Gouvernement: «Ce que veulent les femmes!»
Les ONG féministes déçues du retour de Bassima Hakkaoui
Elles appellent à lancer des mesures transverses avec des indicateurs pour faire le suivi
Et plaident pour «une révision profonde» des lois élaborées sous le mandat précédent
Les associations des droits des femmes, réunies dans le collectif Printemps de la dignité, sont déçues sur la parité. Avec le retour de Bassima Hakkaoui au ministère en charge de ce dossier, la confrontation, qui dure entre les deux partis depuis 5 ans, devra se poursuivre durant ce mandat (Ph. Bziouat)
Très attendu, le programme du nouveau gouvernement ne sera finalement pas dévoilé aujourd’hui à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire du printemps. Sa présentation a été décalée à la semaine prochaine. Pour la première séance après la rentrée parlementaire, les députés devront procéder au remplacement des membres des structures permanentes, ayant intégré l’équipe de Saâdeddine El Othmani.
Celui-ci est attendu de pied ferme par les parlementaires de l’opposition, mais aussi les ONG. Ces dernières ont haussé le ton pour que leurs doléances soient prises en compte dans le nouveau programme gouvernemental. Les associations de protection des droits des femmes ne cachent pas leur déception. La relation entre les deux parties a été marquée par un long bras de fer.
Réunies au sein du collectif Printemps de la dignité, elles mettent en garde contre «la reproduction des mêmes erreurs du mandat précédent, ayant consacré la précarité des droits des femmes». Pour éviter ces défaillances, elles appellent à «intégrer dans le programme gouvernemental des mesures transverses permettant la consécration de la parité». Les ONG s’élèvent contre les promesses sans lendemain. Elles plaident pour la mise en place «d’indicateurs chiffrés, favorisant le suivi des différents programmes au profit des femmes».
La bataille entre les associations et Hakkaoui concerne également les projets de loi prévus par la Constitution. Les textes déposés au Parlement lors du mandat précédent sont rejetés par ces représentants de la société civile. Ils exigent «leur révision globale». Cela concerne notamment l’Autorité de la parité et de la protection contre toutes les formes de discrimination, en plus du texte sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Les associations veulent que leurs propositions, «négligées lors du mandat précédent», soient prises en compte. La fracture entre ces ONG, composées essentiellement de militants progressistes de la gauche, et la ministre islamiste, risque de se creuser davantage. Pendant les cinq dernières années, la ministre de tutelle n’avait pas réussi à ouvrir un débat avec ces militants et prendre en compte leurs doléances. Aujourd’hui, les membres de ce collectif d’associations déplorent l’absence d’un mécanisme indépendant, chargé de donner corps au principe constitutionnel de la parité.
Le 14 Avril 2017
SOURCE WEB Par L’économiste
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lundi 17 avril 2017
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