La dédollarisation est inévitable alors que les BRICS contrôlent le marché pétrolier
Investing.com – Marquant un tournant historique, les BRICS ont décidé le mois dernier lors d’un sommet en Afrique du Sud une expansion du bloc à d’autres pays.
En plus des membres actuels que sont le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, 6 autres pays rejoindront l’organisation au mois de janvier 2024. Il s’agit de l'Arabie saoudite, de l'Argentine, de l'Égypte, des Émirats arabes unis, de l'Éthiopie et de l'Iran.
"La dédollarisation du système financier international est inévitable"
Or, cette expansion des BRICS pourrait selon de nombreux économistes bouleverser l’ordre mondial, en remettant en question la domination du Dollar sur l’économie mondiale et les échanges internationaux.
Dans un entretien accordé à Epoch Times, l’économiste William Gumede, président exécutif de la Democracy Works Foundation en Afrique du Sud, et étudie les effets potentiels de la dédollarisation depuis 2014, a partagé ce point de vue, déclarant que "l'expansion des BRICS a clairement montré que la dédollarisation du système financier international est inévitable".
Il a en effet estimé que l'expansion rapide et inattendue des BRICS augmenterait la part du bloc dans l'économie mondiale beaucoup plus rapidement que les prévisions antérieures.
"Un élargissement des BRICS signifiera que le monde utilisera de moins en moins le dollar américain", a-t-il déclaré.
Il a ainsi estimé que l'alliance élargie des BRICS finira par rivaliser avec les grandes économies industrielles du G7 qui représente collectivement 16 % de la population mondiale et représentent 62 % de l'économie mondiale.
À titre de comparaison, les BRICS élargis devraient représenter 46% de la population mondiale et 37% du PIB mondiale selon le président brésilien Lula da Silva.
Les BRICS contrôlent désormais l'approvisionnement énergétique mondial
Mais surtout, l'élargissement des BRICS intègre certains des plus grands producteurs de pétrole de la planète. En plus de la Russie, qui est le 3? producteur mondial et le 1er exportateur, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Égypte rejoindront le bloc.
Par ailleurs, il est prévu que le Nigeria, autre grand exportateur de pétrole, rejoindra le groupe lors de son prochain élargissement, que certains prévoient pour le prochain sommet qui se tiendra en Russie en 2024.
"Les BRICS vont dominer l'approvisionnement énergétique mondial", a déclaré Gumede, soulignant que "la force du dollar américain repose également en partie sur le fait que cette devise est à la base du commerce du pétrole - ce que l'on appelle le pétrodollar - et que les membres de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) règlent leurs comptes en dollars américains".
"Par conséquent, l'élargissement des BRICS aux producteurs de pétrole et leur persuasion d'utiliser une nouvelle monnaie des BRICS, plutôt que le dollar américain, pour régler leurs comptes, changera la donne" a-t-il estimé, prévoyant que "cela devrait accélérer la dédollarisation du monde".
D’ailleurs, de nombreux observateurs bien avisés estiment que c’est ce qui a motivé l'inclusion de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis dans le groupe élargi des BRICS.
La dédollarisation devient plus probable alors que la Russie prend la tête des BRICS, mais du chemin reste à faire
Or, cet élargissement arrive alors que la Russie s’apprête à prendre la tête des BRICS l’année prochaine, ce qui rend encore plus probable une poussée de plus en plus insistante vers la dédollarisation. En effet, la Russie, frappée de toutes sortes de sanctions financières suite à son invasion de l’Ukraine, est sans aucun doute le pays qui a le plus à y gagner.
C’est d’ailleurs Vladimir Poutine qui a été le premier président évoquer la dédollarisation et l'abandon d'un ordre mondial dirigé par l'Occident au profit d'une nouvelle ère de relations multipolaires plus incertaines et plus fluides.
Cependant, il est malgré tout important de souligner que la dédollarisation ne pourra être qu’un processus lent. Comme l’ont souligné plusieurs économistes, commercer dans les monnaies nationales n’a de sens que si la balance commerciale entre les pays concernés est plus ou moins égale, et c’est rarement le cas entre les pays des BRICS.
Par ailleurs, les échanges commerciaux entre les pays des BRICS semblent trop faibles pour soutenir la création d’une monnaie commune. Quant à la possibilité que le Yuan remplace le dollar, les économistes estiment que la monnaie chinoise n’est pas suffisamment convertible et qu’il manquait de marchés de capitaux profonds, de transparence du marché, de banques centrales indépendantes et d'institutions financières.
Le 01/09/2023
Source web par : investing
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samedi 2 septembre 2023
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