L’Espagne envisage d’imposer des visas à tous les Marocains pour entrer à Sebta et Melilla !
Le gouvernement espagnol songe à imposer les contrôles Schengen aux frontières terrestres avec le Maroc.
En effet, le gouvernement espagnol envisage de renoncer au « régime spécial » dont bénéficient Sebta et Melilla dans le cadre de Schengen, l’espace européen sans frontières, ce qui signifierait que les voisins des wilayas (provinces) marocaines environnantes -Tétouan dans le cas de la première et Nador dans le cas de la seconde- auraient besoin d’un visa pour pouvoir accéder aux deux territoires sous occupation espagnoles. Le secrétaire d’État à l’Union européenne du ministère des affaires étrangères, Juan González Barba, en visite à Sebta, a révélé que le gouvernement » envisage » la possibilité de » supprimer le régime spécial que l’Espagne a établi pour les villes autonomes lors de son adhésion à Schengen «.
En pratique, cela signifierait que les contrôles de passeports qui s’appliquent actuellement par voie aérienne ou maritime se feraient également à la frontière terrestre avec le Maroc et que les habitants des zones frontalières auraient besoin d’un visa pour entrer. Cette nouvelle est mal accueillie par plusieurs milliers de personnes qui traversent quotidiennement du Maroc vers Sebta et Melilla pour importer des marchandises achetées dans les deux villes espagnoles ou travailler dans des services domestiques… Il s’agit donc d’un coup de massue pour ce trafic humain qui est maintenant interrompu depuis plus d’un an en raison de la pandémie.
Le haut fonctionnaire des affaires étrangères, González Barba, a reconnu que les événements « extrêmement graves » des 17 et 18 mai, lorsque près de 10 000 personnes sont entrées illégalement à Sebta en 48 heures, ont conduit le gouvernement à envisager de prendre cette mesure. Toutefois, des sources proches du gouvernement espagnol soulignent que l’option préférée de l’Espagne est d’opter pour une « zone de prospérité partagée » autour des deux villes, en appliquant le même modèle que celui négocié avec le Royaume-Uni pour Gibraltar.
Plan spécial en préparation
Le gouvernement prépare actuellement un plan spécial pour Sebta et Melilla, qui prévoit la possibilité de demander l’entrée des deux villes autonomes dans l’union douanière de l’UE et de revoir leur régime économique et fiscal. Avant que Rabat ne décrète en mars 2020 la fermeture des frontières terrestres avec l’Espagne en raison de la pandémie, entre 5 000 et 6 000 personnes entraient dans les deux enclaves. Il s’agissait principalement de travailleurs transfrontaliers : employés de maison, maçons, serveurs, menuisiers…
Outre les passeurs transfrontaliers, des milliers de personnes vivent autour de la frontière grâce à un « commerce atypique ». La Chambre de commerce américaine au Maroc a estimé dans un rapport datant de 2002 que la contrebande vers Sebta et Melilla en provenance du Maroc employait directement 45 000 personnes, indirectement 400 000 et générait un volume de 1,5 milliard d’euros.
Le secrétaire d’État à l’Union européenne du ministère des Affaires étrangères, González Barba, et le secrétaire d’État à la politique territoriale et à la fonction publique, Víctor Francos, ont rencontré ce jeudi le président de Sebta, Juan Vivas, qui a apprécié l' »engagement » du gouvernement pour sortir Sebta de sa situation de crise et d’incertitude et de lui donner un avenir » solide « . Les deux hauts fonctionnaires doivent se rendre ce vendredi à Melilla, où ils discuteront également avec ses autorités de la possibilité de changer son « modèle économique » afin de lui donner plus de stabilité pour l’avenir.
Le 10 Juin 2021
Source web Par : challenge
Les tags en relation
Les articles en relation
Des eurodéputés entament une visite de travail au Maroc
Objectif : constater sur le terrain « les retombées et les bénéfices de l’accord de pêche » Maroc-Union européenne pour les populations des provinces d...
Le Maroc décide de "reconsidérer" ses relations avec le Parlement européen
Pour protester contre une résolution votée par les élus européens s'inquiétant de la liberté de la presse et d'allégations de corruption au Maroc...
Brexit : le Parlement britannique reporte le vote, des milliers de personnes dans la rue pour un nou
Les députés britanniques ont décidé samedi de reporter leur décision sur l'accord de Brexit conclu entre Londres et Bruxelles. C'est un revers pour...
Guerre en Ukraine. « Comment faire la guerre à la guerre ? » : la lettre ouverte d’Edgar Morin
Dans une lettre ouverte intitulée « Au bord du gouffre, ou comment faire la guerre à la guerre », le philosophe et sociologue Edgar Morin questionne les ori...
Le monde perdu du Brexit
Lorsque l'électorat britannique a décidé, il y a près de trois ans, de quitter l'Europe, le monde était très différent de ce qu'il est aujour...
12 villes indiennes à la pointe du développement urbain durable
En 2018, le gouvernement indien, l’AFD et l’Union européenne ont lancé le programme City Investments to Innovate, Integrate and Sustain (CITIIS), qui invi...
Gazoduc Nigéria-Maroc : Après l’OPEP un géant russe rejoint le méga projet
Après un départ poussif en 2017 du fait de son financement colossal – quelque 20 milliards de dollars -, le gazoduc Maroc-Nigéria pourrait vite devenir le ...
Maroc : Une instance pour certifier le contenu carbone
Face aux exigences croissantes des marchés internationaux, notamment de l’Union européenne avec le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF),...
Bye bye les moteurs tels que vous les connaissiez : ce moteur coréen qui réduit les émissions de
Alors que l'Europe s'oriente vers l'électrification, un moteur coréen à hydrogène promet de bouleverser le marché automobile en réduisant dras...
Le Maroc acquiert de nouveaux avions pour renforcer la surveillance de ses frontières
Afin de protéger son territoire et mieux renforcer les capacités de surveillance aérienne de ses frontières, le Maroc se dote de nouveaux drones. Il s’agi...
Demander le paiement du gaz russe en roubles n'est «pas acceptable», affirme le G7
Les pays du G7 estiment que Vladimir Poutine est «dos au mur». Les pays du G7 ont estimé lundi qu'exiger un paiement en roubles du gaz russe n'est...


vendredi 11 juin 2021
0 















Découvrir notre région