Climat. Agriculture: avant la COP25, l'Afrique fait bloc autour du Maroc
A quelques semaines de la réunion internationale sur le climat (COP25) en Espagne, l'Afrique serre les rangs dans une coalition pilotée par le Maroc, pour demander plus de fonds de transition dédiés à une agriculture "climato-intelligente".
Alors que l'insécurité alimentaire du continent est aggravée par le changement climatique, trois pays, la Somalie, le Tchad et la Tunisie ont rejoint mardi la coalition de 35 pays africains (sur 54), baptisée AAA (Adaptation de l'agriculture africaine) lancée par le Maroc en 2016 pour porter les intérêts de l'Afrique et de son agriculture dans les négociations climat.
"Nous voulons surtout faire un pont entre la communauté climat et la communauté agriculture", a expliqué à l'AFP Abir Lemseffer, directrice de la fondation AAA. Lundi et mardi, elle a piloté des rencontres de ministres africains, de scientifiques et de bailleurs de fonds internationaux à l'université Mohammed VI de Benguérir au Maroc.
Alors que la COP 25, initialement prévue au Chili, doit se tenir du 2 au 13 décembre à Madrid, la réunion AAA devrait avoir lieu "chaque année avant les COP" a précisé Mme Lemseffer.
La Banque mondiale y a rendu public son engagement à hauteur de 2 milliards de dollars pour financer des projets "climato-intelligents" dans 11 pays d'Afrique, en saluant le travail déjà effectué sur le sujet, notamment par l'Agence française de développement (AFD).
La Banque africaine de développement (BAD) qui vient de procéder à une augmentation de capital géante de 115 milliards de dollars, la plus importante de son histoire, compte s'en servir pour "soutenir une transformation durable de l'agriculture africaine", a indiqué sa représentante.
Pour aider à la transition, le "Fonds vert pour le climat" lancé en décembre 2010, a prévu deux millions de dollars par pays, souligne Mme Lemseffer.
"Mais à ce jour, seuls six pays africains ont pu décaisser cet argent, car ils n'ont pas les capacités de monter les dossiers, alors qu'ils sont parmi les premières victimes du réchauffement" relève-t-elle: "La fondation AAA travaille pour permettre à l'Afrique d'y accéder".
Il y a urgence: alors que plus de 200 millions de personnes sont mal nourries en Afrique, les rendements des récoltes agricoles pourraient baisser de 20% d'ici à 2050, avec un réchauffement de 2 degrés. Le tout alors que la population continue d'augmenter.
Pour traiter du sujet capital de la dégradation des sols, le Maroc s'appuie notamment sur l'expertise du groupe OCP, principal producteur de phosphates du continent, utilisés dans les engrais agricoles.
Au Sahel, secoué par des conflits intercommunautaires, le financement de l'agriculture peut jouer un rôle d'arme de paix, ont estimé les participants.
A condition de trouver des moyens souples pour financer des projets d'irrigation, l'achat de semences ou d'intrants de qualité, ou encore l'accès au crédit des petits exploitants.
"Avec la sécheresse de plus en plus sévère, le bétail de la région nord-est du pays envahit mon pays, les petits agriculteurs sont exclus de leur parcelle et ne peuvent plus cultiver, il serait très important que AAA puisse aussi inclure les aspects d'une transhumance pacifique et intelligente dans ses réflexions" a plaidé le ministre de l'agriculture de Centrafrique.
Derrière la demande de gestion des conflits pastoraux entre éleveurs et agriculteurs autour de ressources naturelles raréfiées, se trouve l'espoir de ralentir les migrations qui alimentent les grands flux vers le nord de l'Afrique et l'Europe.
Pour Patrick Caron, chercheur au Cirad, et ancien membre du comité de la sécurité alimentaire mondiale de l'Onu, "il n'y a pas de solution locale duplicable à l'infini pour résoudre tous les problèmes en même temps" en Afrique.
"L'Afrique a, à la fois, besoin d'innovations locales, pour permettre par exemple une meilleure assimilation de l'eau de pluie par les sols dégradés, de transformations structurelles (statut foncier, politique agricole.) Et de projets territoriaux imbriqués" a-t-il dit à l'AFP.
Plusieurs accords ont été signés, notamment avec l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), et avec l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), fondation lancée par l'ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et soutenue par la fondation Bill et Melinda Gates.
Le 07/11/2019
Source web Par le 360
Les tags en relation
Les articles en relation
ALERTE TSGJB Changement climatique au Maroc : 10 communes accompagnees pour renforcer leur resilienc
Le programme régional UrbA-Clima, porté par la GIZ en partenariat avec la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT) du ministère de l’In...
Les Provinces du Sud du Maroc, nouveau hub des investisseurs britanniques
Le 4 novembre 2022, à la veille de la célébration de la Marche verte, l’ambassade du Maroc à Londres, a réuni une centaine d’investisseurs britanniques...
CESE Maroc : consultations citoyennes sur formation et biodiversité
Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) du Maroc a lancé deux nouvelles consultations citoyennes via sa plateforme participative « Ouchariko....
Hydrogène vert : Le Maroc, futur leader mondial des carburants décarbonés avec des projets majeur
Le Maroc est en voie de devenir un acteur mondial de premier plan dans la production de carburants verts, notamment grâce à son potentiel exceptionnel en hydr...
«L’INDH est désormais une réalité inscrite dans le quotidien de nombreux citoyens…»
La phase III de l’Initiative nationale pour le développement humain a été lancée par SM Mohammed VI en septembre 2018. Ses objectifs : consolider les acqu...
Stress hydrique : L'avocat, coupable de gaspiller des milliards de mètres cubes d'eau
Les derniers rapports internationaux concernant la situation hydrique au Maroc laissent peu de place à l’optimisme. La crise de l’eau a atteint un niveau p...
Séisme d’Al Haouz : le tourisme s’accroche
Face aux allégations de certains étrangers portant préjudice à la gestion marocaine du séisme, les opérateurs touristiques réagissent. L’industrie hôt...
Marrakech : Lancement du livre "Le Maroc en quête d'une croissance plus forte et plus inclusive"
Le livre "Le Maroc en quête d’une croissance plus forte et plus inclusive", élaboré par le Fonds Monétaire International (FMI), a été présenté, lundi ...
Changement climatique : vers l’ère du « non-tourisme »
A l'heure où les critiques se multiplient envers le "surtourisme" et où les effets du changement climatique se font toujours plus sentir, le chercheur Ste...
Conférence Internationale à Agadir : L'Importance du Sol dans le Développement Durable face aux D
Agadir – "Enracinés dans la résilience : Découvrir l’importance du sol dans le développement durable" est le thème d’une conférence internationale q...
Agadir 2025 : terroir et climat au cœur du Salon SIPTA
Le Salon international des produits du terroir d’Agadir (SIPTA) revient pour sa 11e édition du 25 au 30 juillet 2025, au parc d’exposition situé près de ...
Banque mondiale : Accélérer le développement pour atténuer les risques climatiques menaçant 1,2
Les risques climatiques sévères tels que les vagues de chaleur, les inondations, les ouragans et les sécheresses menacent aujourd’hui 1,2 milliard de perso...


mercredi 4 décembre 2019
0 















Découvrir notre région