La Catalogne se réveille sous tutelle, dans une Espagne déchirée
La Catalogne se réveille sous tutelle de l'Etat espagnol samedi, au lendemain d'une déclaration d'indépendance historique fêtée par une partie des Catalans mais aussitôt contestée par Madrid et largement rejetée à travers l'Union européenne.
En attendant les nouvelles élections régionales, convoquées par Madrid pour le 21 décembre, la nuit barcelonaise était dominée par les indépendantistes et leurs feux d'artifice, sur la place Sant Jaume. Mais samedi, à Madrid, ce sera au tour des partisans du maintien de la Catalogne en Espagne de manifester: deux camps diamétralement opposés, symbole de cette crise sans précédent pour l'Espagne depuis son retour dans le camp de la démocratie, en 1977.
Vendredi soir, quelques heures seulement après la proclamation de "la République catalane comme Etat indépendant et souverain", le gouvernement espagnol a de fait commencé à mettre en application tout un arsenal de mesures exceptionnelles, préparées depuis des semaines.
A l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire, le dirigeant conservateur Mariano Rajoy a annoncé la destitution du président séparatiste catalan Carles Puigdemont et de son gouvernement. Et le parlement catalan, dominé par les indépendantistes, a été dissous, en attendant son renouvellement, lors d'un scrutin annoncé pour le 21 décembre.
Dès samedi, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, devait réunir les secrétaires d'Etat qui seront chargés d'assumer les fonctions des gouvernants catalans. Les autres mesures annoncées comprennent la destitution du directeur de la police régionale catalane ou encore la fermeture des "représentations" catalanes dans le monde. Mais les conséquences de cette déclaration d'indépendance unilatérale de la Catalogne, comme de la mise sous tutelle par Madrid, sont incalculables.
Signe de l'inquiétude en Europe, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (conservateur du Parti Populaire européen) a souligné vendredi que l'UE n'a "pas besoin d'autres fissures". Washington, Londres, Berlin, Ottawa ou encore Paris ont de même immédiatement fait savoir qu'ils soutenaient l'unité de l'Espagne. Et une des rares voix à soutenir les indépendantistes est venue de l'île française de Corse, dominée par les autonomistes.
Cependant, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé Madrid à choisir "la force de l'argument plutôt que l'argument de la force", alors que beaucoup craignent que la Catalogne ne soit entraînée dans une spirale de troubles face à la tentative de reprise en main par l'Etat. "Le gouvernement a adopté ces mesures pour éviter la prise en otage inadmissible d'une majorité des Catalans et le vol d'une partie du territoire au reste des Espagnols", a plaidé M. Rajoy.
L'annonce de la mise sous tutelle de la région a été aussitôt accueillie vendredi soir par les huées des dizaines de milliers d'indépendantistes réunis à travers les villes catalanes pour fêter leur nouvelle et fragile "République", sur un territoire grand comme la Belgique où vivent 16% des Espagnols.
Le petit parti d'extrême gauche indépendantiste CUP, qui avait résolument poussé à une proclamation immédiate de l'indépendance, a annoncé dans un tweet: "Nous continuerons à construire la République! Nous ne nous soumettrons ni à l'autoritarisme de Rajoy, ni à l'article 155".
Relevé de ses fonctions par Madrid, le président catalan Carles Puigdemont ne s'est pas exprimé depuis l'annonce officielle de sa destitution. Le parquet général d'Espagne avait déjà annoncé qu'il engagerait la semaine prochaine une procédure judiciaire pour "rébellion" contre Puigdemont, qui risque la prison.
Exprimant le désarroi d'une partie de ses administrés, la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau, a diffusé un message amer, rejetant une déclaration d'indépendance "qui n'a pas le soutien majoritaire des Catalans".
Elle a accusé les conservateurs à Madrid d'avoir été "incapables d'écouter et de gouverner pour tous", et les partis indépendantistes à Barcelone d'avoir poursuivi "à une vitesse de kamikaze" leur "fuite en avant".
Lors des dernières élections régionales, en 2015, l'ensemble des formations pro-sécession -de l'extrême gauche au centre droit- n'avaient obtenu que 47,8% des suffrages, mais une majorité en sièges au parlement catalan. La résolution déclarant l'indépendance a été adoptée vendredi par 70 voix pour (sur 135 députés), en l'absence de la plus grande partie de l'opposition, qui avait quitté l'hémicycle.
L'indépendantisme avait tout particulièrement commencé à prospérer quand le parti de Rajoy avait obtenu en 2010, de la Cour constitutionnelle, qu'elle ampute largement un statut conférant de plus larges pouvoirs à la région.
Le 27 Octobre 2017
Source Web Par Le 360
Les tags en relation
Les articles en relation
Le Chili a décidé de miser sur son "or bleu". Il ambitionne d'ores et déjà de devenir le deuxiè
Le Chili mise tout sur le cobalt. Avec des ambitions grandissantes, le pays sud-américain envisage de se hisser à la deuxième place des producteurs mondiaux ...
Du Maroc à la liste des dix femmes les plus influentes au monde : Découvrez le parcours de Sana Af
L'émission "Rendez-vous" de ce dimanche 25 février explore la question suivante : "Comment atteindre le sommet en partant de loin, en partant de rien ?". ...
Maroc-Espagne, et si le 1er juin…
La crise déclenchée entre l’Espagne et le Maroc par l’accueil clandestin du triste sire Brahim Ghali, chef des mercenaires séparatistes, dans un hôpital...
La Commission européenne prépare une visite au Sahara sans consulter le Polisario
Le Polisario est vent debout contre la Commission européenne. La CE a ignoré sa «représentation du peuple sahraoui» et décidé de coordonner avec les auto...
Le Parlement européen adopte le rapport annuel de l’UE sur les droits de l’homme favorable au M
Le Parlement européen, réuni en séance plénière mercredi à Strasbourg, a adopté le rapport annuel 2016 sur les droits de l’homme et la démocratie dans...
Sahara : Siemens Gamesa à nouveau dans le viseur du Polisario
Le Front Polisario a condamné, mardi, l'implication de l’entreprise Siemens-Gamesa dans la construction d’un parc éolien dans la ville de Boujdour. Da...
Royaume-Uni : comment le Maroc est devenu l'un des principaux bénéficiaires du Brexit en Afrique
Le Maroc est l'un des pays ayant le plus bénéficié du Brexit sur le plan commercial, selon un média britannique. A la faveur d'un rapprochement sans...
Les transferts des MRE menacés : les banques marocaines face aux défis de la directive européenne
Les banques opérant dans l’intermédiation bancaire, en particulier celles qui servent les Marocains résidant à l’étranger (MRE), offrent des services t...
Gestion durable des eaux : Le Salon Ecomondo présentera les projets les plus innovants
Il se tiendra du 5 au 8 novembre au Parc des expositions de Rimini en Italie Cette édition sera l’occasion de suivre de près l’évolution des projets d...
Crise en Ukraine : Réunion clé des dirigeants européens à Paris
Bas du formulaireLes dirigeants européens se réunissent ce lundi 17 février à Paris afin de définir une position commune face aux récentes initiatives de ...
IFOP 2025 : Les Français rejettent l’Algérie et plébiscitent le Maroc
Un sondage réalisé en janvier 2025 par l’institut IFOP, en partenariat avec Sud Radio, met en lumière les perceptions des Français vis-à-vis des pays du ...
Taxe carbone UE : le compte à rebours commence pour les exportateurs marocains
Engrais, électricité et hydrogène… les premiers secteurs concernés par ce mécanisme qui démarre début octobre prochain La phase de transition démar...


lundi 30 octobre 2017
0 
















Découvrir notre région