Contrôle technique L’appel à concurrence boudé
Le taux de remplissage de certains centres de visite technique ne dépasse pas 20%. Ce qui rend l’investissement peu rentable. D’où des risques de contrôle de complaisance (Ph. Jarfi)
Un appel à concurrence qui fera chou blanc? C’est aujourd’hui, mardi 9 août, que le ministère du Transport rendra publics les résultats des dossiers administratifs relatifs à l’appel à concurrence pour l’ouverture de nouveaux centres de contrôle technique.
Un marché controversé, qui a suscité un tollé général au sein de la profession. Celle-ci a transmis au chef du gouvernement un courrier resté lettre morte (voir L’Économiste du 9 août 2016). Le même jour, le ministère de tutelle procédera à l’ouverture des dossiers techniques. Une étape qui devrait durer environ un mois tout au plus.
L’appel à concurrence concerne l’ouverture de 192 nouveaux centres de visite technique, qui viendront s’ajouter aux 391 déjà en exploitation ou en cours d’installation. Selon nos informations, le ministère du Transport aurait reçu à peine quelque 249 dossiers. «Nous avons constaté que sur les 192 localités prévues, seules 74 sont couvertes par les dossiers déposés auprès du ministère, tandis qu’aucun résultat n’a été enregistré dans 118 municipalités», affirme le propriétaire d’un centre de contrôle technique. Il s’agit essentiellement de petites municipalités, telles que Tahannaout, Asni, Ourika, Touama…, ne possédant pas un grand potentiel économique ni un parc automobile pouvant justifier l’ouverture d’un centre de visite technique. En revanche, l’on se dispute les grands pôles urbains tels que Casablanca, Kénitra, Marrakech…, où parfois neuf dossiers sont déposés pour l’ouverture d’un ou deux centres à peine. L’on constate également que les opérateurs ne se bousculent pas dans certaines villes puisque dans 31 localités sur les 74 couvertes par des candidatures, l’on compte à peine un concurrent. Seules 43 localités comptent au moins deux candidats. Ce qui veut dire que l’appel à concurrence ne suscite pas l’engouement des investisseurs. Les raisons sont multiples. Pour ouvrir un centre de visite technique, il faut compter entre 2 et 5 millions de DH selon la localité. Dans tous les cas, c’est le foncier qui représente l’essentiel de l’investissement. Depuis la multiplication des ouvertures de centres de visite technique, le business s’est considérablement rétréci dans certaines régions.
Les chiffres transmis par la profession au ministère de tutelle indiquent que le taux d’occupation moyen des centres de visite technique en 2015 a atteint 61% pour une capacité nationale de 3,89 millions d’opérations de contrôle. Mais si l’on ajoute les 89 nouveaux centres autorisés et qui sont en cours de construction, le taux d’occupation aurait été de 46,17%. Avec l’ouverture de 192 nouveaux points de service, les professionnels s’attendent à ce qu’il baisse à 41%. Une perspective pas très rassurante pour les opérateurs.
Le 09 Août 2016
SOURCE WEB Par L’économiste
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jeudi 11 août 2016
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