Fruits contaminés : alerte sur les pesticides au Maroc
Chaque été, le Maroc est confronté à une recrudescence d’intoxications alimentaires dues à la consommation de fruits contaminés, notamment melons et pastèques. En 2024, plusieurs cas ont été signalés à Taounate, Doukkala et Casablanca, suscitant l’inquiétude des consommateurs et des associations. La Fédération nationale des associations de consommateurs (FNAC) pointe plusieurs causes : forte chaleur, mauvaises conditions de conservation, hygiène défaillante, mais surtout usage incontrôlé de pesticides.
Le recours massif à des produits phytosanitaires, souvent achetés dans des circuits informels, échappe au contrôle des autorités. Bien que l’ONSSA répertorie plus de 1.100 pesticides autorisés, dont 40 sont jugés « hautement dangereux » par des ONG européennes, la traçabilité reste lacunaire. Les produits agricoles, destinés au marché local, échappent aux circuits réglementés et arrivent directement chez les détaillants, sans contrôle sanitaire rigoureux.
Des professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme : surdosage, produits contrefaits, absence de vérification par certains exportateurs… autant de facteurs qui compromettent la sécurité alimentaire et ternissent l’image du label marocain à l’étranger. Deux circuits parallèles coexistent : un marché d’export strictement contrôlé et un marché local largement informel.
Ce déséquilibre structurel du secteur agricole met en lumière un besoin urgent de réforme en matière de traçabilité, de contrôle des pesticides et de transparence dans la chaîne de distribution. À défaut, les risques sanitaires continueront de croître, affectant à la fois la santé publique et la compétitivité des produits agricoles marocains.
Le 30/06/2025
Source web par : le360
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lundi 30 juin 2025
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