Voici les raisons pour lesquelles le gouvernement Akhannouch renonce à la taxe sur les superprofits
Au cours d’un point de presse organisé hier, mardi 25 octobre 2022, autour du Projet de loi de finances (PLF) 2023, le ministre délégué en charge du Budget, Fouzi Lekjaa, a tenu à expliquer les raisons de l’absence de la taxe sur les superprofits dans ce texte de loi, une mesure longuement débattue au cours des derniers mois.
L’instauration d’une taxe exceptionnelle sur les profits des grandes compagnies a été débattue ces derniers mois au cours de la préparation du PLF 2023. Cette mesure, qui fait partie des recommandations émises par le Conseil de la concurrence dans son dernier rapport sur le marché des carburants, ne figure pas dans le projet de loi présenté au Parlement, le jeudi 20 octobre dernier.
Interrogé à ce propos, le ministre délégué en charge du Budget, Fouzi Lekjaa, a indiqué que la taxe sur les superprofits, l’impôt sur la fortune, la Zakat... sont des questions qui font débat chaque année.
«Pour qu’on soit clair, nous avons tenu deux assises sur la réforme de la fiscalité, et nous avons convenu de recommandations, de manière unanime, au niveau de l’IS et de l’IR que nous avons commencé à mettre en place dès cette année. Les mesures concernant la TVA et l’informel seront mises en place à partir de l’année prochaine, nous nous sommes donné 2025 pour horizon avant de compléter la réforme fiscale», a expliqué Fouzi Lekjaa.
Selon le ministre en charge du Budget, «on ne peut pas instaurer la taxe sur les superprofits, notamment [sur] les hydrocarbures, parce qu'on ne peut pas suivre le chiffre d'affaires d'une entreprise dans un secteur donné d'une année à l'autre. Si elle gagne cette année, [elle sera taxée] à 35% et si l'année prochaine [ce n'est pas le cas]? Que faire? Nous suivons le profit, le résultat net comme ce qui se fait à l’international, peu importe le secteur d’activité».
Selon Fouzi Lekjaa, la révision des taux actuels d'IS en vue d'atteindre, dans quatre ans, 35% pour les sociétés ayant un bénéfice net égal ou supérieur à 100 millions de dirhams et 40% pour les établissements de crédit et organismes assimilés, Bank Al Maghrib, la Caisse de dépôt et de gestion et les entreprises d'assurances et de réassurance sont déjà des mesures qui visent à cibler le superprofit.
«Nous avons dit que les établissements de crédit et assimilés vont payer jusqu’à 40% d’IS et les entreprises dont le résultat dépasse 100 millions de dirhams vont payer 35%, en plus du maintien de la taxe de solidarité de 5%. A l’échelle internationale, quand l’impôt s’approche des 40%, on atteint ce qu’on appelle les limites marginales de l’imposition et on rentre dans trop d’impôts», a expliqué le ministre en charge du Budget.
Interrogé sur la possibilité d’instaurer un impôt sur la fortune, Fouzi Lekjaa a estimé que la définition de la fortune était celle du profit, écartant ainsi l’éventualité de taxer directement le patrimoine.
«S’il y a une autre définition de la fortune hormis le profit, on peut se mettre d’accord et en discuter. Nous ciblons la fortune créée chaque année à travers l’impôt, et tout cela entre dans le cadre du renforcement des principes de solidarité dans notre société, pour que celui qui gagne plus paie plus, et c’est ce qui va nous permettre de financer le projet de généralisation de la protection sociale», a-t-il précisé.
Le 26/10/2022
Source web par : le360
Les tags en relation
Les articles en relation
TVA, IR, IS : Taxes et impôts qui attendent le futur entrepreneur au Maroc
La création et le développement d’une entreprise nécessite la prise en compte de plusieurs charges administratives et fiscales. Outre les frais de constitu...
Abdelouafi Laftit supervise les préparatifs d'Agadir pour la Coupe du Monde 2030
Le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, a présidé mercredi une réunion au siège de la Wilaya de la région Souss-Massa pour examiner l'état...
Crise ukrainienne: le gouvernement annonce des mesures de soutien en faveur des entreprises
Lors d’une réunion de travail présidée ce jeudi 10 mars 2022, par Nasser Bourita et Nadia Fettah Alaoui, en présence des présidents de la CGEM et du GPBM...
PLF 2026 : un budget axé sur le social et l’investissement
Présenté le 20 octobre 2025 par Nadia Fettah Alaoui devant le Parlement, le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 repose sur quatre priorités : consolidation ...
Collectivités territoriales : un excédent sans autonomie
Les collectivités territoriales marocaines ont enregistré un excédent budgétaire de 10,2 milliards de dirhams à fin décembre 2024, marquant une améliorat...
Coupe du Monde 2030 : le Maroc prépare une stratégie anti-surtourisme pour accueillir 26 millions
Le Maroc se prépare activement à éviter les effets négatifs du surtourisme lors de la Coupe du Monde 2030, qu'il co-organisera avec l'Espagne et le ...
#MAROC_MARCHES_PARALLELLES_CARBURANTS: Carburants écoulés hors circuit légal: quand les «barons�
Le marché des hydrocarbures échappe-t-il au contrôle? C’est l’interrogation soulevée alors que des réseaux d’intermédiaires et de transporteurs ont ...
Dépenses fiscales au Maroc : progrès et défis de transparence
Le Maroc occupe la 28? place sur 105 pays dans l’Indice mondial de transparence des dépenses fiscales (GTETI), avec un score de 55,7/100, selon un rapport de...
Mondial 2030 : Maroc, modèle de durabilité verte
La majorité des personnes qui assisteront à la Coupe du monde 2030 la feront par voie aérienne. En plus, poursuit-il, les fans de football ne connaissent pas...
Gouvernement vs syndicats : un nouveau round du dialogue social démarre ce vendredi
Après plusieurs mois d’arrêt, le dialogue social reprend enfin. À quelques jours du 1?? mai, les partenaires sociaux souhaitent rouvrir le débat sur les q...
Fiscalité: à quoi peuvent prétendre les salariés à l'issue des assises?
Plus que quelques jours avant la tenue des assises de la fiscalité, et certaines organisations professionnelles multiplient les sorties pour défendre les leur...
La “mascarade arbitrale” de l’EST-WAC débarque au Parlement
Le “massacre arbitral” de la finale EST-WAC continue de faire réagir. Cette fois-ci, c’est au tour des parlementaires marocains de dénoncer l’injustic...


mardi 1 novembre 2022
0 
















Découvrir notre région