Fès-Tourisme: Comment assurer le décollage de la destination
«Vous avez une ministre du Tourisme qui, dans six mois, chamboulera le secteur». C’est ce que disait Moulay Hafid Elalamy à des professionnels du tourisme lors d’une récente rencontre au Parlement.
Le ministre de l’Industrie connaît bien Nadia Fettah Alaoui qui travaillait pour le groupe Saham avant d’être nommée ministre du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale, sous l’étiquette du RNI. Pour son premier déplacement à Fès, la responsable gouvernementale a préféré «être à l’écoute, échanger avec les opérateurs, puis revenir avec des propositions concrètes». Décryptage.
? Un déplacement à l’invitation des autorités locales
D’emblée, Saïd Zniber a planté le décor de la réunion du 27 novembre, tenue au siège de la wilaya. «Notre région dispose d’un grand potentiel touristique. Et c’est dans ce sens que j’ai convié Madame la ministre à venir rencontrer les professionnels en vue d’élaborer un programme de décollage touristique pour notre destination», confie à L’Economiste le wali de la région Fès-Meknès. Partenaire dans cette démarche promotionnelle, Mohand Laenser, président du conseil régional, a, pour sa part, souligné «l’intérêt porté par son département aux secteurs du tourisme et de l’artisanat dans le cadre du Plan du développement régional». Ainsi, la «Région se chargera de la réalisation d’un théâtre et d’un palais des congrès dans la zone touristique d’Oued Fès». Le foncier dédié à ces deux projets est offert par MedZ. En outre, le Conseil communal mettra le paquet sur l’embellissement de la ville. En attendant, son président Driss El Azami El Idrissi, tient à rappeler «l’intérêt royal pour la valorisation de la médina». Un intérêt qui est également soutenu par l’Université Euromed de Fès (UEMF) «qui se veut un porte-drapeau de projets novateurs porteurs de grands espoirs», indique Iman Meriem Benkirane, directrice de l’École Euromed d’architecture, de design et d’urbanisme (Emadu).
? Eriger la région en véritable pôle touristique, mais…
Pour sa première sortie, la ministre du Tourisme est venue avec l’ensemble de l’état-major de son département. Cette réunion lui a permis d’échanger avec les autorités locales et les intervenants régionaux et locaux. «Fès-Meknès a connu, au cours des dernières années, une dynamique importante dans les secteurs du tourisme et du transport aérien qui tendent à ériger la région en véritable pôle touristique national», indique Nadia Fettah Alaoui. Pour elle, «il faut accentuer les efforts pour doper le tourisme». «La ministre devrait concrétiser le programme de la Smit, prêt depuis plus de deux ans», rétorque un opérateur (Cf. L’Economiste «Fès-Tourisme: Ce que prévoit le programme de la Smit»/ Edition N°:4959 du 13/02/2017). En effet, les programmes «Madinati» et «Kariyati», présentés en 2017 par les responsables de la Société marocaine d’ingénierie touristique (Smit), avaient donné la sensation de «déjà-vu». Ils tablaient sur des investissements de l’ordre de 4 milliards de DH. «Mais, voilà 2 ans se sont écoulés sans voir le bout du tunnel…peut-être par manque de volonté (ndlr de qui?)», déplore-t-on.
? Le CRT a préparé un «dossier revendicatif»
De son côté, Aziz Lebbar, président du CRT de Fès a présenté un véritable dossier revendicatif. Au total, 11 points résument son intervention et en substance il s’agira de créer un produit spécifique à la région permettant d’accroître la durée moyenne de séjour (DMS). «Ceci, grâce au tourisme de niche (golfique entre autres), les circuits des lacs, le tourisme de montagne, la culture…», propose-t-il. Et de poursuivre: «la région a besoin d’appui promotionnel, qui devrait être financé par l’ONMT, les collectivités territoriales, et les professionnels». La création d’une foire internationale du tourisme africain, la révision de l’offre pour l’UAT d’Oued Fès, et la réactivation du plan de développement régional du tourisme (PDRT), figurent parmi les propositions La densification du transport aérien, la création d’une ligne Dakar-Fès, et la réduction du nombre d’impôts touristiques (17 taxes), ne sont pas en reste. En attendant, les opérateurs sont sous le joug d’une imposition qui ne sert pas leur activité et donne l’image «d’une destination Maroc souffrant d’une tarification élevée couplée à une baisse de la qualité des services touristiques», selon l’agence fédérale russe du tourisme.
De nouveaux établissements en construction
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Le parc hôtelier de la ville se renforcera avec l’ouverture imminente de plusieurs hôtels (en cours de rénovation ou en création), tels le Palais Jamaï (prévue en 2020), «Nour Plaza dont la gestion sera confiée à CDG», affirme Ahmed Chraïbi, propriétaire de l’hôtel. A noter que CDG lancera incessamment la rénovation de l’hôtel Sidi Harazem en partenariat avec The Getty Foundation, et HRM, sous la supervision de l’architecte Aziz Chaouni. Par ailleurs, quelque 79 établissements d’hébergement touristique sont en cours de réalisation dans la région. D’un investissement global de près de 2 milliards de DH, ces hôtels doteront la destination d’une capacité additionnelle de 5.311 lits. En attendant, dix unités d’hébergement touristique totalisant une capacité de 148 lits ont été mises en service au cours des neuf premiers mois de l’année 2019, pour un investissement global de 28,7 millions de DH. En outre, 44 projets sont en cours avec une capacité de 2.700 lits et un budget d’investissement de 1,4 milliard de DH. Pour Abdellah Lamniai, délégué régional du tourisme, «pour doper davantage les arrivées touristiques, il faut améliorer l’offre en animation, promouvoir les différentes attractions de la région et diversifier les structures d’hébergement».
Le 02/12/2019
Source web Par l'économiste
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vendredi 6 décembre 2019
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