Secteur informel au Maroc : analyse des chiffres 2021-2023 et perspectives

Les données sur le marché de l’emploi au Maroc varient considérablement en fonction des sources : la Direction Générale des Impôts (DGI), la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) ou encore le Haut-Commissariat au Plan (HCP). Ces disparités statistiques mettent en évidence une réalité sous-jacente essentielle : le poids considérable du secteur informel.
Pour mieux comprendre cette complexité, Médias24 a croisé ces différentes sources dans un travail méthodique. Cette analyse a permis non seulement de cerner les origines des écarts statistiques, mais également d’estimer avec précision l’évolution de l’informalité. Bonne nouvelle : entre 2021 et 2023, la proportion d’emplois informels au Maroc a diminué.
Chiffres clés et divergences méthodologiques
Les données fiscales de la DGI, celles de la CNSS et les estimations macroéconomiques du HCP suivent des méthodologies distinctes, ce qui explique leurs divergences. La DGI et la CNSS, centrées sur l’emploi déclaré et formel, montrent des trajectoires similaires, avec des chiffres légèrement plus élevés pour la DGI, qui englobe le volet fiscal.
En revanche, les données du HCP, basées sur des enquêtes conformes aux standards internationaux du Bureau International du Travail (BIT), incluent aussi bien les emplois formels qu’informels. Cette approche globale révèle des écarts significatifs avec les statistiques de la DGI et de la CNSS, car ces dernières ne couvrent pas l’informalité.
Évolution du secteur informel : baisse progressive
Une analyse croisée des données du HCP, de la DGI et des rapports du ministère de l’Économie et des Finances (MEF) permet d’estimer l’ampleur du secteur informel. Voici les principaux chiffres :
- 2021 : 5.024.267 individus en situation d’informalité, soit 40,9% de la population active.
- 2022 : 4.862.711 personnes, représentant 39,9% de la population active.
- 2023 : 4.721.867 personnes, soit 38,8% de la population active.
Cette tendance à la baisse, bien que modérée, reflète une amélioration dans la formalisation des emplois au Maroc, probablement portée par des réformes économiques et des mécanismes incitatifs visant à réduire l’informalité.
Méthodologie pour quantifier l’informalité
Pour estimer le secteur informel, une hypothèse simple est adoptée :
- Additionner les emplois formels du secteur privé (données de la DGI) et ceux du secteur public (rapports du MEF).
- Soustraire cette somme du total des emplois rémunérés recensés par le HCP.
Les individus qui déclarent travailler selon les enquêtes du HCP, mais ne figurent ni dans les bases de la DGI ni dans celles de la CNSS, sont considérés comme opérant dans le secteur informel.
Vers une réduction continue de l’informalité
Malgré l’importance persistante du secteur informel, les chiffres indiquent une tendance à la formalisation. La poursuite des efforts pour intégrer davantage de travailleurs dans l’économie formelle est essentielle pour renforcer les bases fiscales et sociales du Maroc, tout en améliorant les conditions de travail des employés.
Le 16/12/2024
Rédaction de lanouvelletribune
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