Crise de l’eau et agriculture : l’avenir incertain de la culture de la pastèque à Zagora
Le Maroc est confronté à une crise hydrique sans précédent, exacerbée par le changement climatique. Parmi les secteurs les plus touchés, l’agriculture subit de plein fouet les conséquences de la raréfaction de l’eau. La province de Zagora illustre parfaitement cette problématique, notamment à travers la culture emblématique de la pastèque, qui se heurte aujourd’hui à de sévères restrictions hydriques.
À Douar El Faija, village situé au cœur de cette région aride, les agriculteurs font face à une réduction drastique de l’accès à l’eau. Jadis prospère, la culture de la pastèque s’essouffle sous l’effet des limitations imposées par les autorités locales pour préserver les nappes phréatiques. Saïd, un producteur expérimenté, témoigne : "Avant, je cultivais jusqu’à 10 hectares de pastèques. Aujourd’hui, je dois me contenter d’un seul hectare à cause du rationnement de l’eau". Cette situation impacte profondément l’économie locale, mettant en péril la pérennité de nombreuses exploitations agricoles.
Pour pallier cette crise, des alternatives sont envisagées, notamment la diversification des cultures vers des espèces moins gourmandes en eau, comme le safran ou les légumineuses. "Nous encourageons les agriculteurs à adopter ces cultures plus adaptées au climat de la région", explique un représentant de la direction provinciale de l’agriculture. Cependant, cette transition est difficile, car la pastèque reste une source de revenus essentielle pour de nombreux exploitants.
L’accès aux technologies d’irrigation modernes et au financement est un autre défi majeur. Bien que l’État et des initiatives privées tentent d’apporter un soutien aux agriculteurs, les efforts restent insuffisants. "Nous avons besoin de plus d’aides pour acquérir du matériel performant et assurer la viabilité de nos exploitations", souligne Mohamed, un autre agriculteur de la région.
Face à ces défis, l’avenir de la pastèque à Zagora demeure incertain. La nécessité d’une gestion durable des ressources hydriques et d’une refonte des politiques agricoles est plus pressante que jamais. Cette crise met en lumière l’urgence d’un engagement collectif entre les autorités, les agriculteurs et les investisseurs pour assurer la survie de cette filière et, plus largement, de l’économie locale dépendante de l’agriculture.
La résilience des habitants de Douar El Faija est exemplaire, mais seule une réponse globale et coordonnée permettra de surmonter les effets du changement climatique sur l’agriculture marocaine.
Le 20/02/2025
Rédaction de lanouvelletribune
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jeudi 20 février 2025
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