Le réchauffement climatique touche le Maroc et affecte la production fruitière
Le pommier est concerné en premier lieu. Il a besoin d’un nombre élevé d’heures de froid pour être productif et donner des fruits de bonne qualité. Au Maroc, l’inquiétude gagne du terrain mettant en avant l’urgence d’une stratégie de reconversion variétale.
C'est un fait. Le réchauffement climatique est désormais un sujet qui nous touche de très près. Au Maroc, son impact se fait ressentir jusque dans nos assiettes. En voilà quelques effets symptomatiques: des fruits certes de saison mais pas assez murs, plus petits que d’habitude, d’une texture spongieuse…
Contactés par Médias24, de grands exploitants agricoles et des responsables au sein de fédérations professionnelles s’en inquiètent. Le problème est causé par une baisse du temps de repos végétatif, indispensable pour que les arbres fruitiers puissent donner une bonne récolte aussi bien qualitativement que quantitativement.
Toutes nos sources dans les professions concernées, évoquent un sentiment de réelle préoccuption. Et constatent, en ce mois d'aout qui est un mois de récolte et théoriquement de stockage en frigo, une baisse de la qualité et de la quantité de la production.
Selon nos sources, des professionnels espagnols et français subissent un phénomène similaire cet été.
Des heures de froid en deçà des besoins
«Les rosacées (pommes, pêches, nectarines...) d’une manière générale, qu’elles soient à pépin ou à noyau, ont besoin d’un certain nombre d’heures de froid, à une température inférieure à 7°», nous explique Abderrahmane Rifaï, expert en développement des filières agricoles. C’est ce qui est permet à l’arbre de profiter du fameux repos végétatif.
«Pour des espèces comme la pomme, le besoin en heures de froid est très élevé dépassant 1.000 à 1.400 heures par saison. Il est inférieur pour les rosacées à noyau», ajoute-t-il.
«Cette année par exemple, le nombre minimal d’heures de froid n’a pas pu être atteint. C’est ce facteur qui détermine le nombre de boutons floraux et donc le nombre de fruits récoltés par la suite. L’impact sur la productivité a été patent», ajoute cet expert.
La sécheresse est-elle en cause?
«Elle peut certes avoir un impact dans la mesure où elle induit des changements de température, elle peut impacter les productions dans certaines régions comme Midelt qui manquent d’eau d’irrigation. Mais ce sont les changements climatiques brutaux et les amplitudes thermiques entre le jour et la nuit qui posent réellement problème. Ces derniers stressent le plant et le fruit d’une manière indirecte. Pour sa part, l’eau est un paramètre qui entre en jeu, mais n’est pas à lui seul un facteur limitant», poursuit M. Rifaï.
Le froid détermine aussi la fermeté d’un fruit comme la pomme. En l’absence d’un climat optimal, la texture du fruit devient spongieuse. Cela s’applique à toutes les autres espèces des rosacées à des degrés différents.
La reconversion variétale à l'étude
«Le Maroc est acculé à investir dans la recherche variétale appliquée. A ne pas confondre avec la recherche fondamentale qui consiste à développer une variété, ce qui peut demander jusqu’à 50 ans de travail. Il s’agit plutôt de chercher des variétés cultivées dans des conditions similaires partout dans le monde, les importer et les essayer. A ce sujet, un programme de recherche appliquée, dans le cadre d'un partenariat entre le ministère de l'Agriculture et la Fedam- Fédération de développement de l'arboriculture au Maroc- est en cours de finalisation», note M. Rifaï.
S’ensuivront des essais dans les bassins de production, une trentaine au total. Il faudra attendre une dizaine d’années pour obtenir des résultats concrets. «L’arbre fruitier n’entre en production qu’au terme de sa troisième année et n’atteint son degré de production optimal que vers la sixième ou la septième année. II faut deux cycles au moins pour confirmer la performance de la variété», souligne notre source.
En attendant qu’une action structurée et normalisée soit lancée, les opérateurs prennent des initiatives individuelles en important et essayant de nouvelles variétés dans l'espoit qu’elles soient adaptées aux conditions locales.
La météo: un été anormalement chaud
Contactée, la météorologie nationale confirme que "le Maroc est entré dans le réchauffement climatique". Les chiffres ci-près concernent les températures maximales.
Au cours du mois de juin, le réchauffement n'était pas très accentué. La situation a été proche de la normale, sauf dans le Saïss (3 à 4 degrés de hausse) et l'extrême nord (1 à 2 degrés).
Par contre, juillet et aout ont été des mois nettement plus chauds que la normale. Pour juillet, Beni Mellal a connu une vague de chaleur qui a duré 21 jours sans discontinuer, avec une maximale supérieure à 39 degrés. A Marrakech, la vague de chaleur continue a duré 20 jours, à Fès 19 jours, à Taroudant 13 jours, à Ouarzazate 27 jours, etc.
Au cours du même mois de juillet, la plaine du Saïss a connu une hausse des maximales de l'ordre de 5 à 6 degrés par rapport à la normale. Le Moyen Atlas 4 à 5 degrés. La plaine du Tadla, le Haouz, le Souss et le Gharb, 4 degrés. L'Oriental 3 degrés.
Le 29 Août 2016
SOURCE WEB Par Médias 24
Les tags en relation
Les articles en relation
Le Maroc face au défi d’un tourisme vert, culturel et éthique
La pandémie et le confinement qui en découla ont profondément bouleversé l’économie du tourisme alors florissante sur l’ensemble de la planète et nota...
Coopération agricole: Un partenariat durable bâti entre le Maroc et l'Allemagne
C’est la symbiose entre le Maroc et l’Allemagne dans le domaine agricole. Et c’est le ministre de l’alimentation et de l’agriculture allemand, Christi...
COP26 : l’impact du réchauffement climatique en 10 chiffres
COP26, COP de la dernière chance. C’est la rengaine de tous les participants à la Conférence de Glasgow sur le climat, qui débute dimanche 31 octobre. P...
Marrakech connaît une saison touristique florissante avec une forte affluence pour l'Aïd
Avec l'arrivée du printemps et de l'Aïd-Al-Fitr, Marrakech a connu un afflux de touristes nationaux et internationaux ce week-end. Selon le quotidien ...
L'ONU appelle à des investissements massifs dans l'exploitation minière pour répondre aux besoins
Pour faire face à la demande croissante de minerais indispensables à la transition énergétique, les Nations Unies recommandent vivement d'investir dans ...
Professeur Mohamed Knidiri: «UPM propose le plus large choix de parcours spécialisés Bac+5»
Entretien avec le Professeur Mohamed Knidiri, président académique de l’Université Privée de Marrakech A l’UPM, nous plaçons le projet professionnel...
Le surtourisme : quel impact sur les villes et sur l'environnement ?
Le tourisme international a connu ces dernières années une croissance exponentielle et la reprise, après la crise sanitaire, est forte. Si le tourisme de mas...
RAM: 320.000 sièges et 14 avions supplémentaires à partir du 27 juin
La compagnie nationale injectera plus de 320.000 sièges supplémentaires sur la période d’été qui connaît une forte affluence, due notamment au retour ma...
Pré-COP28 : Leila Benali appelle à Abu Dhabi à une accélération des mesures d’adaptation
La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a souligné la nécessité d’un appel fort et clair à l’action pour ...
Vueling lance une liaison directe Marrakech-Malaga avec deux vols par semaine
La compagnie aérienne Vueling a annoncé mercredi 13 février le lancement de sa nouvelle liaison aérienne entre Malaga et Marrakech qui entrera en service à...
Office national marocain du tourisme : Promotion des destinations durables du Royaume
Le style est épuré, les formes élégantes. L’Office national marocain du tourisme (ONMT) a offert, pour promouvoir les destinations durables, un stand qui ...
Sajid à la rencontre des professionnels de Marrakech
Après Agadir et Casablanca, le nouveau ministre du Tourisme, Mohamed Sajid, fait escale à Marrakech. Une occasion pour lui d’avoir de plus amples connaissan...


mercredi 31 août 2016
0 
















Découvrir notre région