standard & Poor’s dans un communiqué.
A ce sujet, l’agence de notation américaine évoque la dernière vague de protestations dans la ville d’Al Hoceïma, symptôme de pressions sociales: "Les autorités marocaines devront se concentrer davantage sur la réduction du chômage élevé ainsi que des disparités régionales, et rendre la croissance économique plus inclusive", ajoute S&P.
Croissance: 3,5% en 2017
Contrairement aux pronostics de croissance optimistes émis par les autorités marocaines, qui dépassent les 4% pour 2017, Standard & Poor’s ne s’attend qu’à un taux de 3,5%.
Et malgré cette amélioration comparativement à l'année 2016, l’agence de notation estime que l’économie marocaine demeure vulnérable à la volatilité du secteur agricole et à la fluctuation de la demande européenne.
"Un éventuel ralentissement de la croissance de la zone euro affecterait le commerce, les transferts de fonds et l’investissement direct étranger", indique S&P. L’agence ajoute que les bas prix du pétrole, pour leur part, réduiront les montants des subventions et des IDE des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
L’agence de notation estime que l’économie marocaine demeure également vulnérable aux attaques terroristes potentielles et aux risques géopolitiques et de sécurité accrus dans la région.
A moyen terme, S&P prévoit que la croissance économique se redressera pour atteindre une moyenne 4%.
Elle ajoute qu’une croissance plus forte à moyen terme dépendra des paramètres suivants: que le Maroc renforce sa compétitivité, favorise sa diversification économique et améliore des facteurs tels que la productivité, la flexibilité du marché du travail, ainsi que le système judiciaire.
Perspectives stables
Sur le plan des perspectives, Standard & Poor’s prévoit que la nouvelle coalition gouvernementale continuera à mettre en œuvre son plan d’assainissement budgétaire, qui devrait contribuer à réduire les déficits budgétaires et stabiliser la dette.
Dans ce sillage, l’agence américaine est optimiste et s’attend à ce que le gouvernement atteigne son objectif d’un déficit budgétaire de 3,5% du PIB en 2017. Elle prévoit également que le déficit budgétaire soit ramené à 2,5% en 2020.
Quant au déficit du compte courant, S&P s’attends à ce qu'il reste à environ 3,7% du PIB sur la période 2017-2020: "Cela reflète nos projections pour l’augmentation des exportations des industries nouvelles développées (automobile, aéronautique), et des importations plus faibles d’énergie et d’aliments, associées à de solides transferts de fonds; ce qui compensera l’impact de l’augmentation des importations de biens d’équipement", indique l’agence.
S&P affirme dans ce sens que les voitures sont devenues le principal produit d’exportation du pays, avec environ 5% du PIB en 2016. Elles détrônent ainsi les phosphates et dérivés, dont les exportations représentent 4% du PIB.
Par ailleurs, Standard & Poor’s affirme qu’elle pourra améliorer la notation du Maroc si la croissance économique devient plus élevée, et permet de réduire le taux de chômage et d’améliorer de façon significative le PIB/habitant au-delà de ses attentes actuelles; que la transition vers la flexibilité du Dirham et le ciblage d’inflation est implémentée avec succès, et que des progrès supplémentaires au niveau du développement institutionnel et la nouvelle politique de décentralisation sont atteints.
Le 12 Avril 2017
SOURCE WEB Par Médias 24
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jeudi 13 avril 2017
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