Les IDE marocains en Afrique représentent 60% des flux sortants
Le Royaume compte parmi les premiers investisseurs africains de l’UEMOA et de la CEMAC
Les investissements marocains en Afrique ont connu une forte croissance au cours de la dernière décennie. L’évolution a été telle que le Maroc se place désormais parmi les premiers investisseurs africains de l’Union économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC).
La consolidation de son positionnement sur le marché africain s’est faite « à travers le renforcement et la diversification des échanges commerciaux,l’accompagnement de ses entreprises sur le continent et la conclusion d’une multitude d’accords de coopération », indique la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans une récente étude mettant en relief le potentiel dont recèle l’Afrique.
Selon ce département relevant du ministère de l’Economie et des Finances, environ 1000 accords ont été signés avec 28 pays africains dans différents domaines : l’éducation, la santé, la formation, l’infrastructure et l’agriculture, entre autres.
Il ressort ainsi de cette étude, qui a aussi pour objet de cerner les stratégies déployées par les entreprises marocaines opérant dans le continent, leurs motivations et leurs modes d’implantation, que les investissements directs marocains dans le continent constituent l’essentiel des IDE sortants du Maroc, avec une part moyenne de 60% des flux sortants totaux.
Fruit d’un travail collaboratif mené conjointement par l’Agence française de développement (AFD), l’étude précise que ces flux sont adressés principalement aux pays de l’Afrique de l’Ouest (avec une part moyenne de 55%), suivis de l’Afrique du Nord, de l’Afrique centrale (25% et 15% respectivement) et de l’Afrique australe (5%).
D’une valeur cumulée de 37 milliards de dirhams entre 2003 et 2017, les investissements directs du Maroc sont présents dans 30 pays d’Afrique. D’après l’étude, « l’Egypte et la Côte d’Ivoire arrivent en tête des pays récipiendaires des IDE marocains dans la région, avec des parts respectives de 20% et 19% des flux en moyenne sur la période 2003-2017, suivis du Mali (13%), et dans une moindre mesure du Burkina Faso, du Sénégal (7% chacun) et du Gabon (6%) ».
Comme le rappelle la DEPF, les secteurs bancaires et des télécommunications ont été les premiers en quête de relais de croissance à l’international, précisément en Afrique.
Pas donc étonnant si « la répartition sectorielle des investissements marocains en Afrique, au cours de la période 2007-2017, indique une prépondérance des flux portant sur ces secteurs, avec 53% et 17% respectivement, et dans une moindre mesure, sur l’industrie (11%) et les holdings (5%) », relève l’étude.
La DEPF souligne également la part du secteur de l’industrie qui s’est élevée à 5,1% seulement entre 2007 et 2015, notant qu’« elle a atteint sur la seule année 2016 près de 53% des flux sortants du Maroc vers le continent, avec près de 2,5 milliards de dirhams qui ont été investis, essentiellement, en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Cameroun ».
S’il est avéré que divers facteurs sous-tendent le développement des entreprises marocaines en Afrique, l’étude fait apparaître trois facteurs communs principaux expliquant le déploiement des entreprises marocaines sur le continent.
Les raisons évoquées sont «la croissance économique de l’Afrique et les opportunités qui en découlent, le faible niveau de concurrence existant sur le continent se traduisant par des marges bénéficiaires potentielles plus importantes et la recherche de relais de croissance pour les entreprises ayant atteint un certain niveau de maturité sur le marché marocain », souligne-t-on de même source.
L’étude note que dans des cas rares, certaines entreprises marocaines se développant en Afrique ont été motivées par la recherche de ressources naturelles ou par l’optimisation de structures de coûts.
A noter que cette étude, réalisée par une équipe comprenant deux membres de la DEPF (Taoufik Oukessou et Fatima Hamdaoui) et trois de l’AFD (Nicolas Vincent, Clémence Vergne et Bertrand Savoye), a été menée en deux phases.
Consacrée à l’analyse du contexte africain, la première phase « vise à cerner la dynamique socioéconomique africaine et les moteurs de la croissance et dresse un panorama de la présence des entreprises internationales en Afrique, en mettant particulièrement l’accent sur les multinationales françaises, américaines, chinoises et sud-africaines », explique la DEPF.
Quant à la deuxième phase, elle « se base sur une enquête terrain menée auprès de vingt entreprises marocaines (seize au Maroc et quatre au Sénégal). Celles-ci ont été interrogées sur leurs stratégies et sur le développement de leurs activités en Afrique », précise-t-elle.
Le 08 Décembre 2018
Source web Par Libération
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lundi 10 décembre 2018
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