Echappées de Donald Trump et Hillary Clinton dans la course à la Maison Blanche
La marche forcée du milliardaire Donald Trump vers l'investiture républicaine pour la Maison Blanche incitait mercredi l'appareil du parti à ourdir une contre-offensive, tandis que chez les démocrates, la position de favorite d'Hillary Clinton se consolidait.
La journée du "super mardi", avec des primaires dans une douzaine d'Etats, a tenu ses promesses en faisant ressortir un favori dans chaque camp, en vue des conventions d'investiture de juillet, pour la présidentielle de novembre.
Donald Trump a remporté sept des onze Etats disputés mardi. Depuis le 1er février, il s'est imposé dans dix des 15 consultations.
Depuis des mois, l'establishment du parti républicain hésitait à lancer une guerre à outrance contre l'homme d'affaires. En janvier, un groupe nommé "Our Principles" s'était monté dans le but de diffuser des publicités anti-Trump, une campagne pour l'instant discrète mais qui pourrait s'amplifier.
Un groupe de patrons républicains a relancé une campagne de levée de fonds dans les cercles conservateurs mardi, a rapporté le New York Times, dont la PDG de Hewlett-Packard Meg Whitman et le milliardaire Paul Singer.
Des élus républicains imaginent même l'impensable: ne pas soutenir Donald Trump en novembre s'il portait les couleurs du parti. Certains évoquent la possibilité d'une scission.
"Il y a énormément de gens qui ne peuvent pas soutenir Trump", a dit Christine Todd Whitman, ancienne gouverneure du New Jersey, à la radio NPR.
Le "tout sauf Trump" a même poussé le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham à dire qu'il pourrait se ranger du côté du sénateur du Texas Ted Cruz, pourtant ennemi juré de l'establishment.
Mais la vague Trump emporte aussi de plus en plus d'élus du parti.
"Plus les élites du parti protestent contre Donald Trump, plus ça l'aide, car ce ne sont pas des gens que la base respecte", dit à l'AFP Norman Ornstein, de l'American Enterprise Institute.
Match Clinton-Trump
De son côté, Hillary Clinton est parvenue à se détacher mardi de son rival Bernie Sanders en se plaçant en tête dans sept des onze Etats. Au total, elle a cumulé 11 victoires sur 16 confrontations, et une forte avance en délégués.
Son équipe a fait le calcul: "Nous prévoyons de consolider cette avance jusqu'à ce que ce soit mathématiquement impossible pour le sénateur Sanders de la rattraper", a écrit le directeur de campagne d'Hillary Clinton, Robby Mook, dans une note.
Mais son homologue chez Bernie Sanders a vendu le message opposé à des journalistes, arguant que la meilleure journée d'Hillary Clinton était désormais derrière elle. Le reste du calendrier, selon le stratège Tad Devine, sera plus favorable à Bernie Sanders en s'éloignant du Sud, bastion Clinton.
Un duel Donald Trump-Hillary Clinton, deux personnalités très opposées, semblait néanmoins se concrétiser, même si la grande majorité des délégués n'a pas encore été distribuée.
Sur le papier, et selon les sondages, Hillary Clinton partirait favorite contre un personnage aussi clivant que Donald Trump. Mais les démocrates ne veulent pas sous-estimer un homme qui a humilié tous les pronostiqueurs.
"Nous avons toujours pris Donald Trump au sérieux", a souligné sur CNN le directeur de campagne de Mme Clinton, John Podesta.
Populiste sans intégrité idéologique, au verbe incendiaire, Donald Trump pourrait surprendre une femme d'Etat rodée mais dont la discipline tourne parfois à la rigidité. Sans compter les affaires qui la poursuivent: les attaques contre la mission diplomatique de Benghazi, en Libye, en 2012 (quatre morts), et la controverse sur sa messagerie privée quand elle dirigeait la diplomatie (2009-2013).
"Ça va être assez rude, je ne vais pas lâcher l'histoire des emails", a annoncé Donald Trump sur Fox News.
Selon le New York Times, les stratèges de l'équipe Clinton envisagent de confier le sale boulot de répliquer à Donald Trump à Bill Clinton, épargnant autant que possible à la candidate le combat de boue.
Hillary Clinton a déjà commencé à transformer la campagne en référendum sur l'intolérance supposée du parti républicain et de son favori.
"Je vais continuer à dénoncer l'intolérance et le harcèlement", a-t-elle lâché à des journalistes mardi à Minneapolis. Dans ses discours, elle parle désormais "amour" et "gentillesse".
Donald Trump a toutefois un avantage: sa flexibilité idéologique, qui pourrait lui permettre d'aller chercher les voix des électeurs indépendants. Il a selon lui déjà adouci son ton ("je deviens plus diplomatique") et annoncé qu'il ferait campagne dans des Etats qui votent habituellement démocrate.
S'il est désormais très conservateur sur l'avortement, par exemple, il n'épouse pas complètement l'orthodoxie républicaine, envoyant des signaux mitigés sur l'immigration, la santé, le libre-échange et la relation avec Israël.
Il a même défendu mardi le rôle du réseau de planning familial et de cliniques d'avortement Planned Parenthood, que les républicains attaquent avec une extrême virulence.
Le 03 Mars 2016
SOURCE WEB Par Atlas Info
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vendredi 4 mars 2016
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