Tourisme: La chute de la livre turque n’a pas fait augmenter le nombre de visiteurs marocains
La chute de plus de 40% de la livre que subit la Turquie depuis le début de son bras-de-fer avec les Etats-Unis est, en théorie, censée profiter aux touristes étrangers. Selon le vice-président de la CNT, cette situation n’a cependant pas fait augmenter la demande marocaine pour cette destination car ses prestations sont libellées en dollars ou en euros.
Malgré la forte chute de la livre turque, dont le taux de change est passé de 2 DH pour 1 livre à 1,43 DH pour 1 livre, rien que sur le dernier mois, il ne faut pas s’attendre à une explosion des arrivées marocaines en Turquie.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la débâcle de la monnaie ne profitera pas aux touristes nationaux qui sont de plus en plus nombreux à s’y rendre pour éviter la procédure, fastidieuse et non garantie, d'obtention d'un visa européen.
En dehors de son accès-libre, cette destination est, en effet, de plus en plus plébiscitée, depuis environ 10 ans, pour la qualité de ses prestations mais également pour la possibilité de faire des achats bon marché.
Avant le début de la crise diplomatique Turquie-Etats-Unis dont les présidents se reprochent respectivement d’emprisonner un pasteur évangéliste (Andrew Brunson) pour complicité dans le putsch raté de 2016 et d’abriter un "terroriste" ( Fethullah Gulen), la valeur de la livre avait déjà commencé à s’effriter mais pas aussi brutalement que pendant la seule journée du 10 août (-25%).
Selon l’ancien président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM), cette chute (+/- 40%), n’a pas entrainé une baisse conséquente ou équivalente des tarifs de la compagnie aérienne turque (Turkish Airlines) et des prestations hôtelières du pays.
Interrogé par Médias24, Fouzi Zemrani affirme que son secteur n’a enregistré aucune hausse spectaculaire ou sensible des demandes de voyages vers la Turquie.
"Cela s’explique par le fait que la chute de leur monnaie n’a pas été répercutée sur les prix des services aériens ou des séjours hôteliers.
"Depuis le début de la déferlante marocaine dans ce nouveau pays à la mode, nos partenaires nous ont toujours facturé leurs prestations en dollars et en euros. Il suffit d'ailleurs de se connecter sur le site de Turkish Airlines pour voir que les tarifs des billets proposés en monnaie américaine n’ont pas bougé.
"Aucun service de nos prestataires n’est facturé en livre, qu’on peut qualifier de monnaie interne, car tout comme le Dirham qu’elle n’accepte pas, la Turquie a une monnaie non convertible à l’international.
"Aux bons de commande pour des séjours sur mesure (selon durée, qualité…), nos partenaires agents de voyages répondent par des devis établis en dollars", révèle Zemrani qui ajoute que ce système a permis à ces opérateurs de minimiser ces désagréments monétaires conjoncturel.
Le seul avantage de cette crise monétaire profite aux amateurs de shopping (vêtements, bijoux…), de restauration et de divertissement, produits et services vendus en monnaie locale. Un argument toutefois insuffisant pour augmenter les séjours des marocains en Turquie surtout que la haute-saison s’achève et ne reprend qu’en avril prochain à l’occasion du grand prix de formule 1 à Istanbul.
Notre interlocuteur tient cependant à préciser que la gravité de la situation, ayant négativement impacté le pouvoir d’achat des Turcs, a poussé les commerçants à réévaluer progressivement leurs tarifs.
"Si vous vous contentez d’acheter un billet d’avion et pensez pouvoir faire jouer la concurrence sur place en trouvant, par exemple, un hôtel 5 étoiles moins cher qu’avant la dévaluation, c’est une erreur.
"Aujourd’hui plus qu’hier, tout est facturé en dollars ou en euros pour les touristes étrangers car l’inflation a fait perdre 40% de son pouvoir d’achat à la population.
"Même si les hôteliers encaissent le prix de la chambre en livre turque, la base de la facture est toujours en dollars car les tarifs ont été revus à la hausse pour éviter les pertes de change.
"On observe le même phénomène dans un pays touristique comme l’Egypte qui a adopté un système de change flottant. Afin de pallier les pertes de recettes, toutes les prestations liées au tourisme ont été libellées en dollars", conclut le vice-président de la Confédération nationale du tourisme (CNT) qui ajoute que la tendance à l’indexation des tarifs locaux sur le dollar revient en force au niveau mondial.
Un constat que l’on peut d’ailleurs vérifier au Maroc sur les sites de réservation des ryads. En effet, ces maisons d’hôtes tenues en grande majorité par des étrangers dans des villes comme Marrakech, Fès… affichent systématiquement les prix de leurs chambres en euros.
Les opérateurs turcs se sont donc bien gardés de tomber dans le piège de la chute de leur monnaie qui leur aurait fait perdre une bonne partie de leurs recettes touristiques et au final les Marocains ne bénéficieront pas de baisse de 40% pour leur séjour dans ce pays qu’ils visitent en masse.
Malgré cette fausse-joie relayée par certains médias internationaux, cette crise monétaire aura au moins pour effet de contribuer à atteindre l’objectif des 40 millions de touristes étrangers/an après une longue désaffection des touristes internationaux consécutive à l’instabilité sécuritaire.
Le 12.09.2018
Source web par: medias24
Les tags en relation
Les articles en relation
Hôtels au Maroc: de nouveaux prix à partir de 2019 ?
Le dernier rapport du cabinet hollandais BCD travel appelé «Industry forecast 2019» a révélé que les tarifs des hôtels au Maroc devraient être revus à ...
Tourisme : La CNT dévoile ses 3 priorités à court terme
La confédération nationale du tourisme (CNT) trace trois priorités d’ici fin décembre 2021. Ces orientations, dévoilées lors du premier conseil d�...
Oasis de Tata, Tissint et région : Des joyaux verdoyants aux portes du désert
Par Patrick Simon Un patrimoine humain et culturel ancré dans la tradition. Au cœur du sud marocain, nichée au pied de la majestueuse chaîne de l�...
Top 200 des meilleures universités africaines : L’Université Mohammed V à la 27ème place
Douze établissements marocains figurent dans le classement Nigeria est le pays ayant le plus d’universités dans le classement avec 38 établissements sur...
Le Maroc se déconfine mais reste fermé aux touristes
« Le secteur va rester sinistré même après la reprise et la réouverture des frontières », estime Khalid Benazouz, président de la Fédération nationale...
Qui est derrière le mouvement de boycott au Maroc ?
Une agence française de communication spécialisée dans l’analyse de données et l’élaboration de stratégies d’influence, a publié un rapport de 33 p...
Le Géoparc Jbel Bani et Foum Zguid, à la porte du désert, la pastèque menace la nappe phréatiqu
Un des grands intérêts de Foum Zguid, commune de quelque 10.000 habitants, est sa palmeraie (Ph. J.M.) A 170 km de Ouarzazate, à Foum Zguid, c’est la po...
Plan Maroc Vert: un volume d'investissement important
Depuis le lancement, en 2008, du Plan Maroc Vert, l'investissement privé dans l'agriculture s'est élevé à plus de 60 milliards de dirhams, rappo...
«Cap Hospitality» : Un programme de financement pour moderniser l’hôtellerie marocaine avant la
Le 24 septembre, Attijariwafa bank a organisé une rencontre à Casablanca pour présenter aux opérateurs hôteliers son programme de financement «Cap Hospita...
Douzième Forum OMT/PATA sur le futur du tourisme
Madrid (Espagne), le 29 octobre 2018 – L’Organisation mondiale du tourisme (OMT), l’Association des voyages de la région Asie-Pacifique (PATA) et le Gouv...
Casa-tram: Marche à blanc pour la ligne 2
La marche à blanc de la ligne tramway T2 a démarré lundi 10 septembre. Il s’agit de la mise en circulation du tramway dans les conditions réelles d’expl...


lundi 17 septembre 2018
0 
















Découvrir notre région