[Samir]. Extension de la liquidation aux dirigeants: premières plaidoiries de la défense
Premières plaidoiries de la défense. Mohamed Bensalah nie toute implication dans les irrégularités soulevées par le syndic. Salam Gaz rejette la confusion de patrimoine avec la Samir.
La liquidation de la Samir va-t-elle être étendue à ses dirigeants ? On connaîtra la réponse dans les quelques semaines à venir. Ce dossier chaud entame sa dernière ligne droite. Le tribunal de commerce de Casablanca a entendu, ce lundi 8 octobre, les premières plaidoiries de la défense. Une deuxième partie est prévue dans une semaine, ultime étape avant un probable mise en délibéré.
Le procès est désormais ouvert au public. Il était jusque là traité à huis clos. C’est une affaire sensible. Accusés d’avoir provoqué la déroute du raffineur aujourd’hui en liquidation, tous les membres du Conseil d’administration sont menacés par l’extension de cette procédure à leurs patrimoines personnels.
Même dossier, deux volets: les mis en cause sont également visés par une action en comblement du passif. C’est le syndic Mohamed El Krimi, ex-syndic de la Samir, qui est à l’origine de ces demandes consignées dans un rapport soumis au tribunal en novembre 2017.
Dans la petite salle 7 de la juridiction commerciale, les bancs sont couverts par une marée de robes noires. Au nombre de onze, les dirigeants concernés sont chacun représentés par un ou plusieurs avocats. Les éléments de défense vont dans le même sens: rejeter toute responsabilité, quitte à le faire sur les autres. Pas de place pour l’affectio societatis.
En tant que «simple membre du conseil d’administration, mon client était loin de toute position lui permettant de prendre des décisions», estime Me Mounir Tabet, avocat de Mohamed Bensalah. Avec Mustapha Amhal, le PDG d’Holmarcom est le seul Marocain inquiété par l’extension. Sa défense fait valoir qu’il «ne gérait pas l’entreprise». Une gestion que M. Bensalah était loin de cautionner, ce qui l’avait d’ailleurs poussé à claquer la porte du conseil en 2015.
«Aucun élément ne prouve l’implication directe de M. Bensalah dans les irrégularités mentionnées dans le rapport du syndic», selon Me Tabrt. Or, dans ce genre de procédures, «il faut établir une faute directe et non hypothétique», poursuit l’avocat.
Si la qualité de Directeur général met Mohamed Jamal Bâmer au centre des accusations, son avocat Me Chraibi rappelle que «toutes les irrégularités soulevées par le syndic concernent des décisions prises au niveau du conseil d’administration». Un argument qui tend, directement ou non, à disqualifier celui avancé quelques minutes plus tôt par son confrère Me Tabet.
La défense de Bâamer regrette ainsi que le syndic fasse «l’amalgame» entre conseil d’administration et la Direction générale. Ce sont deux organes «aux statuts juridiques» et «aux responsabilités» différents, dit-il.
Par ailleurs, Me Chraibi met en doute la présence d’une quelconque «faute de gestion ayant contribué à la situation de la Samir». Celle-ci serait plutôt «la résultante d’un contexte international déterminé [la baisse du prix du pétrole, notamment]».
En ce qui concerne les accusations, graves, selon lesquelles la Samir aurait exporté illégalement du pétrole en provenance de l’Iran (2013) et du Kurdistan (2014), l’avocat préfère ironiser: « Cette question a sa place devant les Nations unies, pas dans le cadre d’une affaire d’extension». Dans son document, le syndic avait qualifié ces agissements de «grave atteinte aux intérêts diplomatiques du Maroc» qui avait frôlé la crise avec les Etats-Unis puis avec l'Irak.
Le cas Salam Gaz
Les dirigeants ne sont pas les seuls concernés par la procédure. Des filiales de la Samir le sont aussi au titre de «la confusion de patrimoine» qui existerait, selon le syndic, entre elles et leur société mère. SDCC, TSPP et Salam Gaz font partie du lot.
Menée par Me Naoufal Achergui (Naciri & Associés Allen & Overy) et Me Hamid Andaloussi (cabinet Andaloussi), la défense de Salam Gaz a livré ce lundi ses arguments devant le juge.
Selon Me Achergui, la demande du syndic n’obéit tout bonnement pas «aux conditions de formes requises pour n’importe quelle requête introductive d’instance». Le juriste d’affaires reproche au demandeur d’avoir réclamé «à titre principal, un audit financier et comptable de la Samir». Une démarche que «la jurisprudence constante» sanctionne par «l’irrecevabilité».
"Le tribunal n’est pas là pour aider les parties à constituer des preuves. Il faut que le demandeur apporte un début de preuve. Et si le tribunal estime que des éléments techniques justifient le recours à une expertise, celle-ci peut être ordonnée", fait savoir l’avocat.
Au fond, Me Achergui fait valoir «l’absence de critères» établissant la confusion de patrimoine entre Salam Gaz et la Samir. «Les deux entités n’ont ni le même siège social, ni les mêmes dirigeants. Il n’existe pas non plus de flux financiers anormaux qui conduiraient à une confusion telle que l’on n'en arrive plus à dissocier entre les comptabilités des deux sociétés», précise le juriste.
De même, «Salam Gaz n’est pas une filiale au sens juridique du terme», ajoute Me Achergui. «Une société est considérée comme filiale lorsqu’une autre société y détient plus de 50% du capital. Or, Samir dispose de 50% dans Salam Gaz alors que l’autre moitié est répartie entre Afriquia Gaz (20%), Total Maroc (20%) et ZIZ (10%)».
Selon l’avocat, cette situation a un corollaire: «La Samir ne peut pas prendre des décisions unilatérales, toutes les décisions stratégiques nécessitent l’unanimité». Du coup, «on ne peut donc pas arguer une confusion des patrimoines alors qu’il existe une indépendance totale entre les deux entités».
Quid de TSPP et SDCC, où le raffineur est l’unique actionnaire (100%) ?
Conseil de TSPP, le cabinet Bakouchi & Habachi livre un avis bien tranché : « Le syndic s’est basé sur une seule opération isolée et ponctuelle [vente de quelques actions de la Samir au profit de sa filiale TSPP] pour prétendre qu’il s’agit d’une confusion de patrimoine justifiant l’extension de la liquidation », déplore HB Law firm.
Pour ce cabinet d'affaires basé à Casablanca, le constat du syndic « est inadmissible d’un point de vue aussi bien économique que juridique. »
Le 08 octobre 2018
Source web par: medias24
Les tags en relation
Les articles en relation
Campagne oléicole 2018-2019 : 1,1 million de DH pour le suivi des performances
Le département de l’Agriculture compte assurer un suivi de la campagne oléicole 2018-2019. Celui-ci portera sur les volumes d’olive transformés et la qua...
Plaidoyer pour la réhabilitation des ksour de tafilalet
Plaidoyer pour la réhabilitation des Ksour du Tafilalet Dr Mustapha TILIOUA La région de Tafilalet reconnue par l’UNESCO comme Réserve de Biosphère ...
Avant l'Etat marocain, 3 sociétés étrangères ont cherché à louer les cuves Samir
Avant la demande effectuée par l'Etat marocain, trois offres étrangères, venues du secteur privé, ont été présentées au tribunal de commerce de Casa...
«La Palme de l'Oasis 11> Les Oasis de Tata et Tissint et region, DES JOYAUX VERDOY ANTS AUX PORTES
Au cœur du sud marocain, nichee au pied de la majestueuse chaîne de l'Anti-Atlas, jouxte par la Chaine du Jbel Bani, bordée par les premières vagues ...
La CMR lance l’opération de contrôle de vie à partir du 20 octobre
La Caisse marocaine des retraites (CMR) a annoncé le lancement, le 20 octobre, d’une opération de contrôle de vie des bénéficiaires des prestations relev...
Les Andalousies Atlantiques d’Essaouira soufflent leur quinzième bougie
Les Andalousies Atlantiques d’Essaouira promettent un quinzième anniversaire en fanfare à partir d’aujourd’hui. Matrouz, Samaa et Chgouri seront encor...
Pousser les cellules cancéreuses au suicide pour remplacer la chimiothérapie
Au lieu de recourir aux chimiothérapies, et si on s'inspirait des mécanismes de défense de notre organisme pour combattre le cancer ? Suivant cette idée...
Le Souss-Massa régule la population de sangliers
Le nombre de sangliers abattus depuis le lancement de la saison de chasse et jusqu’au 31 décembre 2018, s’est chiffré à 860 suidés au niveau de la régi...
Energies renouvelables : Les travaux de construction du parc éolien de Midelt lancés
C’est officiel, les travaux de construction du premier parc éolien intégré 850 MW de Midelt sont lancés. L’annonce est faite par le consortium Nareva �...
Nouvel an : la conduite à risque des Français avec l'alcool au volant
Moins d'un Français sur deux a pris des dispositions afin de ne pas prendre le volant en ayant consommé de l'alcool pour le réveillon du 31. Ce ne...
Enseignement : Plus de 381.000 bourses pour cette rentrée
Un total de 381.783 bourses d’étude devraient être attribuées au titre de la rentrée universitaire 2018-2019, dont 162.283 nouvelles bourses pour les troi...
Sahara marocain: Trump hausse le ton
L’administration Trump n’est pas satisfaite du travail de la Minurso. Selon Al Massae, un haut responsable américain a accusé la mission en présence de m...


mardi 9 octobre 2018
0 
















Découvrir notre région