Frontex place les Marocains au Top ten des passeurs La route de la Méditerranée occidentale y est pour beaucoup
Les Marocains figurent au Top 10 des passeurs détectés par Frontex. 804 d’entre eux ont été repérés en 2017 et 1.547 au cours des deux premiers trimestres de 2018, soit 28% du nombre total de passeurs (2.795). Le Maroc a été classé à la deuxième place derrière la France et il a devancé le Pakistan, l’Albanie et la Syrie.
Les passeurs tunisiens, espagnols, chinois et autres occupent le bas du tableau contenu dans le rapport de Frontex qui couvre les deux premiers trimestres de 2018.
Ce document de l’Agence européenne chargée de la surveillance des frontières extérieures de l’UE indique que les passeurs, toutes nationalités confondues, sont constitués en réseaux clandestins et opèrent dans les pays d'origine, de transit et d’accueil. Il s’agit de réseaux connectés entre eux qui se chargent de transporter en un laps de temps ne dépassant pas la semaine, les migrants irréguliers de leurs pays d'origine en Afrique jusqu’au Maroc d’abord puis en Espagne par la suite.
Frontex a observé au cours des six premiers mois de 2018, un recours plus important aux Zodiac considérés comme plus rapides et à même de transporter davantage de candidats à la migration plutôt qu’aux bateaux gonflables. En 2017, le nombre moyen de candidats par bateau était de 28 avant d’atteindre 38 personnes durant la première moitié de 2018.
Frontex a également constaté que la voie aérienne est plus utilisée pour atteindre le Maroc en lieu et place des itinéraires traditionnels. Selon plusieurs candidats à la migration arrêtés, la voie aérienne demeure plus rapide et plus sûre que la route terrestre considérée comme dangereuse et plus longue. Le voyage en avion permet un transit direct depuis les pays d’origine via Casablanca avant un rapide déplacement vers les zones de départ que sont les villes de Tanger et de Nador.
Dans certains cas, les migrants optent pour un vol à escale en Mauritanie, en Algérie ou en Tunisie plutôt qu’un vol direct de leurs pays d’origine vers Casablanca afin d'économiser de l'argent ou pour camoufler le but réel de leur voyage en prétendant, une fois arrivés au Maroc, d’être de simples touristes.
Les migrants qui ont moins de moyens financiers continuent à emprunter la voie terrestre. Souvent, ils travaillent temporairement tout au long de leur périple migratoire afin de gagner suffisamment d'argent pour poursuivre leur voyage vers l'Espagne. Parfois, ces candidats à la migration font l’objet de traitements inhumains de la part des passeurs (torture, viol et enlèvement).
Le rapport de Frontex a révélé, par ailleurs, que plus de 10.000 arrestations ont été opérées sur la route de la mer Méditerranée occidentale au cours du deuxième trimestre de 2018, soit une hausse du flux migratoire de 165% par rapport à la même période de 2017 et de 470% par rapport à 2016.
En avril 2018, plus de 1.200 migrants en situation irrégulière ont été appréhendés avant que leur nombre ne triple. Il est passé de près de 3.600 personnes en mai et à 6.000 en juin, soit 52% du nombre total de migrants irréguliers détectés en mer Méditerranée à la même période.
Plusieurs facteurs s’imbriquent pour expliquer l’augmentation actuelle de la pression migratoire sur la route de la Méditerranée occidentale. Il y a d’abord le fait que beaucoup de migrants irréguliers considèrent celle-ci comme plus sûre et plus rapide. Ensuite, le Maroc est considéré comme un pays plus stable et son itinéraire est jugé plus accessible et abordable que la route libyenne. Et enfin, il y a possibilité pour ces personnes d’accéder au Maroc sans visa, explique le rapport.
La comparaison des données de 2018 relatives aux routes méditerranéennes indiquent une augmentation du nombre des arrestations opérées sur celles-ci contre une diminution au niveau de la route centrale.
Le rapport de Frontex précise à ce propos qu’il est encore prématuré d’évoquer un transfert des flux migratoires de la route de la Méditerranée centrale vers celle de la Méditerranée occidentale. Cependant, il met en lumière la forte augmentation du nombre de migrants maliens détectés sur la route de la Méditerranée occidentale qui utilisent traditionnellement la route centrale ainsi que l’apparition et l’accroissement de migrants portant certaines nationalités (Bangladesh, Sénégal ou Nigeria) et qui utilisaient habituellement la Libye comme point de départ de leur périple.
Les Guinéens figurent également parmi les migrants irréguliers qui empruntent cette route, ce qui induit une augmentation globale des Subsahariens qui utilisent la route de la Méditerranée occidentale.
Concernant les Marocains, le rapport a noté que ces derniers ne représentent que 19% des flux et précise que la part des mineurs non accompagnés a atteint 36% de ce total. Sur les 723 mineurs marocains, beaucoup sont soupçonnés d'avoir été envoyés par leurs familles, indique le rapport.
En outre, le document de Frontex a noté qu’au cours des mois d'avril et mai 2018, la plupart des arrestations des candidats à la migration ont eu lieu à Grenade avant qu’un changement ne s’opère à partir de juin 2018 avec le déplacement du flux migratoire vers Cadix qui est devenue la zone opérationnelle la plus touchée.
Frontex a ainsi enregistré l’arrestation de 5.163 migrants en situation irrégulière à Grenade et 4.779 à Cadix.
En ce qui concerne la route terrestre, les franchissements illégaux des frontières ont diminué de près de 65% au deuxième trimestre de 2018 par rapport au même trimestre de 2017. Cependant, la pression migratoire reste élevée, comme en témoignent les tentatives de franchissement de la barrière séparant le préside occupé de Sebta du reste du Maroc. Lesquelles ont été opérées par plus de 600 migrants en juillet et près de 200 en août 2018, a conclu le rapport.
Le 16 Février 2019
Source web : libération
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samedi 16 février 2019
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