Oasis de Tata, Tissint et région : Des joyaux verdoyants aux portes du désert
Par Patrick Simon

Un patrimoine humain et culturel ancré dans la tradition.
Au cœur du sud marocain, nichée au pied de la majestueuse chaîne de l’Anti-Atlas, jouxté par la Chaîne du Jbel Bani, bordée par les premières vagues de dunes du désert, la province de Tata déploie un chapelet d’oasis d’une beauté saisissante. Véritables miracles de vie dans un paysage minéral, ces écrins de verdure offrent un spectacle inoubliable où l’eau, la terre et l’homme ont tissé un lien indéfectible depuis des millénaires.
La beauté des oasis de Tata réside d’abord dans le contraste saisissant qu’elles offrent. Après avoir traversé des étendues arides et rocailleuses, où l’on y perçoit flores et faunes dans la découverte de ses espaces féériques et de palmeraies luxuriantes agit comme de folles apparitions. Ce vert intense et indéfinissable des palmes de ces palmiers-dattiers, abricotiers, et grenadiers tranche avec les teintes ocres jaune et rose des montagnes du Jbel Bani qui les entourent, créant des tableaux naturels d’une harmonie parfaite.
Pénétrant dans ce monde oasien, le murmure de l’eau, si précieux en ces terres, vous accompagnera, s’écoulant dans les « seguias », ces canaux d’irrigations traditionnelles qui serpentent à travers les cultures insérées dans un univers de palmiers -dattiers.
La splendeur de ces oasis ne serait complète sans le ressentiment de cette ingéniosité humaine qui a su préserver cet héritage. Ces Douars (villages), aux maisons de pisé ocre (Dar) se fondant dans le paysage, sont les gardiens de traditions ancestrales. On y découvre encore les « kettaras », un système ancestral et ingénieux de galeries souterraines drainantes qui achemine l’eau des nappes phréatiques sur des kilomètres, et les horloges à eau et solaire, encore utilisées par endroits, qui témoignaient de la gestion partagée, équitable et méticuleuse de cette ressource vitale, et qui malheureusement se perdent dans l’oubli d’un patrimoine culturel millénaire.
Les « Agadirs », ou Greniers collectifs fortifiés, tels ceux d’Aït KINE, d’Ait BAHA se dressent fièrement sur des pitons rocheux, veillant encore et toujours sur ces récoltes et ces trésors éphémères de ces communautés Oasiennes. Ces forteresses du désert sont de remarquables exemples d’architecture locale et de l’organisation sociale oasienne voués, par l’usure et l’oubli, à des destinées écotouristiques.
Pour les passionnés d’histoire et de géologie, les nombreux sites géologiques remarquables et archéologiques de gravures rupestres, témoins d’une présence humaine préhistorique, ajoutent une dimension mystique à la découverte de la région, pouvant en cela faire prendre conscience des évolutions des changements climatiques entre préhistoire et ce renouveau actuel. Ces œuvres d’art à ciel ouvert, racontent un passé lointain où sous un climat tropical d’alors, éléphants, rhinocéros, crocodiles et girafes peuplaient ces contrées.
La Maison d’hôtes Dar Infiane sise à Tata et ses annexes de Tissint avec son Campement Akka Nait Sidi et sa Maison d’Hôtes Chez Lahcen vous Invitent à ces contemplations et authenticités !
Visiter les oasis de Tata, c’est s’offrir une parenthèse hors du temps. C’est se rincer le cerveau en osant se perdre dans le dédale des sentiers ombragés des palmeraies, à l’écoute du chant des oiseaux et du bruissement des palmes. C’est aller à la rencontre d’une population accueillante, fière de son patrimoine et de son mode de vie en harmonie avec une nature exigeante mais généreuse. Divers circuits, randonnées et excursions locales vous porteront de la « ville rose de Tata et de ses douars » qui recèlent de trésors naturels, qui magnifient la beauté des lieux au-delà des palmeraies ! La palmeraie d’Akka, celle d’Agouliz, d’Aigou, d’Ait Ouabli, Tagmoute de Foum Zguid puis, les cascades de Tissint avec leurs eaux salées aux vertus thérapeutiques, vous offriront des haltes rafraîchissantes et inattendues au milieu du désert. Les gorges d’Agouliz, l’oasis luxuriante d’Aguinane avec ses falaises spectaculaires, offriront des paysages grandioses pour les amateurs de randonnée et de nature sauvage. A chaque détour une nouvelle facette de cette beauté brute et préservée vous sera révélée.
* Président de l’Association Marocaine de Développement du Géoparc Jbel Bani A Tata le 1er mai 2025
Source web par :Â lecanardlibere
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