Accord surprise de l'Opep: une victoire pour l'Arabie saoudite?
L'organisation des pays exportateurs de pétrole est parvenue à un accord à Vienne pour réduire la production de 1,2 million de barils par jour. Un résultat qui semble très favorable à l'Arabie saoudite.
Le ministre de l'Energie saoudien Khaled al-Faleh le 30 novembre 2016 à Vienne
Mission accomplie pour l'Opep. Le cartel a annoncé mercredi 30 novembre à Vienne être parvenu à un accord pour réduire sa production de 1,2 million de barils par jour à 32,5 millions. L'organisation pétrolière a donc entériné dans la capitale autrichienne ce qui avait été dessiné il y a deux mois à Alger. C'est la première fois depuis 2008 que les 14 membres du cartel parviennent à s'accorder pour limiter leur production, défiant ainsi le pessimisme de nombreux observateurs. Quant aux marchés qui avaient plongé de 7% en avril après la dernière réunion Opep qui s'était soldée par un fiasco à Doha, ils ont salué cet accord. Le baril de brent, référence européenne, prend près de 8% et passe la barre des 50 dollars. Quant au WTI, référence américaine, il gagne 9% au plus haut depuis un mois.
Dans le détail, l'Arabie saoudite est le pays qui contribue le plus à cet effort avec une réduction de sa production de 486.000 barils par jour. A cela il faut ajouter une baisse de 300.000 barils concédée par trois pays : les Émirats arabes Unis, le Koweït et le Qatar. L'Irak qui faisait partie avec l'Iran des pays les plus réfractaires à cet effort a finalement lâché du lest et accepté une baisse de 210.000 barils. Et Téhéran a aussi fait des concessions. Les Iraniens ont certes obtenu de pouvoir augmenter leur production de 90.000 barils à 3,7 millions mais c'est bien moins que les 200.000 barils en plus qu'ils espéraient. A cet accord qui sera effectif le 1er janvier 2017, il faut ajouter l'engagement de la Russie de réduire de 300.000 barils par jour sa production.
"Les Saoudiens ont réussi leur coup"
"C'est un accord qui est plutôt une surprise compte tenu des déclarations des uns et des autres ces derniers jours, estime Benjamin Louvet, spécialiste des matières premières chez OFI Asset Management. Mais c'est un accord favorable à l'Arabie saoudite. Les Saoudiens ont réussi leur coup. Ils ne voulaient pas assumer cet effort tout seul, ils y sont parvenus. Ils ne voulaient pas que l'Iran augmente sa production de 200.000 barils, ce ne sera pas le cas. Et cet accord ne va pas beaucoup faire grimper les prix, ce qui profiterait aux producteurs américains de schiste que l'Arabie saoudite veut étouffer". A cela il faut ajouter une baisse assez indolore pour le royaume wahhabite qui traditionnellement à cette période de l'année diminue sa production d'au moins 300.000 barils pour des raisons climatiques.
Mais cet accord présente toutefois certaines zones d'ombre. Pour qu'il soit valide, l'Opep a demandé avant la réunion aux membres non Opep une réduction de 600.000 barils par jour. La Russie a accepté de faire un effort pour la moitié. Mais l'Opep n'a pas dit sur quels pays allaient se répartir l'autre moitié. "On va y arriver" a simplement commenté le ministre qatari de l'Energie Mohammed Saleh al-Sada, qui préside la conférence de l'Opep, à l'issue de la réunion. L'Azerbaïdjan et le Kazakhstan devraient toutefois être mis à contribution.
Quel impact sur les prix?
Mohammed Saleh al-Sada a également annoncé qu'un comité de surveillance présidé par le Koweït, le Venezuela et l'Algérie allait veiller au respect de ces quotas. Mais que se passera-t-il s'ils ne sont pas respectés? "C'est une vraie interrogation, appuie Benjamin Louvet. Très rarement les accords de l'Opep ont été respectés. Les gros producteurs comme l'Arabie saoudite, le Koweït ou dans une moindre mesure l'Algérie, se sont très souvent affranchis des plafonds qu'ils avaient approuvés".
Quant au prix du baril qui est tombé de 114 dollars en juin 2014 à 27 dollars mi-janvier 2016 et qui oscille depuis plusieurs semaines entre 45 et 50 dollars, son évolution sera scrutée avec attention. Dans une note publiée mardi, Morgan Stanley estimait que les prix oscilleront entre 40 dollars et 55 dollars durant une bonne partie de 2017. Goldman Sachs prévoit de son côté un prix moyen de 45 dollars jusqu’à l’été.
Le 30 Novembre 2016
SOURCE WEB Par Challenges
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jeudi 1 décembre 2016
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