Dan Catarivas: "Nous voulons un accord de libre-échange entre le Maroc et Israël"
Les échanges s’intensifient entre patronats marocain et israélien. Une délégation de représentants des principales organisations économiques d'Israël a été en visite au Maroc, les 29 et 30 mars derniers. Le point sur cette dernière mission de prospection, dans cette interview avec Dan Catarivas, DG de la Manufacturers Association of Israël.
Quel était l'objectif de cette première visite du patronat israëlien au Maroc ?
Le dialogue avec la CGEM a été déclenché il y a plusieurs mois, nous avons déjà virtuellement paraphé un accord de coopération depuis que le Maroc a rejoint les accords d’Abraham, que nous avons re-signé une fois rencontrés sur le terrain, il y a deux semaines, lors de la première visite d'hommes d’affaires marocains en Israël. Cette visite retour a pour but de continuer à explorer les possibilités de coopération, d’identifier de manière plus méticuleuse les secteurs qui peuvent être porteurs de la coopération entre les deux pays.
Quels sont les secteurs sur lesquels les deux parties peuvent capitaliser pour développer leur partenariat économique?
Nous parlons avant tout d’un enjeu de coopération Win-Win, l’objectif est que les deux parties ressortent gagnantes grâce à une complémentarité entre l’économie marocaine et israélienne. Cette première visite au Maroc n’est que le début d’un long processus de coopération qui nous permettra d’identifier les secteurs porteurs et potentiels pour nouer des partenariats entre les secteurs privés de nos deux pays.
Il s’agit notamment du secteur de l’énergie renouvelable, l'automobile, l’agriculture, l’eau ou encore les technologies avancées. Les formes de coopération entre les entreprises marocaines et israéliennes diffèrent, ça peut être de l'investissement direct, du commerce à travers la vente et l'achat de produits et de matières premières ou le travail commun dans le cadre de partenariats pour le développement de nouveaux produits et services.
Quels sont les avantages que pourraient attirer les hommes d'affaires israéliens pour venir investir au Maroc?
Le Maroc est une terre nouvelle, il y a beaucoup d’opportunités que les hommes d’affaires israéliens ne connaissaient pas et sur lesquels ils pourraient désormais capitaliser. Nous sommes en train d’étudier les différents avantages que peut offrir l’implantation d’entreprises israéliennes au Maroc. Ce qui est sûr, c’est que le pays dispose d’une main d'œuvre d’une grande qualité, un savoir-faire éprouvé et un marché très intéressant aussi. Nous avons été impressionnés par le niveau de développement de l’économie marocaine et son potentiel de croissance. En rentrant en Israël, nous ne ferons qu’encourager nos membres à engager le dialogue avec les acteurs marocains pour aboutir à de nouvelles collaborations.
L’autre avantage majeur est la position géographique qu’offre le Royaume pour s’ouvrir sur de nouveaux marchés. Israël peut se servir du Maroc comme une plaque tournante pour développer des activités en Afrique, c’est l’un des principaux sujets qui ont été abordés lors des différentes rencontres avec les acteurs économiques des deux pays. La position géographique du Maroc peut faciliter les échanges économiques entre les entreprises Israélienne ou Israélo-marocaines que ce soit avec les partenaires européens ou les acteurs du marché africain.Comment-évaluez vous l'intérêt de vos membres à venir investir au Maroc?
Je peux vous assurer qu’il y a un grand intérêt de la part des hommes d'affaires israéliens. Lors de la première rencontre en Israël avec l’arrivée des 80 hommes d’affaires marocains, nous avons mobilisé plus de 200 hommes d’affaires israéliens, nous avons même été obligés de limiter le nombre de compagnies présentes parce qu’il y avait une limite de temps et de place. Du côté israélien, il y a beaucoup d’enthousiasme à nouer des relations, à dialoguer et à trouver des intérêts communs avec l’écosystème marocain.
Depuis cette rencontre une délégation israélienne est arrivée au Maroc cette semaine pour prendre part au salon du textile «Maroc in Mode», ce qui prouve que toute occasion qui se présente pour pouvoir venir, rencontrer, explorer la coopération sera saisie à l’avenir. Les vols directs qui ont été mis en place faciliteront encore plus la tâche.
Depuis la première rencontre, des partenariats ont-elles été signés entre les entreprises des deux pays?
Les contacts et les négociations sont déjà engagés. Nous savons que des contrats ont été signés dans le domaine des énergies renouvelables et de l'investissement. Des discussions avancées sont également en cours entre des entreprises dans le secteur de la cybersécurité, dans le domaine du textile aussi ou encore dans le tourisme.
Comment accélérer davantage cette coopération économique?
Ce que nous voudrions aujourd’hui pour accélérer cette dynamique économique et commerciale, c’est de faire un effort au niveau des politiques gouvernementales afin d’aboutir à un accord de libre-échange entre le Maroc et Israël. A l'issue de nos rencontres avec les membres de la CGEM, nous avons convenu qu’il est important d’encourager nos deux gouvernements de part et d’autre à commencer à négocier cet accord qui devra faciliter encore plus les contacts, les échanges, l'investissement et le commerce entre les deux pays.
Le 1 avril 2022
Source web par : le360
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lundi 4 avril 2022
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