Ce que prépare Bombardier dans le ferroviaire
Le constructeur se positionne sur les extensions du réseau, notamment sur le matériel roulant
Un contrat de 850 millions de DH déjà acquis dans le projet LGV
Un centre d’ingénierie en développement au Maroc
Taoufiq Boussaid est le président de Bombardier Transport Maroc et vice-président Finance de Bombardier Transport-Europe de l’Ouest, Moyen-Orient et Afrique. Le manager évolue depuis 2007 dans le groupe canadien. Il a auparavant occupé différents postes financiers de premier plan au sein de Bombardier Transport en Europe, Asie et Amérique latine (Ph. Jarfi)
Essentiellement connu pour ses activités aéronautiques au Maroc, Bombardier Transport compte bien diversifier son portefeuille d’activités sur le marché local. C’est la carte ferroviaire qui incarne cette diversification. L’industriel canadien a déjà réussi ses premiers pas sur ce segment avec un marché d’un peu plus de 850 millions de DH décroché il y a un peu plus d’une année, sur le segment de la signalisation, dans le cadre du mégaprojet LGV. Bombardier Transport Maroc veut rester sur ces bons rails est reste à l’affût des prochaines extensions du réseau ferroviaire marocain. Le segment du matériel roulant est l’une de ses priorités. Le groupe n’écarte pas un investissement industriel.
- L’Economiste: Vous avez entamé une réorientation stratégique vers les marchés émergents ces dernières années. Quelles en sont les principales raisons?
- Taoufiq Boussaid: Les marchés traditionnels de Bombardier, qui sont essentiellement occidentaux, sont dans une phase de croissance stagnante. Il nous fallait de nouveaux relais de croissance, de nouveaux territoires, en l’occurrence l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. L’autre facteur est lié au fait que ces régions font face à d’importants défis d’urbanisation et de pression démographique croissante. L’impact direct de nos interventions sur ces marchés est notre capacité à faciliter le déplacement des individus d’une ville à une autre, ou à l’échelle urbaine. C’est à ce niveau que nous essayons d’apporter le maximum de solutions. Cela nécessite évidemment un grand effort d’adaptation aux spécificités locales. Nous faisons preuve d’adaptabilité en termes de solutions techniques.
- Où en êtes-vous dans vos développements en Afrique, plus particulièrement sur le marché marocain?
- Nous avons essentiellement deux grosses bases sur ce continent. La première est en Afrique du Sud, où nous avons développé plusieurs activités. Nous y sommes depuis une dizaine d’années déjà à travers nos trois principaux segments d’activité que sont le service, la signalisation et le matériel roulant. La seconde base est au Maroc. Nous sommes présents sur ce marché depuis 2011, à travers un marché de réhabilitation de trains, qui, à l’origine, ont été fabriqués par un industriel belge qui appartient désormais au groupe Bombardier. Il s’agit des trains navettes de l’ONCF qui opèrent actuellement sur la liaison Casablanca-Rabat. Nous avons aussi remporté, il y a un peu plus d’une année, un important contrat de signalisations d’une valeur de 85 millions d’euros (environ 850 millions de DH). Ce projet rentre dans le cadre du programme LGV. Ce sont là les principaux contrats que nous avons pour le moment sur ce marché. Nous cherchons, maintenant, à nous positionner sur les futurs projets de développement du réseau ferroviaire national, notamment sur le segment du matériel roulant. Sans oublier les projets de mobilité urbaine, sur le segment du tramway, comme les extensions sur Casablanca.
- Concrètement, de quels projets s’agit-il?
- Sur le segment du matériel roulant, nous développons un produit qui est extrêmement modulable, hautement technologique, et d’une durée de vie de plusieurs décennies. Nous comptons proposer ce produit sur le marché marocain. La fourniture du matériel roulant pourrait très bien nous servir de catalyseur pour investir sur le volet industriel. L’objectif, à terme, est de nous associer avec un partenaire local, sous forme d’une joint-venture, et de fournir ces trains à partir du Maroc. Ce partenaire local pourrait apporter beaucoup en termes de connaissance du terrain et des spécificités techniques.
- Vous êtes jusque-là sur la fourniture de services et de solutions…Quand vous sauterez le pas de l’investissement industriel sur ce segment?
- Justement, c’est une partie inhérente à notre stratégie sur ce marché. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’activité de Bombardier a certes une dimension globale, mais a des implications très locales dans ses exécutions. Nous croyons vraiment en notre capacité à développer une industrie ferroviaire au Maroc, dans le cadre plus global d’un cluster ferroviaire régional, qui pourrait ainsi servir sur certains types de solutions pour les marchés africains et même européens. Mais le marché marocain reste notre priorité pour le moment. Il nous faut un fort catalyseur pour investir dans le marché local.
- Vous y avez pour le moment de bons acquis…
- Absolument. Le projet LGV nous a servi de point de départ. Nous disposons déjà d’une base opérationnelle au Maroc. Nous avons aussi commencé à y développer un centre de compétences d’ingénierie en transférant un certain nombre d’activités d’ingénierie au Maroc pour nos contrats européens. Ce transfert a commencé il y a un peu plus d’une année et se fait progressivement. Nous nous sommes rendus compte que les compétences d’ingénierie disponibles au Maroc sont absolument équivalentes à celles que l’on peut trouver sur les marchés occidentaux. Notre objectif à terme est de développer, un véritable pôle de compétence en ingénierie, et être capable de fournir des solutions développées ici au Maroc pour nos projets sur d’autres marchés.
Le 25 Janvier 2016
SOURCE WEB Par L’économiste
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mardi 26 janvier 2016
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