Tourisme au Sahara : ces milliers de nuitées qui échappent aux statistiques officielles
Les régions du Sud sont de plus en plus fréquentées par les passionnés des sports du désert et de la mer. Suisses, Français et Belges sont les principaux clients. Les régions de Guelmim-Es Smara et d’Oued Eddahab-Lagouira disposent respectivement de 1 500 et 660 lits classés.
La promotion touristique du Maroc à l’étranger met certes toujours en avant les diversités du Royaume dans sa communication institutionnelle, mais les actions d’accompagnement pour attirer les touristes restent concentrées sur quelques régions phare qui ont fait la réputation du pays depuis les années soixante. Il s’agit essentiellement des villes impériales et de quelques destinations balnéaires comme Agadir et, depuis peu, Saadia ou Mazagan. Mais il y a des régions où les professionnels se démènent avec peu de moyens pour faire du tourisme une variable incontournable du développement local. C’est le cas des régions du sud du Royaume dont certaines commencent à se tailler une petite réputation à l’étranger grâce à des professionnels avisés et à des passionnés des sports du désert et de la mer qui peuvent être pratiqués dans des provinces comme Guelmim-Es Smara ou Oued Eddahab-Lagouira (Dakhla).
Ce n’est en effet pas dû au hasard si les concepteurs de la Vision 2020 pour le tourisme ont placé les régions et le tourisme durable au cœur de cette stratégie. Une région comme Guelmim-Es Smara, qui affiche dans les statistiques 20 000 nuitées annuellement à peine, en revendique au moins 100 000, selon le Conseil régional du tourisme (CRT) qui se distingue par le dynamisme de ses membres (une douzaine de personnes) pour promouvoir leur région.
La station Oued Chbika portera la capacité de la région de Guelmim-Es Smara à 17 000 lits
Cette destination accueille en effet toute l’année des randonneurs, des participants aux rallyes et d’autres visiteurs qui logent dans des campings, mais qui restent dans cette région pour des séjours plutôt longs. Ces touristes, souvent des Suisses, des Français et des Belges, même s’ils ne logent pas toujours dans des établissements agréés, souligne Patrick Simon, vice-président du CRT, «font leurs emplettes sur place, achètent des produits du terroir et des produits d’artisanat dans cette région qui regroupe les provinces de Guelmim, Tata, Assa-Zag, Smara et Tan-Tan avec des retombées pour l’économie locale». La région est l’une des rares à avoir un plan de développement régional touristique (PDRT) agréé en 2007 qui lui a permis de faire un travail intéressant au niveau de la signalisation des sites archéologiques et historiques. Ainsi, des points d’information touristiques (PIT) ont été érigés sur l’ensemble des grands axes de la région avec des brochures en plusieurs langues qui signalent les lieux d’hébergement ainsi que les sites historiques et naturels dans chaque province. La région est aussi présente sur Internet à travers des vidéos sur Youtube, notamment.
Selon Patrick Simon, la région de Guelmim, qui a la chance d’avoir plusieurs aéroports, compte aujourd’hui 1 500 lits classés répartis entre des hôtels 3 et 4*, des riads, des maisons d’hôtes, des auberges, mais aussi des campings de très bon niveau. La région est selon lui vouée à un bel avenir dans la mesure où sa capacité d’hébergement va connaître un saut quantitatif et qualitatif avec le projet Oued Chbika qui va la porter à 17 000 lits à l’horizon 2013-2014. Elle devrait compter quelque 50 000 lits en 2020.
Dakhla s’est taillé une renommée internationale grâce à sa baie et sa lagune
La région d’Oued Eddahab-Lagouira, avec sa capitale Dakhla, est dans une configuration particulière qui lui confère aussi plusieurs atouts pour devenir une grande destination à part entière. Elle occupe, en effet, une situation géostratégique de choix en étant une porte vers l’Afrique et en raison de sa proximité avec les Iles Canaries. Dakhla est devenue en quelques années un pôle d’attraction pour un grand nombre de touristes grâce à sa baie et à sa lagune de renommée internationale qui font converger vers elle les amateurs de sports nautiques. La ville qui comptait un seul hôtel il y a une quinzaine d’années a réussi le pari d’attirer de nombreux investisseurs. Elle compte aujourd’hui 4 hôtels (2, 3 et 4*), 2 villages de vacances et une maison d’hôtes, soit 661 lits classés auxquels il faut ajouter 673 lits non classés dans 18 établissements, soit au total 1 334 lits recensés par la délégation régionale du tourisme. Dakhla, qui a un aéroport international pouvant accueillir jusqu’à 300 000 passagers par an, voit ses arrivées et ses nuitées touristiques augmenter chaque année de manière constante. De 2 635 touristes qui avaient généré 7 048 nuitées en 2002, elle en a reçu, en 2010, 10 254 pour 30 624 nuitées dont 55% réalisées par des touristes étrangers. La France demeure le premier marché externe de Dakhla avec 15% du tourisme récepteur, suivie de l’Espagne avec 5% des nuitées. Les marchés belge et allemand sont en continuelle progression. Le taux d’occupation globale est de 49%, alors que la durée moyenne de séjour est de 3 jours. Quant à la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia Lhamra, on ne peut pas dire que ce soit pour l’instant une destination touristique. Une région de cette importance compte tout juste 1 360 lits classés dans une vingtaine d’établissements. La région compte cependant une dizaine d’agences de voyages.
Le 6 Mars 2012
Source web Par la vie eco
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vendredi 16 août 2019
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