Réforme de la Moudawana : un projet timide qui nécessite un soutien fort
Qui va incarner la réforme de la Moudawana ? Qui prendra en charge sa défense, son explication et sa revendication ? Qui s’en appropriera et en fera une priorité personnelle ? Ce projet de réforme, bien qu’il ait introduit des avancées significatives, semble souffrir d’un manque de soutien concret et d’une volonté d’en faire un véritable levier de changement.
Pour ceux qui me connaissent ou me suivent, il est évident que je ne suis pas un fervent défenseur de cette réforme de la Moudawana. Je reconnais les progrès réalisés, fruits de luttes intenses, mais je reste convaincu que ces changements auraient pu être plus ambitieux. Cependant, malgré ses limites, ce projet a le mérite d’exister, représentant un effort tangible du Maroc pour se rapprocher des standards internationaux en matière de droits entre femmes et hommes. Mais cela reste insuffisant tant que ces réformes ne se traduisent pas en lois concrètes et ne sont pas réellement intégrées dans la culture du pays.
Le vrai défi réside dans l'incarnation de cette réforme. Qui sera celui ou celle qui la portera et la défendra avec conviction ? Qui saura la revendiquer et l'expliquer de manière claire à la population ? Bien que la réforme cherche à plaire à tous et à être consensuelle, sa sagesse politique peut la rendre fragile socialement. Le manque de lignes claires risque de la rendre invisible et abandonnée en chemin, comme l’a été le Plan d’intégration de la femme il y a un quart de siècle.
Lors de cette époque, Saïd Saâdi et la société civile avaient proposé un projet ambitieux pour réhabiliter la femme, un projet qui aurait dû bénéficier d’un large soutien. Mais malheureusement, la voix des défenseurs était trop discrète, presque absente, tandis que les opposants, eux, étaient bruyants et actifs.
Aujourd’hui, bien que la réforme de la Moudawana fasse un pas en avant, elle doit éviter de subir le même sort. Elle a besoin de soutien, de défense, d’explications et de revendications claires. Certes, elle n’est pas parfaite, mais elle représente une avancée. Le défi majeur reste celui de la communication et de la pédagogie. Il est crucial que cette réforme ne soit pas abandonnée à elle-même, car les voix les plus bruyantes, souvent conservatrices, occupent déjà tout l’espace. Il est donc essentiel de l’expliquer à une société qui craint le changement et a encore du mal à accepter les évolutions sociales.
L’un des plus grands défis de cette réforme est qu’elle ne doit pas être laissée à la seule volonté des institutions. Elle nécessite une mobilisation forte et continue de la part de tous ceux qui croient en l’égalité entre les sexes et dans la transformation des relations sociales. Le temps est venu de faire de cette réforme un véritable projet de société, soutenu et expliqué à la population, pour qu’elle ne soit pas un simple changement législatif, mais un changement de mentalité durable.
Le 04/01/2025
Rédaction de lanouvelletribune
www.darinfiane.comwww.cans-akkanaitsidi.net www.chez-lahcen-maroc.com
Les tags en relation
Les articles en relation
La recette de la CSMD pour un Maroc plus inclusif et moins inégalitaire
Entre pragmatisme économique, justice sociospatiale et valorisation des compétences, le nouveau modèle de développement donne la mesure de l’ambition roya...
Des experts débattent à Rabat de la prévention des risques de radicalisation
La troisième édition de la série de conférences internationales, tenue sous le thème «Aborder le nouveau paysage du terrorisme», a réuni à partir de lu...
Sommet de l’Africanite 2026 a Rabat : leadership feminin et paix en Afrique
Le 5e Sommet de l’Africanité se tiendra du 5 au 7 juin 2026 à Rabat, sous l’égide de la Fondation Trophée de l’Africanité et de l’Université Moham...
Jeunes et politique: l’inquiétante désaffection
Le courant ne passe plus entre les jeunes et la politique. En effet, seulement 5% des jeunes Marocains ont confiance dans l’action et les partis politiques, t...
Le Maroc compte 130.000 associations en 2016
Le nombre des associations est passé de 116.000 en 2014 à 130.000 en 2016. Les subventions publiques ont atteint 2 MMDH en 2014. Le premier rapport gouvern...
Vibrant hommage royal à la femme africaine, à l'occasion du sommet "Women in Africa"
Le Roi Mohammed VI a adressé un message aux participants à la 2e édition du sommet annuel de l’initiative "Women in Africa", première plateforme internati...
PPP : Le projet de loi adopté en Conseil de gouvernement
Le Conseil de gouvernement a approuvé, jeudi à Rabat, le projet de loi n° 46.18 modifiant et complétant la loi n° 86.12 sur le partenariat public-privé (P...
L'ex-secrétaire d'État appelle à une réforme plus poussée du Code de la famille
Selon l'ancien secrétaire d'État chargé de la Protection sociale, de la famille et de l'enfance, Saïd Saâdi, le contexte actuel se prêterait m...
Ahmed Reda Chami plaide pour une stratégie intégrée visant à impliquer les jeunes dans la vie so
Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Réda Chami, a souligné, vendredi à Salé, l'urgente nécessité d’élabor...
L'Afrique à un Tournant : Réinventer son Destin pour Freiner l'Exode et Assurer un Avenir Durable
L'Afrique, dans toute sa richesse et sa diversité, se trouve aujourd'hui à un moment crucial où elle doit réinventer audacieusement son avenir. L...
André Azoulay représente le roi Mohammed VI au Forum de Paris sur la paix
André Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI, a représenté le Souverain à la séance inaugurale du Forum de Paris sur la paix, qui réunit, chaque année, c...
Récit. Voici pourquoi il faut une nouvelle réforme de la Moudawana
OPINION. Certes, des lacunes persistent et pas seulement dans la Moudawana. Le code pénal est également concerné. Mais le plus important, c'est le mouvem...


samedi 4 janvier 2025
0 















Découvrir notre région