Le Maroc veut étendre les conventions fiscales à 36 pays africains
Excellente nouvelle pour les entreprises marocaines qui s'intéressent au continent africain. Avec le soutien du inistère des Affaires étrangères, la Direction générale des impôts (DGI) lance un plan d'action ciblant de nombreux pays africains pour des conventions fiscales, notamment de non-double imposition. Des freins à l'investissement seront ainsi levés.
Plusieurs barrières fiscales subsistent entre le Royaume et les autres pays du continent, notamment en matière de double imposition et freinent le développement des courants d'affaires et des investissements.
En pénalisant les investisseurs, la double imposition entrave l’expansion des entreprises marocaines en Afrique, qui regorge de gisements de croissance. Une double imposition implique que les personnes physiques ou morales assujetties à l’impôt sont imposées doublement, à la fois dans leur pays de résidence et dans le pays d’investissement, aux taux respectivement prévus dans chacun des deux pays. L’imposition concerne toutes sortes de revenus: salaires, dividendes, intérêts, redevances, etc.
La DGI a fait le point sur l'état des conventions fiscales existantes et sur celles qu'il faudrait élaborer. Médias 24 apprend de sources sûres que la DGI considère désormais le continent africain comme une priorité. Avec le concours du ministère des Affaires étrangères, la DGI a élaboré un plan, avec toutes les actions à entreprendre: accélérer la ratification, signer, élaborer un projet, convaincre d'établir une convention fiscale...
Le Maroc dispose de six conventions fiscales conclues avec la Côte d’ivoire, l’Egypte, la Guinée Conakry, le Gabon, le Sénégal et les pays de l’UMA, portant sur l'élimination de la double imposition entre les pays signataires. Cette élimination est déterminée selon deux cas de figure: soit c’est l’un des deux pays signataires qui impose son impôt de façon exclusive au détriment du pays partenaire ou bien les deux pays se partagent l’imposition en appliquant tous les deux, le cas échéant, des taux réduits.
Ceci dit, l’investissement des entreprises marocaines s’étend au-delà des pays concernés par lesdites conventions. La ventilation géographique des flux des IDE marocains à l’étranger entre 2003 et 2013, présentée dans l’illustration ci-dessous, le démontre bien :
![]() |
A vrai dire, la mise en œuvre d’accords d’élimination de la double imposition avec les autres pays de présence des investissements marocains tarde. En effet, des accords ont été signés avec le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée Bissau, le Mali, l’île Maurice, ainsi que Sao Tomé-et-Principe, mais ils sont toujours en cours de ratification. Ceux du Burkina Faso et du Cameroun traînent depuis 2012.
Outre les conventions signées et en cours de ratification, d’autres ont été seulement paraphées ou sont en cours de négociation. Voici, en détail, l’état des conventions fiscales:
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
En outre, les conventions d’élimination de la double imposition prévoient un échange de renseignement au cas où les revenus ne sont pas déclarés dans un des deux pays signataires, ainsi qu’une procédure amiable pour régler tout différend lié à l’application ou à l’interprétation.
L'Afrique, des régimes commerciaux "protectionnistes"
Les investissements directs marocains en Afrique subsaharienne ont représenté, entre 2003 et 2013, 51% du total des IDE marocains. Entre 2007 et 2012, les flux sortants des IDE du Royaume concernaient surtout le secteur bancaire (52%), suivi des télécoms (32%), des holdings (7%) et de l’industrie (3%).
Le Maroc affiche en effet une réelle volonté d’amplifier la présence de ses opérateurs privés sur le continent. En décembre 2010, il a relevé le montant transférable au titre des investissements à l’étranger à un plafond de 100 MDH pour l’Afrique. D’un autre côté, un fonds de 200 MDH a été créé à cet effet.
Par ailleurs, les relations économiques entre le Maroc et les pays africains sont régies par un cadre juridique comprenant plus de 500 accords de coopération.
Ceci dit, le Fonds monétaire international qualifie les régimes commerciaux en Afrique de régimes "protectionnistes" et "restrictifs". Il cite, à titre d’exemple, la moyenne des droits de douane en Afrique qui atteint 20%, un des taux les plus élevés dans le monde.
Par ailleurs, une étude sur les relations Maroc-Afrique, réalisée par la Direction des études et des prévisions financières du ministère des Finances, note que des problèmes structurels comme la défaillance de l’infrastructure des transports, pénalisent encore l’expansion des relations commerciales entre le Maroc et ses partenaires africains.
En effet, les dispositions des accords bilatéraux préférentiels soumettent l’octroi des avantages fiscaux à la condition du respect de la règle du transport direct. Ainsi, le transit d’un produit en territoire tiers occasionne de facto une rupture de la règle et constitue un motif de soustraction du produit du bénéfice du régime préférentiel. Cette disposition, entre autres, reflète certaines failles qui entourent encore le cadre régissant l’investissement marocain en Afrique subsaharienne.
Le 21 Avril 2016
SOURCE WEB Par Médias 24
Les tags en relation
Les articles en relation
Avis préalable du Fisc en matière d’IR/profit foncier. Le guide tant attendu est là !
Younès Idrissi Kaitouni, directeur général de la DGI Le guide détaillant les étapes à suivre dans la demande de l’avis préalable de l’administrati...
La Ruée vers les Métaux Critiques en Afrique : La Zambie au Centre des Convoitises Internationales
Actuellement, une véritable compétition se déroule en Afrique pour l'exploitation des métaux critiques, avec les grandes firmes mondiales qui se précip...
Conseil de Bank Al Maghrib : Abdellatif Jouahri prévoit au moins 6,2% de croissance en 2021
VERBATIM. Lors du traditionnel point de presse qui suit le conseil, Abdellatif Jouahri s’est livré volontiers, comme à son habitude et avec franc-parler, à...
Gouvernement El Othmani – Quelles études ont fait nos ministres?
Beaucoup de chemins mènent aux plus hauts postes de l’Etat. Zoom sur les études et le parcours de chacun des 19 ministres du gouvernement El Othmani, nommé...
Pourquoi le Maroc a emprunté 500 millions de dollars à l’Arabie Saoudite
Il y a bien eu emprunt saoudien de 500 millions de dollars, accordé le 17 septembre dernier et dont le protocole d’accord a été paraphé, du côté marocai...
Les cartes du « Monde Afrique » : qui a dessiné les frontières de l’Afrique ?
vidéo C’est lors de la conférence de Berlin, du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, que les puissances européennes se sont partagé le continent. La c...
Développement de l'industrie aérienne en Afrique : Royal Air Maroc et ses ambitions face aux défi
L'industrie aérienne en Afrique est en plein essor, portée par une demande croissante de voyages et un développement économique continu sur le continent...
Ces Français qui changent de vie pour le tourisme à l’étranger
Alors que s’ouvre le Salon Mondial du Tourisme de Paris, de nombreux Français témoignent de leur reconversion audacieuse dans le secteur du tourisme à l’...
PLF : Les biens de l’Etat désormais saisissables !
La deuxième Chambre a supprimé l’article 8 bis qui donnait une «immunité» contre les décisions judiciaires L’adoption de cet article par les déput...
Le roi Mohammed VI reprend un autre bastion du Polisario
Le souverain entame au Ghana une nouvelle tournée africaine qui va le conduire dans quatre pays. Le Ghana, dont la position vis-à-vis du Sahara est en train d...
Quel est l'ancien nom de l'Afrique ?
Berceau de l'humanité, l'Afrique est le second continent le plus peuplé après l'Asie. Idem pour sa superficie. Mais quel est l'ancien nom don...
Tournée africaine : Le Roi quitte Lusaka au terme d’une visite officielle en République de Zambi
Le Roi Mohammed VI accompagné du Prince Moulay Ismail, a quitté, jeudi après-midi Lusaka, au terme d’une visite officielle en République de Zambie. A s...


lundi 25 avril 2016
0 




















Découvrir notre région